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Eze Olise W+Ls GFXGetty/GOAL

Eze et Olise, maîtres du jeu : les 10 gagnants et perdants du week-end

Après une trêve internationale de novembre particulièrement intense, durant laquelle des nations ont arraché leur rêve mondialiste dans des scénarios parfois irréels, le retour des championnats européens a agi comme un déclic pour des millions de supporters. Cette fois, plus d’interruptions : quatre mois d’action pure, continue, où les récits de la saison prennent réellement forme, où les dynamiques s’installent, où les séries peuvent tout changer.

Bien sûr, l’hiver ne s’annonce pas radieux pour tout le monde. La cadence infernale du calendrier moderne promet son lot de crises, de blessures, de doutes. Certaines bases de fans savent que les semaines à venir risquent d’être longues. Mais si l’on se fie à ce que nous ont offert les premiers matches post-trêve, il est difficile de ne pas ressentir une forme d’excitation.
Parce que l’Europe du football a repris avec fracas.

Voici donc les 10 grands gagnants et perdants du week-end…

  • FBL-ENG-PR-ARSENAL-TOTTENHAMAFP

    GAGNANT : Eberechi Eze

    À la mi-août, tout semblait acté : Eberechi Eze devait rejoindre Tottenham et renforcer l’entrejeu d’Ange Postecoglou. Les supporters des Spurs s’étaient déjà projetés, persuadés que le milieu de Crystal Palace débarquerait à Londres-Nord. Trois mois plus tard, ce même public n’a pu qu’assister, impuissant, au scénario inverse : un triplé lumineux d’Eze dans le derby, cette fois sous le maillot… d’Arsenal. Une performance majuscule qui a offert le choc aux Gunners et consolidé leur avance en tête du championnat.

    Le retournement de situation opéré par Arsenal dans les dernières heures du mercato reste l’un des coups les plus spectaculaires de l’été, et Eze a depuis trouvé sa place au fil des semaines. L’international anglais s’est progressivement imposé comme un élément central du dispositif de Mikel Arteta, jusqu’à endosser le rôle laissé vacant par Martin Ødegaard, blessé. Positionné sur le flanc droit du milieu à trois, il a constamment su exploiter les zones libres à l’entrée de la surface, exactement là où Tottenham souffrait.

    Eze a donné le ton dès les premières minutes avec une louche parfaite pour servir Declan Rice, dont la reprise a obligé Vicario à une première parade. Mais le portier italien n’a rien pu faire lorsque le milieu londonien s’est retrouvé en position de frappe, avant et après la pause. Précision chirurgicale, gestes nets, confiance totale : Eze a tout fait, et tout réussi. La fin de match l’a même vu enchaîner les inspirations techniques, symbole d’une équipe sûre de sa force et désormais installée six points au sommet de la Premier League.

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  • FC Bayern München v Sport-Club Freiburg - BundesligaGetty Images Sport

    GAGNANT : Michael Olise

    Difficile de ne pas faire le parallèle avec Eberechi Eze. Vingt-quatre heures avant le récital de son ancien compère de Crystal Palace, Michael Olise avait déjà signé l’une des performances du week-end. Depuis son arrivée au Bayern Munich à l’été 2024, l’ailier français a franchi un cap spectaculaire : créativité, régularité, influence… il s’est imposé comme l’un des joueurs offensifs les plus inspirés d’Europe, jusqu’à gagner sa place chez les Bleus pendant les qualifications au Mondial.

    Samedi, pourtant, le Bayern semblait lancé vers une mauvaise journée : mené 2-0 par Fribourg après seulement 17 minutes. C’est alors qu’Olise a pris les commandes. D’abord passeur pour le jeune Lennart Karl, puis buteur juste avant la pause d’une frappe précise à l’entrée de la surface.

    Au retour des vestiaires, c’est encore lui qui dépose un corner parfait sur la volée gagnante de Dayot Upamecano. Après le but habituel d’Harry Kane, Olise a de nouveau illuminé l’Allianz Arena en slalomant dans la défense pour offrir le cinquième but à Nicolas Jackson. Et comme si cela ne suffisait pas, il a clos la rencontre d’un bijou individuel en repiquant depuis la droite.

    Avec cinq actions décisives ce week-end, Olise porte son total à 22 buts et passes décisives en 23 matches toutes compétitions confondues cette saison. Une production déjà immense pour un joueur de 23 ans, qui n’a clairement pas fini de progresser. Place désormais à un autre grand rendez-vous : les retrouvailles avec Eze en Ligue des champions, pour un choc Bayern-Arsenal qui promet beaucoup.

  • Liverpool v Nottingham Forest - Premier LeagueGetty Images Sport

    PERDANT : Liverpool

    La reprise du championnat a tourné au cauchemar pour Liverpool. Alors qu’Arsenal continue d’accélérer en tête, les champions d’Angleterre ont touché le fond samedi avec une défaite 3-0 à Anfield contre Nottingham Forest. Les sifflets descendus du Kop ont parfaitement résumé l’atmosphère : six revers en Premier League, un classement indigne de leur statut, et l’impression d’une équipe qui s’effondre six mois seulement après avoir soulevé le trophée.

    Les victoires contre Aston Villa et le Real Madrid avaient laissé penser qu’Arne Slot avait relancé la machine avant la trêve internationale. Mais la défaite face à Manchester City a été suivie d’un revers encore plus préoccupant contre la formation de Sean Dyche. De quoi alimenter les doutes sur la capacité du Néerlandais à enrayer la spirale… voire sur la nécessité de réfléchir à un changement si la dynamique ne s’inverse pas rapidement.

    Virgil van Dijk a tenté de déminer en prenant la parole : « On laisse tomber le coach, mais on se laisse tomber nous-mêmes. À l’instant, c’est un désastre, c’est un fait. En tant que champions, on ne peut pas être là où on en est. » Le terme “désastre” est encore faible.

    Liverpool n’est pas seulement champion en titre : le club a dépensé plus de 400 millions d’euros l’été dernier, dont un record britannique pour attirer Alexander Isak. Revenu dans le onze, l’attaquant suédois s’est contenté de 15 ballons touchés, signe d’une intégration toujours compliquée. Il devient même le premier joueur de l’histoire des Reds à perdre ses quatre premières titularisations en championnat. Et pourtant, il n’est pas le seul problème.

    Entre lacunes tactiques, manque de confiance et joueurs hors de forme, la situation semble aujourd’hui sans issue évidente pour Slot et ses hommes. À Anfield, la crise n’est plus un risque : elle est déjà installée.

  • Newcastle United v Manchester City - Premier LeagueGetty Images Sport

    PERDANT : Phil Foden

    Manchester City espérait revenir dans la course au titre, mais la défaite à Newcastle a brutalement calmé les ambitions. Plus que le résultat, c’est le manque de réalisme offensif qui a coûté cher aux hommes de Pep Guardiola — et Phil Foden en est ressorti comme l’un des symboles malgré lui.

    Le milieu offensif anglais a eu les meilleures occasions du match, notamment une énorme opportunité en première période qu’il aurait normalement dû convertir. Son influence, d’ordinaire si naturelle, a manqué de tranchant. Dans un contexte où City devait impérativement capitaliser pour rester au contact d’Arsenal, Foden a laissé filer une chance de peser à la fois sur la rencontre… et sur sa situation personnelle.

    Car le week-end n’a pas été meilleur en sélection. De retour avec l’Angleterre, il n’a disputé que des bouts de matchs contre la Serbie et l’Albanie, confirmant qu’il reste derrière Jude Bellingham et Morgan Rogers dans la hiérarchie de Gareth Southgate. Un contraste d’autant plus flagrant que ses concurrents directs, eux, se sont illustrés avec éclat.

    En résumé : au moment où d’autres milieux anglais brillent et où chaque performance compte en vue du Mondial, Foden a manqué le rendez-vous. Une piqûre de rappel pour un joueur dont le talent est immense, mais qui doit retrouver vitesse, justesse… et efficacité.

  • FC Barcelona v Athletic Club - LaLiga EA SportsGetty Images Sport

    GAGNANT : Barcelone

    Après 909 jours d’exil ponctués de retards, de tensions publiques et d’incertitudes, Barcelone a enfin retrouvé le Camp Nou. Un retour symbolique, presque cathartique, célébré samedi par une victoire éclatante face à l’Athletic Club (4-0), malgré un stade encore à moitié fermé pour cause de travaux. L’essentiel était ailleurs : les Blaugrana sont rentrés “chez eux”, et ils l’ont fait avec autorité.

    Ce succès, le troisième consécutif en Liga, confirme la montée en puissance de l’équipe d’Hansi Flick après la claque reçue lors du premier Clasico de la saison. Ce revers au Bernabéu avait creusé un écart de cinq points avec le Real Madrid, mais la dynamique s’est inversée : trois victoires barcelonaises, deux nuls madrilènes, et voilà les rivaux séparés par un seul point.

    Robert Lewandowski, auteur du premier but dans le “nouveau” Camp Nou, n’a pas caché son émotion : retrouver les lieux, marquer, dominer… le Polonais a résumé ce que tout le club ressentait depuis deux ans et demi. Il a aussi glissé une phrase lourde de sens : “Quand on joue au Camp Nou, on est une équipe un peu plus forte.”

    Une petite musique que le Real n’avait certainement pas envie d’entendre, et qui confirme que le sprint pour le titre vient peut-être de changer de tonalité.

  • FBL-ITA-SERIEA-INTER-MILANAFP

    PERDANT : Hakan Calhanoglu

    Le premier grand choc de Serie A depuis la reprise avait tout d’un tournant : un derby della Madonnina électrique, deux équipes lancées dans la course au titre… et un scénario qui a fait basculer San Siro. L’AC Milan a frappé fort dimanche en s’imposant grâce à un but de Christian Pulisic au début de la seconde période, confirmant la montée en puissance du projet Allegri.

    Inter, pourtant, avait une occasion en or pour relancer le derby : un penalty obtenu à un quart d’heure de la fin. Mais Hakan Calhanoglu, impeccable depuis le début de saison et co-meilleur buteur du championnat (5 réalisations), a vu sa tentative repoussée par un Mike Maignan impérial. Une scène qui a fait exploser de joie la parte rossonera du stade, d’autant que Calhanoglu est passé par le Milan avant de rejoindre l’ennemi.

    Ce raté coûte cher : l’Inter glisse à la quatrième place, à trois longueurs de la Roma, tandis que Milan grimpe au deuxième rang. Allegri semble avoir remis les Rossoneri sur les rails après une saison précédente catastrophique sans Europe. Pour Calhanoglu, en revanche, ce derby restera comme un coup d’arrêt brutal dans un début de saison jusque-là brillant.

  • SSC Napoli v Atalanta BC - Serie AGetty Images Sport

    GAGNANT : Antonio Conte

    La pause internationale avait laissé planer un parfum de crise autour de Naples. Trois matchs sans le moindre but, des déclarations musclées d’Antonio Conte sur le « manque de combativité » de ses joueurs, et des rumeurs d’une rupture totale entre l’entraîneur et son vestiaire… Beaucoup imaginaient déjà l’issue. Conte, explosif par nature, et Napoli, club volcanique : l’équation semblait prête à imploser.

    La réponse est finalement venue du terrain, et elle a été cinglante. Face à l’Atalanta, le Napoli a livré l’une de ses prestations les plus abouties de la saison, en pliant l’affaire avant la pause grâce à trois buts inscrits en un peu plus de 40 minutes. Certes, l’Atalanta post-Gasperini n’a plus tout à fait l’aura des dernières années, mais la manière dont les Napolitains ont perforé son bloc a surtout montré une chose : le vestiaire n’a pas lâché Conte.

    L’entraîneur italien, lui, a eu le mérite de revoir sa copie. Retour à son 3-4-3 fétiche, réintroduction de véritables ailiers avec David Neres et Noa Lang autour de Rasmus Hojlund : le plan a fonctionné à la perfection. Neres a signé un doublé, Lang a ajouté le troisième but, et Naples a repris des couleurs offensives après des semaines grises.

    Conte l’a répété après la rencontre : la relation avec son groupe reste solide. « Ceux qui sont à l’extérieur se font plus de soucis que moi », a-t-il assuré, rappelant son goût pour la franchise et le travail. Cette victoire ne règle pas tout, mais elle clarifie l’essentiel : Conte est toujours aux commandes, et Naples n’a pas encore dit son dernier mot.

  • FBL-GER-BUNDESLIGA-DORTMUND-STUTTGARTAFP

    PERDANT : Borussia Dortmund

    Borussia Dortmund n’est pas en crise au sens strict – une seule défaite en Bundesliga, un effectif compétitif, des séquences de jeu enthousiasmantes –, mais la tendance devient pourtant difficile à ignorer : cette équipe ne sait plus fermer un match. Et dans une course au titre où Bayern Munich avance à un rythme implacable, cette faiblesse mentale coûte cher. Très cher.

    Face à Stuttgart, le scénario est devenu une triste habitude. Dortmund menait 2-0 à la pause, contrôlait son sujet et semblait enfin tenir un succès fondateur. Puis tout s’est progressivement délité : Stuttgart a réduit l’écart, égalisé, et malgré un but d’Adeyemi à la 89e minute qui aurait dû libérer tout le stade, BVB a encore trouvé le moyen de s’effondrer. Moins de deux minutes plus tard, Denis Undav complétait son triplé et arrachait un nul qui ressemble presque à une défaite pour les Jaune et Noir.

    C’est déjà la deuxième fois consécutive que Dortmund abandonne une avance dans le temps additionnel, et c’est surtout la confirmation d’un problème récurrent : cette équipe manque de sang-froid dans les moments clés. Résultat : neuf points de retard sur le Bayern et une quatrième place qui illustre le décalage entre les ambitions affichées l’été dernier et la réalité du terrain.

    Maximilian Beier, buteur du 2-0, a parlé de « toucher le fond ». Niko Kovac a tenté de dédramatiser en évoquant une phrase prononcée « avec trop de lactate dans le sang », mais l’essentiel est ailleurs : Dortmund devrait, au vu de son potentiel, être installé dans la roue du Bayern. À la place, le club semble repartir pour une saison vécue dans le rétroviseur, avec l’objectif minimaliste d’assurer encore une fois une place dans le top 4.

  • Robin van Persie Feyenoord 2025-26Getty Images

    PERDANT : Robin van Persie

    Dimanche aurait dû être un moment fort pour Robin van Persie. Pour la première fois, l’entraîneur du Feyenoord avait convoqué son fils Shaqueel, 18 ans, dans le groupe pour la réception de NEC. Une soirée destinée à célébrer la progression de son équipe… et peut-être un symbole familial fort. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

    Feyenoord menait 2-1 à l’approche du dernier quart d’heure, semblait maîtriser son sujet et avait l’occasion de rester dans la roue du PSV. Puis le scénario a viré au cauchemar : deux buts encaissés dans les six dernières minutes, une défaite 4-2 à De Kuip, et une nouvelle occasion gâchée. Le public, venu en nombre pour pousser son équipe, est reparti consterné.

    Ce revers n’est pas un accident isolé. Après un départ canon et une place de leader prometteuse, Feyenoord vient d’enchaîner trois défaites sur ses quatre derniers matchs. Résultat : six points de retard sur un PSV qui avance sans trembler, et la perspective d’un titre qui s’éloigne dangereusement.

    Pour Van Persie, encore en apprentissage dans ce rôle d’entraîneur, c’est un signal d’alarme. Son équipe montre de vraies qualités, mais son incapacité à tenir un match remet en question sa capacité à inscrire Feyenoord durablement dans la course au titre. Le club Rotterdamais devra réagir vite pour éviter que cette saison, partie sous les meilleurs auspices, ne se transforme en longue poursuite sans espoir derrière le rival d’Eindhoven.

  • FBL-FRA-LIGUE1-RENNES-MONACOAFP

    GAGNANT : Paul Pogba

    Difficile, sur le papier, de qualifier un joueur entré en jeu à la 85ᵉ minute d’une lourde défaite 4-1 de « gagnant ». Et pourtant, Paul Pogba ne pouvait être rangé ailleurs. Le milieu français a rejoué un match professionnel samedi, mettant fin à 811 jours d’absence, conséquence d’une suspension pour dopage puis d’une blessure à la cheville survenue peu après son arrivée à Monaco.

    Recruté l’été dernier après la réduction de sa sanction initiale, Pogba n’avait plus foulé un terrain depuis août 2023 avec la Juventus. Sa première apparition sous le maillot monégasque, même pour quelques minutes et dans un contexte défavorable face à Rennes, avait donc tout d’un moment symbolique. Un retour attendu, espéré, et presque irréel tant son parcours récent a été semé d’embûches.

    Pogba ne s’en cache pas : son rêve ultime serait de retrouver l’équipe de France pour la Coupe du monde 2026. L’objectif semble lointain, tant la concurrence est féroce et son absence a été longue. Mais revoir l’un des meilleurs milieux de terrain de sa génération remettre un pied sur la scène professionnelle, après plus de deux ans de silence forcé, suffisait largement à faire de cette soirée un petit rayon de soleil dans un week-end autrement compliqué pour Monaco.

    Pour Pogba, l’essentiel est ailleurs : il rejoue enfin. Et rien que ça, c’est déjà une victoire.

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