Verratti : "On se rappellera plus tard de cette période où on a beaucoup gagné"

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Lors du shooting du nouveau maillot du PSG, Marco Verratti sa répondu aux questions de Goal sur sa relation avec les supporters ainsi que sa saison.

Dans le cadre du shooting du nouveau maillot saison 2018/2019 du PSG de Nike, Marco Verratti s'est longuement confié sur sa relation avec les supporters. Ses plus beaux moments, le plus bizarre....Il dit tout. Il revient également sur sa saison au sein du club de la capitale. 

Quelle est la plus belle communion que tu aies vécu avec les supporters ? 

Marco Verratti : Il y a eu beaucoup de bons moments mais je pense que l'un des plus beaux a été le premier titre de champions qu'on a gagné avec Ancelotti. C'était un super moment....Ils ont fait un peu de bazar aussi (rires). On s'est senti, à ce moment-là, très proche des supporters. 

Vous avez reçu le CUP avant le match retour face au Real Madrid, qu'est ce que vous vous êtes dit ? 

Ils étaient surtout venus pour nous faire sentir qu'ils étaient là, derrière nous. On savait que c'était un match compliqué et on avait besoin de tout le monde. D'ailleurs ce jour-là, je pense que les seuls qui ont répondu présents ce sont les supporters puisque nous sur le terrain nous n'avons pas fait beaucoup pour essayer de remporter le match. Il y avait une atmosphère de rêve. Quand tu es enfant tu veux jouer des matches importants dans des stades comme ça. J'espère que la saison prochaine on pourra leur donner ce cadeau parce qu'ils le méritent, pour ce qu'ils font pour nous. 

Un message comme ça, avant un match aussi important, ça vous met de la pression que vous pouvez avoir du mal à gérer ou ça vous transcende ? 

C'est bien sûr un encouragement. Dans notre travail il y a beaucoup de pression et on le sait. Quand on a choisi ce métier c'est finalement parce qu'on l'aime cette pression. Avoir tous les supporters derrière nous c'est un plus pour gagner, ils te donnent de la force quand tu n'en as plus dans les jambes.  C'est la raison pour laquelle c'est plus facile de jouer à la maison : tu connais ton stade, tu connais tes supporters, c'est grâce à ça. 

Tu es très apprécié des supporters mais tu as eu ta chanson il n'y a qu'un an seulement... Pourquoi ça a été si long ? 

J'ai effectivement un très bon rapport avec les supporters, dès le début ils m'ont fait sentir à la maison et c'est quelque chose d'important pour un joueur. Ils m'ont rendu heureux depuis le début et c'est pour cela que j'ai toujours mouillé le maillot. J'ai toujours donné 100% pour ce club et je continuerai de le faire.

Marco Verratti PSG

Question débat : Une personne doit-elle obligatoirement supporter l'équipe de la ville où tu es né ? 

C'est normal, il faut supporter la ville où tu es né ! Je suis de Pescara et quand j'étais petit je ne supportais ni la Juve ni Milan, je supportais ma ville, même si ce n'était pas une équipe forte. Je savais déjà qu'on ne gagnait jamais rien mais c'était ma ville. Et un match que tu gagnes c'était toujours meilleur que gagner un titre de champions avec une autre équipe. 

Tu étais supporter dans la Curva à Pescara, quel est ton meilleur souvenir ? 

Je pense que c'était les promotions de la Serie C à la Serie B. J'ai fait pas mal de finales parce qu'on jouait souvent les play-offs. On faisait un match à l'extérieur et un autre à domicile, c'était des matches où tout le monde partait ensemble. Après, quand tu habites une petite ville tu connais tous les gens qui sont dans la Curva, ils deviennent tes amis parce qu'on n'est pas beaucoup. Ensuite j'ai commencé à jouer pour le club et notre montée en Serie A est le plus beau souvenir de ma vie. 

Quelle est la différence entre un supporter français et italien ? 

Cela dépend. Les supporters de Paris et italiens ne sont pas si différents car ils sont chauds tous les deux. Mais parfois dans les autres stades français je vois qu'il n'y a pas beaucoup de choses organisées, de chants. En Italie tout le monde connait les chansons et les chantent au même moment. C'est plus facile pour supporter les équipes. 

Quel est ton souvenir le plus attendrissant avec un supporter ? 

J'ai déjà vu des personnes âgées de 50/55 ans dans la rue qui me demandaient des photos puis qui avaient des larmes dans les yeux. Quand une personne de cet âge-là réagit comme ça, tu te dis que le football ce n'est pas que du jeu, comme tout le monde peut le faire croire mais aussi quelque chose qui peut te changer la vie. Par exemple, me concernant, quand je perds un match je suis triste pendant 3 semaines. C'est un jeu, oui, mais un jeu très dur. 

Et ton souvenir le plus bizarre ? 

Il y avait un supporter qui venait en bas de la maison, à 4h du matin, j'entendais qu'il criait beaucoup. Au début, je pensais que c'était quelque chose de grave, c'était une des premières fois quand je suis venu à Paris, la première année. Quand je suis allé sur la terrasse j'ai vu qu'il était à genoux, me suppliant de faire une photo.... A 4h du matin ! C'était un peu bizarre. 

On va aussi parler de toi, certains pensent que tu stagnes au PSG, qu'il te manque quelque chose pour franchip un cap. Qu'est ce que tu penses de cela ? 

Pour franchir ce palier il faut gagner quelque chose d'important. Les gens, de l'extérieur, ils se disent : "Lui il ne gagne que le championnat français", mais on travaille dur pour le gagner, ce championnat. Tout le monde pense que c'est facile mais c'est pas le cas, comme l'an dernier. On n'a pas été champions parce qu'il y avait une autre équipe plus forte. Ce sont des choses qui viennent de l'extérieur. Mais moi, quand je suis avec le club, le coach, mes coéquipiers je sais qui je suis. La chose qui me manque c'est de gagner quelque chose d'important. 

 

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Cette saison on t'a senti plus à l'aise devant le but, à tenter un peu plus. Quel a été le déclic ? 

Ce sont surtout des épisodes. Cette saison on joue plus offensif, moi personnellement je joue plus vers l'avant et ça me permet d'être plus proche du but adverse sur certains matches. J'essaie donc de marquer plus qu'avant. 

En début de saison on t'a senti plus en retrait puis, après l'élimination de l'Italie face à la Suède, tu as de nouveau assumé ton statut. Comment tu expliques, avec du recul, cette période ? 

J'ai passé un été compliqué, surtout dans les débuts, ce n'était pas facile. Quand j'ai recommencé la préparation je me suis blessé à un genou, je ne devais pas jouer d'amicaux ni quoi que ce soit. J'ai de suite joué un match, le Trophée des Champions qui était mon premier de la saison après 3 mois. Je pense que c'était juste une question de blessure, de rythme. Quand j'ai commencé à retrouver du rythme dans les jambes ça a été plus facile pour moi. 

On parle d'une saison moyenne pour le PSG alors que vous avez remporté 4 trophées. Est-ce qu'on minimise trop les titres nationaux ? On attend trop de ce PSG ? 

Comme je le dis toujours, ce sont des choses qui viennent de l'extérieur. Nous on sait à quel point c'est difficile de gagner un championnat, un Coupe de la Ligue, une Coupe de France.  Les gens pensent que ça doit être facile pour nous parce qu'on a acheté de bons joueurs. Nous joueurs, mais aussi les supporters, on se rappelera plus tard de cette période où on a beaucoup gagné, ensemble. Bien sûr on veut aussi gagner quelque chose en Europe c'est un cap qu'on va passer, qui va arriver. En tout cas je ne pense pas que ce soit une mauvaise saison. 

 

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