Jurgen Klopp, à une victoire d'entrer dans la cour des plus grands

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Bien que déjà considéré comme l'un des meilleurs dans son domaine, Jurgen Klopp a besoin d'une C1 pour intégrer le club des plus grands coaches.

Ils sont nombreux, parmi les entraineurs de renom, à n'avoir jamais conquis la Coupe aux grandes oreilles. Les Arsène Wenger, Diego Simeone, Manuel Pellegrini, Didier Deschamps, Leo Beenhakker, Massimiliano Allegri et Valeri Lobanovski, pour ne citer que ceux-là, ont beaucoup gagné, sans jamais réussir à faire main basse sur ce qui est considéré comme le plus beau trophée sur la scène des clubs. Une catégorie à laquelle appartient Jurgen Klopp, mais peut-être plus pour longtemps. À 50 ans, et après dix-sept ans de carrière comme coach, l'Allemand n'est qu'à un match de devenir champion d'Europe.

Un compétiteur-né, mais pas que

Il n'est pas dit qu'un succès en C1 est obligatoire pour être étiqueté comme un grand entraineur. Et la réciproque est également vraie, avec l'exemple de Roberto Di Matteo, dont le triomphe avec Chelsea a été la seule réussite d'une bien piètre expérience sur le banc. Toutefois, une Ligue des Champions au palmarès ne peut pas faire de mal. Au contraire, elle offre une légitimité dont très peu d'entraineurs en activité peuvent se targuer (Guardiola, Mourinho, Zidane et Ancelotti). Et pour un technicien comme Klopp, même s'il n'a jamais lorgné sur les distinctions individuelles et encore moins sur une quelconque reconnaissance extérieure, on peut penser que cela ne laisse pas insensible.

Être entraineur d'une équipe championne d'Europe vous permet de connaitre la gloire suprême, mais aussi de faire partie des privilégiés. Des coaches ont disputé cette compétition pendant deux décennies, sans jamais toucher le Graal. Alors, inévitablement, pouvoir soulever ce trophée constitue bien plus qu'une simple récompense. C'est une consécration, l'aboutissement de tout un travail, et parfois même d'une philosophie de jeu, comme les épopées de l'Inter de Herrera, le Milan de Sacchi et le Barça de Cruyff ou de Guardiola le prouvent.

Klopp n'a pas réinventé le football, non. Il serait aussi exagéré de dire qu'il a été le technicien le plus marquant de sa génération. Cela étant, il fait bien partie de ceux qui incarnent une certaine idée du football. Celui du spectacle, toujours tourné vers l'offensive et où l'ennui n'a guère de place. Quitte à provoquer des déséquilibres, à perdre des matches qui paraissent gagnés et à trébucher face à des équipes parfaitement prenables, le natif de Stuttgart a toujours été fidèle à ses principes. En Angleterre, le personnage a évolué, mais pas ses préceptes. Il est toujours cet entraineur qui faisait trembler la Bundesliga entière avec sa modeste équipe de Mayence en voulant simplement marquer un but de plus que son adversaire.

Un bilan impressionnant face à ses compères de renom

Klopp et Liverpool, l'idylle ne pouvait qu'être une réussite. "Son style se marie bien avec l'environnement local", nous confiait il y a quelques temps l'ancien maitre des lieux, Gérard Houllier. Et pour avoir justement su apporter exactement ce qu'on attendait de lui, avoir redonné aux Scousers leur fierté et à Anfield sa magie, le technicien allemand mérite d'être primé. Jusque-là, il ne l'a pas encore été avec les Reds, dans aucune compétition qui soit, mais si c'est pour triompher finalement dans la plus relevées des épreuves, cela valait assurément le coup d'attendre.

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Aux yeux de ses pairs, Klopp n'a pas besoin d'une C1 pour être respecté et reconnu. Les mots dithyrambiques qu'a tenus à son égard Zinedine Zidane cette semaine l'attestent. Par ailleurs, son bilan face à des coaches qu'on considère comme étant les plus performants est plus que flatteur. Il est d'ailleurs le seul dont la balance est positive face à Guardiola (7 victoires, 5 défaits et 2 nuls). Il est aussi le seul à l'avoir battu deux fois en une seule saison depuis que le coach catalan exerce au plus haut niveau (2008, ndlr). Zidane, lui, n'a pas encore eu l'opportunité de se frotter à lui. Et il se peut qu'à son tour le Français constate ce que c'est la "Deutsch Qualitat".

Il pourrait faire mieux que Beckenbauer

Klopp n'a plus qu'un obstacle à franchir, mais il est de taille. Cependant, on n'intègre pas un club ultra-fermé sans avoir réussi un exploit qui marque les esprits. Le manager des Reds a, certes, déjà ébahi l'Europe à travers quelques coups exceptionnels, comme la fois où il a mené Dortmund à une victoire éclatante contre le Real (4-1, demi-finale de C1 2013) ou plus récemment lorsque son Liverpool a fait plier City en l'espace de trente minutes. Mais, un succès contre le double tenant du titre européen en finale de l'épreuve reine serait un exploit encore plus retentissant et que l'on oubliera pas de sitôt.

En Allemagne, il n'y a que quatre entraineurs qui ont eu l'honneur de monter sur le toit de l'Europe (Cramer, Heynckes, Hitzfeld et Lattek). Klopp pourrait bien être le cinquième samedi prochain à Kiev. Et s'il y arrive, il aurait de quoi rendre jaloux les Franz Beckenbauer, Felix Magath, Bernd Schuster ou encore Berti Vogts. Cela étant, tout ce beau monde l'applaudira comme il se doit car s'il y a bien quelqu'un qui mérite d'être le 41e entraineur champion d'Europe de l'histoire c'est bien le "Normal One".

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