Kouassi, Aouchiche : la fuite des talents, une zone d'ombre au PSG

Tanguy Kouassi Adil Aouchiche PSG
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Le PSG peine à conserver ses meilleurs jeunes. Un constat qui s'est confirmé ces derniers jours avec les départs de Tanguy Kouassi et Adil Aouchiche.

Tanguy Kouassi et Adil Aouchiche étaient absents lundi pour la reprise du Paris Saint-Germain. Les deux Titis ont décidé de quitter le navire pour s'engager ailleurs. Le premier va prendre la direction du Bayern Munich. Quant au second, il devrait annoncer sa destination prochainement, après avoir passé une partie de sa visite médicale à Saint-Etienne. Un constat d'échec pour le PSG, qui peine à conserver les meilleurs jeunes de son centre de formation depuis plusieurs années.

À qui la faute ?

Il y a six ans déjà, Kingsley Coman, perçu comme l'un des éléments les plus prometteurs, refusait de signer son premier contrat professionnel pour s'engager à la Juventus. Un départ dont on entend encore le récit dans les coursives du Camp des Loges. C'est surtout l'incarnation du virage que n'hésitent plus à prendre certains jeunes depuis quelques temps. L'évolution du marché, et les attaques de plus en plus vives de clubs étrangers, ont obligé Paris - comme d'autres en France - à s'adapter. Mais rien n'y fait. Malgré les tentatives multiples de durcir le ton, notamment sous l'ère Antero Henrique, la vague de départs ne désemplit pas.

Comme Kouassi, ils ont quitté le PSG pour l'Allemagne

Outre les cas Kouassi et Aouchiche, on a ainsi vu Gloire Bunga, le capitaine des U16, quitter le PSG pour Fribourg la semaine passée. Dans une toute autre situation contractuelle, puisqu'il était sous convention, le joueur de 16 ans a longtemps ouvert la porte à une prolongation, selon nos informations. Mais Paris, peu réactif sur ce dossier, ne lui a pas fait parvenir de meilleur contrat avant le 30 avril, le laissant partir sans même récolter d'indemnité.

Aujourd'hui, certains tiennent un discours très alarmant concernant la gestion des jeunes à Paris. "Le club ne se concentre que sur un, deux, voire trois joueurs à la formation, sans se concentrer sur les autres", interpelle un agent proche du Paris Saint-Germain. Et il poursuit : "C'est seulement quand les premiers élus partent que le club se concentre sur les suivants. Maintenant, Aouchiche et Kouassi ont décidé de quitter le PSG. Du coup, vous allez voir qu'ils vont s'interesser à Pembélé."

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Une méthodologie à revoir ?

Timothée Pembélé, 17 ans, était bien convié lundi matin pour la reprise du groupe professionnel. Et comme indiqué par cet agent, le cas du défenseur pourrait devenir prioritaire au PSG dans les semaines à venir puisque son contrat professionnel, signé en 2018, se termine l'an prochain. Là encore, Paris devra trouver les arguments pour le convaincre de rester. Car pour le moment, si l'on s'en tient au projet sportif, Pembélé n'a encore jamais évolué en équipe première. Il ne compte que quelques entraînements avec le groupe pro. Trop peu pour se projeter dans la durée avec son club formateur.

C'est tout l'enjeu de Leonardo, qui a fait le choix de déléguer la gestion des jeunes à son adjoint Angelo Castellazzi depuis son retour au club l'été dernier. Une décision que n'hésite pas à critiquer un autre agent habitué du Camp des Loges. "Leonardo ne met rien en place sur la formation, lâche fermement ce dernier. Il n'a pas d'œil dessus et il n'y a personne qui ose prendre les vraies décisions, pas même le directeur du centre [Jean-François Pien]."

L'an dernier, le directeur sportif a pourtant pris les devants, en décidant de vendre les jeunes Moussa Diaby, Christopher Nkunku ou encore Arthur Zagré, dans une logique de rentrée budgétaire. Des ventes qui ont rapporté près de 45 millions d'euros au club francilien. Un apport non-négligeable permis - entre autres - par la visibilité donnée aux deux premiers sous les ordres de Thomas Tuchel. Cette méthodologie a été maintenue cette saison par Leonardo, à l'image de ce qui a été mis en place avec Tanguy Kouassi. Le résultat, on le connaît. Et il pourrait bien pousser la direction parisienne à agir autrement désormais.

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