Adversaire de l'Olympique Lyonnais en demi-finale de la Ligue des Champions ce mercredi soir, le Bayern Munich a l'occasion d'éliminer un club français et d'en rejoindre un autre en finale : le Paris Saint-Germain, tombeur du RB Leipzig (3-0). Déchaînés face au FC Barcelone (8-2) lors d'un quart de finale qui fera date dans l'histoire de la plus prestigieuse des compétitions européennes, les Bavarois abordent ces deux échéances avec une étiquette de favoris qui ne se discute pas.
OL-Bayern - Dix ans après, comme un air de déjà-vu
Après les Anglais de Chelsea en huitièmes et les Espagnols en quarts, le Champion d'Allemagne se prépare à une fin de parcours à la Française. Un football que les Munichois connaissent bien, eux qui raffolent des jeunes talents tricolores. Preuve en est : pas moins de six joueurs français sont présents dans l'effectif d'Hansi Flick. Les trois champions du monde Benjamin Pavard, Lucas Hernandez et Corentin Tolisso, le déroutant Kingsley Coman et les deux talents de demain que sont Tanguy Kouassi et Mickaël Cuisance... Une mini armada tricolore en Bavière qui apporte satisfaction, et dont la présence n'a rien d'un hasard. La qualité française ne s'invente pas.
"Avec les Français, nous n'avons jamais connu de déception"
"La formation à la française, elle est unique. Les joueurs sont très bien préparés physiquement, techniquement et tactiquement. Ces joueurs de 20 ans font déjà preuve d'une étonnante maturité dans leur jeu et leur personnalité", expliquait notamment Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern, dans un entretien accordé à France Football. "Ils constituent pour chaque club allemand un enrichissement. Certes, les joueurs français ne sont pas donnés, mais le rapport qualité-prix reste intéressant. Nous les adorons et eux se sentent bien chez nous. Lorsqu'il était à Dortmund, j'adorais voir jouer Ousmane Dembélé. Il était l'un de mes joueurs favoris".
Getty Images"Avec les Français, nous n'avons jamais connu de déception", abonde Uli Hoeness, dans les colonnes du Parisien. "Ce football est ultra-compétitif avec un nombre incalculable de joueurs au potentiel impressionnant. Au Bayern, nous adorons les Tricolores et cela a toujours été le cas. Se retrousser les manches sur le marché des transferts pour enrôler un Français a toujours porté ses fruits. Au départ, faire venir un Ribéry ou un Lizarazu a été difficile à réaliser, mais une fois le deal réalisé, nous avons été heureux avec eux et eux ont su, progressivement, s'identifier à nous", explique le président du conseil de surveillance.
Néanmoins, si cette stratégie porte ses fruits, force est de constater que la réussite des principaux concernés à été plus nuancée ces derniers mois. D'ailleurs, lors de son quart de finale face au Barça, le Bayern a aligné un onze de départ dépourvu de Français au coup d'envoi. Si Kingsley Coman, Corentin Tolisso et Lucas Hernandez (passeur décisif) sont entrés en jeu, ces trois-là n'ont pas été à la hauteur des attentes cette saison. Au contraire de leur compatriote Benjamin Pavard, de retour de blessure, qui s'est montré à son avantage. Il a par exemple été le troisième joueur le plus utilisé du Bayern en Bundesliga (2 672 min) derrière Manuel Neuer et Joshua Kimmich, et a été impliqué sur 8 buts en Bundesliga cette saison (4 buts, 4 passes décisives), plus que tout autre défenseur français dans les 5 grands Championnats en 2019/20.
Munich face à la fabrique à talents française par excellence
De retour à l'entraînement, samedi, à Lisbonne, Benjamin Pavard pourrait toutefois être en mesure de tenir sa place face à l'Olympique Lyonnais, le club présidé par Jean-Michel Aulas, dont les jeunes pépites s'arrachent chaque année. En effet, pendant que l'attrait du Bayern pour les jeunes français se dessine, la capacité lyonnaise à former de futurs joueurs d'excellence, n'est quant à elle plus à prouver. Karim Benzema, Anthony Martial, Alexandre Lacazette, Samuel Umtiti, Nabil Fekir, Corentin Tolisso... Autant de joueurs formés à l'OL, vendus à prix d'or, qui évoluent aujourd'hui dans les plus grands clubs européens. Lyon fait donc office de spécialiste, et sa réputation dépasse largement les frontières nationales. Selon une étude publiée par le CIES en octobre dernier, l'écurie rhodanienne était alors le troisième club européen à produire le plus de joueurs (30) pour les cinq grands championnats (France, Italie, Angleterre, Espagne, Allemagne), juste derrière le FC Barcelone et le Real Madrid... Révélateur.
Hansi Flick : "Lyon défend très bien et est très solide"
À l'exception d'Anthony Martial, rapidement vendu à l'AS Monaco en 2013 avant son explosion à Manchester United, chacun de ces joueurs a d'abord porté le projet lyonnais dans les hautes sphères avant de s'exiler. La clé du succès. Ainsi, Lyon pourra notamment compter sur ses deux pépites du moment face aux Munichois. Houssem Aouar (22 ans) et Maxence Caqueret (20 ans) ont en effet été les grands artisans du bon parcours de l'OL depuis son arrivée dans la péninsule ibérique.
FRANCK FIFE/POOL/AFP via Getty ImagesPrometteurs mais déjà confirmés, les deux milieux de terrain formés au club ont fait mieux que de tenir tête à la Juventus Turin et Manchester City, respectivement en huitième et en quart de finale. Étincelant d'activité et de créativité, Houssem Aouar a confirmé sa capacité à briller dans les grands rendez-vous, tandis que Maxence Caqueret, de deux ans son cadet, s'est révélé aux yeux des médias internationaux. Face au Bayern Munich ce mercredi soir, ces deux-là se mesureront à ce qui se fait de mieux en Europe.
Contre Thiago Alcantara et Leon Goretzka, impressionnants de maîtrise face à un Barça totalement subjugué, ils auront surtout une merveilleuse opportunité de confirmer les immenses espoirs placés en eux. Si de nombreux observateurs ont déjà la sensation d'assister à l'éclosion des futures références mondiales à leur poste, force est de constater que la cellule de recrutement du Bayern Munich pourrait une fois de plus tomber sous le charme de la formation à la française...




