Disparition d'Emiliano Sala - Le pilote avait une licence pour des vols privés mais pas commerciaux

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Getty/Goal composite
Le bureau d'enquêtes sur les accidents aériens a publié ce lundi son premier rapport sur les causes de l'accident de l'avion qui transportait Sala.

Presque trois semaines après l'identification du corps d'Emiliano Sala, l'AAIB (le bureau d'enquêtes sur les accidents aériens) a apporté ce lundi de nombreux éclaircissements concernant le drame dont a été victime le regretté argentin ainsi que le pilote qui l'accompagnait, David Ibbotson. Pour rappel, les deux hommes étaient à bord d'un avion qui s'est abimé en mer, au large de l'ile anglo-normande de Guernsey, le 21 janvier dernier.

La question se pose désormais de savoir si le vol, organisé par Wllie McKay avait un caractère commercial ou non. Ce dernier a rendu public des messages échangés par son fils Jack avec Emiliano Sala, montrant qu'il "n'a pas été demandé à Emiliano de payer son vol", qui revêtirait donc un caractère privé.

Long de 16 pages, le rapport provisoire sur l’accident du Piper Malibu "contient des informations factuelles validées recueillies au début de notre enquête. Il explique également les autorisations d’aéronef et les exigences en matière de licence de pilote applicables aux aéronefs immatriculés aux États-Unis, effectuant un vol transfrontalier en Europe avec un passager à bord", précise le bureau d'enquêtes sur les accidents aériens. 

Le pilote "possédait une licence de pilote privée"

En ce qui concerne les compétences du pilote, ce dernier "possédait une licence de pilote privée (PPL) délivrée par le Royaume Uni. On pense que la licence et le journal de bord du pilote ont été perdus avec l’aéronef et donc les notes sur ses licences et leur validité, et l’étendue de ses récents vols n’a pas encore été déterminée. Mais une PPL n’autorise pas un pilote à transporter des passagers contre récompense. Pour ce faire, cela nécessite une licence commerciale", précise le rapport, avant de se pencher plus en détails sur les interrogations soulevées par ces informations. 

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"Or, insiste le bureau d’enquête sur les crashes aériens, le pilote doit contribuer aux coûts directs réels du vol. Si le vol implique le pilote et un passager, le pilote doit alors payer la moitié des frais d’exploitation. Il faut aussi que le pilote ait un objectif véritable pour effectuer le vol. C’est lui qui doit dicter le moment du vol. Le vol ne doit pas être fait dans le seul but de transporter le passager". 

L'avion a dû réduire son altitude pour continuer à voler à vue

Grâce à des éléments de preuve provenant de radars, de bulletins météorologiques, de vidéos de l’avion au fond de la mer et d’interviews de témoins, ce rapport provisoire lève le voile sur certaines zones d'ombre, telles que l'état de l'avion, les circonstances précises de son crash mais aussi et surtout sur les compétences du pilote David Ibbotson, dont le coprs n'a pas encore été retrouvé, une cagnotte en ligne restant ouverte pour permettre de financer les recherches.

Emiliano Sala's body

Selon le rapport, le pilote a sollicité à deux reprises l'autorisation de réduire son altitude de vol, pour pouvoir conserver la visibilité nécessaire à un vol à vue. Ces deux demandes ont été acceptées respectivement à 20h02 et 20h12 par le poste de contrôle aérien de Guernsey. Initialement à 5500 pieds d'altitude, le Piper est descendu à 5000 pieds à 20h02, puis 4400 pieds à 20h15, 3900 pieds à 20h16 et 12 secondes, puis à 2300 pieds à 20h16 et 34 secondes. Ce sont les dernières données fiables enregistrées.

Par ailleurs, les enquêteurs précisent que le pilote n’a pas effectué une trajectoire rectiligne, mais sinueuse. Toujours selon le bureau d'enquête - et alors que bon nombre de rumeurs circulent sur ce sujet précis - l'appareil était bien entretenu, le dernier entretien important ayant été fait récemment, le 30 novembre 2018.

Autant dire que le rapport définitif, censé être divulgué dans quelques mois (novembre au plus tard) selon L'Equipe, devra venir répondre avec précision à ces nouvelles interrogations. D'ici là, l'heure est encore au recueillement, alors que le corps d'un défunt n'a toujours pas été retrouvé.

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