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"Le Deschamps marocain" : Walid Regragui très critiqué malgré la qualification du Maroc

La victoire était impérative, la manière secondaire. Pourtant, après le succès étriqué contre la Tanzanie, le débat s’est enflammé autour du jeu proposé et du rôle de Walid Regragui, plus exposé que jamais. Le technicien marocain est plus que jamais contesté avant le duel contre les Lions Indomptables du Cameroun en quarts de finale.

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    Une qualification arrachée, loin des promesses

    Le Maroc poursuit son aventure dans cette Coupe d’Afrique des Nations organisée à domicile. Dimanche, les Lions de l’Atlas ont validé leur billet pour les quarts de finale en dominant la Tanzanie (1-0). Un résultat suffisant sur le plan comptable, mais qui laisse un goût amer. Présenté comme le grand favori du tournoi, le Maroc n’a pas rassuré. Le contenu du match, longtemps poussif, a ravivé les doutes sur la capacité de cette sélection à imposer sa loi.

    À cela s’ajoute une fin de rencontre sous haute tension. La Tanzanie a bien failli égaliser sur une action litigieuse, avec un penalty réclamé et non accordé. Une décision arbitrale qui a encore renforcé le climat électrique autour de cette qualification.

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    Regragui dans la tourmente médiatique

    Depuis le début de la compétition, Walid Regragui se retrouve au centre des critiques. Déjà ciblé pour le style de jeu jugé trop prudent, le sélectionneur a vu la contestation monter d’un cran après cette prestation. L’attente autour de cette équipe, portée par son statut et par le contexte d’une CAN à domicile, nourrit une exigence rarement atteinte jusque-là.

    Certains supporters estiment que le Maroc survit davantage grâce à ses individualités qu’à un projet collectif clair. D’autres pointent un manque d’idées, une animation offensive trop prévisible et une incapacité à maîtriser les temps faibles.

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    Un supporter exprime une colère brute

    Dans l’After CAN de RMC Sport, la parole s’est libérée. Samir, chauffeur VTC et supporter marocain, n’a pas mâché ses mots.

    « On est dégueulasse, on est nul. On a le Deschamps marocain, on ne peut pas jouer au football. C’est une catastrophe, on est honteux, l’arbitrage est honteux de A à Z, la Tanzanie doit finir à 9, il y a penalty à la fin. Depuis le début de la CAN, on est là parce qu’on est à la maison, qu’on a des individualités et que Brahim Diaz est là mais sinon, on est bidon. Si on joue comme ça contre le Cameroun (en quarts), on va en prendre quatre. Ça fait quatre ans qu’il travaille et qu’il fait n’importe quoi, j’en ai marre de Regragui », a-t-il lancé.

    Un cri du cœur brutal, révélateur d’un ras-le-bol partagé par une partie du public, inquiet avant un quart de finale annoncé face au Cameroun.

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    Des statistiques qui interrogent

    Au-delà de l’émotion, certains observateurs appellent à prendre du recul. Elton Mokolo, membre de l’After Foot, a replacé cette qualification dans un contexte plus large.

    « Quel est le niveau du Maroc sur les deux dernières CAN ? », s’interroge-t-il avant de poursuivre. « On parle d’un Maroc – encore plus à domicile – qui est dans la souffrance. En première période, on voyait clairement qu’ils étaient sur un nouveau tournoi. Mais sur la deuxième mi-temps, il y a beaucoup plus d’enseignements positifs à tirer avec l’action d’El Kaabi, la barre de Hakimi et le but avec beaucoup de réussite de Brahim Diaz. J’ai le sentiment que le Maroc a deux adversaires, celui sur le terrain et le Maroc lui-même. Comment la Maroc va réagir dans les moments de tension? C’est ce qui m’intéresse ».

    Il rappelle aussi une réalité souvent oubliée : depuis 2004, le Maroc ne s’est qualifié que trois fois pour les quarts de finale de la CAN. La performance reste donc rare, malgré les attentes.

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    La pression d’un pays entier, un débat qui dépasse le terrain

    Pour Ryad, autre intervenant de l’After CAN, la critique doit rester mesurée. Il insiste sur le poids de l’environnement.

    « Je veux parler de tout l’environnement autour et je pense que c’est vraiment minimisé. Quand on parle du Maroc comme grand favori, ça peut s’entendre mais n’oublions pas que le Maroc n’a jamais été un favori, c’est un outsider amélioré puisqu’on joue à domicile. Passer les huitièmes de finale, ce n’est pas un exploit mais on n’a plus l’habitude. On a échoué aux portes des quarts de finale plusieurs fois contre des pays soi-disant inférieurs à nous », a-t-il fait savoir.

    Selon Ryad, la sélection porte un fardeau qui dépasse le rectangle vert.

    « La pression est énorme et elle n’est pas uniquement sportive. On demande aux joueurs d’être les garants des investissements que le Maroc fait au niveau des infrastructures et c’est quelque chose d’injuste. Cette équipe peut être uniquement un catalyseur de toute cette vision stratégique portée par le roi du Maroc mais ça ne peut en aucun cas être une finalité », insiste-t-il.

    Ryad poursuit en appelant à la nuance. « On aime le sport parce qu’il y a du doute et aucune certitude. Mais quand j’entends ‘on doit gagner sinon, c’est un échec’, Guardiola n’a jamais dit ça avec la Barça en 2009. Je n’ai jamais entendu un entraîneur dire ça, ni un président de Fédération. Je le comprends mais il ne faut pas tomber dans le populisme. Il faut avoir raison garder, l’équipe est là, il faut être derrière elle. Puisqu’il faut gagner, alors le jeu passe en secondaire, l’important c’est de passer. Aujourd’hui, on doit s’estimer heureux, rien n’est facile, il faut gagner, avancer mais la pression ne peut être uniquement mise sur le sélectionneur. Je ne suis pas un grand fan de son jeu mais il faut être honnête et savoir raison garder ».

    Qualifié, le Maroc continue. Convaincant, beaucoup moins. Walid Regragui avance sur une ligne étroite, entre obligation de résultats et attente d’un jeu plus affirmé. Le quart de finale dira si cette équipe peut transformer la tension en force collective.

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