Neymar, le Paris Saint-Germain ou le FC Barcelone. Dans ce feuilleton aux airs de télénovela brésilienne, on attendait du concret avec impatience depuis la sortie musclée de Nasser Al-Khelaïfi il y a quelques semaines. Et on n'a pas été déçu. En attendant le protagoniste, appelé à confirmer ou infirmer tout ce qui se dit, Josep Maria Bartomeu, le président du Barça, a lui aussi pris la parole, quelques jours après l'un de ses bras droits. Ses propos sur la superstar étaient évidemment très réfléchis, mais pas moins musclés.
Attaque ou stratégie ? Un peu des deux
Le 27 juin dernier, le vice-président du Barça Jordi Cardoner avait déjà exposé sur la place publique la position officielle du club. "Ce qui est correct, c'est de dire que Neymar veut revenir au FC Barcelone mais je ne suis pas d'accord sur l'information de dire que le FC Barcelone s'inquiète de la signature de Neymar, ce transfert n'est pas sur la table, il n'y a pas eu de contact". Bartomeu n'a pas dit autre chose, mais il l'a énoncé différemment. "On sait que Neymar veut quitter le PSG. Mais on est aussi conscient que Paris n'est pas vendeur. Donc il n'y a pas de dicussion possible", a-t-il d'abord lâché, avant de répéter qu'il considérait qu'Ousmane Dembélé comme "comme meilleur que Neymar".
Attaque ou stratégie ? Un peu des deux. Il est entendu que le FC Barcelone n'a pas digéré la façon dont Neymar avait quitté le navire il y a deux ans. Dans les hautes instances du club, cette opération divise. Et parmi les personnalités les plus réticentes à envisager le retour de Neymar, Bartomeu est en tête de liste. Le président n'a pas oublié. Les images avaient imprimé les rétines. C'était il y a deux ans, en août 2017. Un départ par la petite porte, lunettes vissées sur la tête au volant de son bolide après le versement par le Paris Saint-Germain de sa clause de départ de 222 millions d'euros. L'épisode avait été vécu comme un affront par le FC Barcelone, qui avait décidé de geler la prime de prolongation de Neymar, estimée à 26 millions d'euros, en guise de représailles. Peu de de temps après le transfert retentissant de Neymar, la superstar avait elle-même exprimé sa colère en qualifiant le dirigeant de "blague" sous un post du site Esporte Interativo relayant une énième déclaration véhémente de Bartomeu.
Getty ImagesLa comparaison avec Ousmane Dembélé, évidemment saugrenue, est un tacle directement adressé au Brésilien. En d'autres termes, si Neymar rentrait au bercail, le grand ami de ami de Suarez et Messi devra faire profil bas, alors que Messi, justement - dont l'influence dépasse celle d'un président de passage - pousse pour ce scénario. En encensant le jeune champion du monde français, Bartomeu défend également sa politique, et plus précisément la pertinence de son investissement à la fin de l'été de tous les rebondissements, en 2017. Mais au-delà de Neymar, tout porte à croire que le Paris Saint-Germain est l'autre cible que le dirigeant catalan vise à travers cette conférence de presse. Affirmer que le feuilleton n'a pas lieu d'être parce que Paris n'est pas vendeur est une évidence pour se protéger et avancer sans remous, écartant officiellement au passage la possibilité, sanctionnable car incorrecte, de négociations en sous-marin. Mais rappeler, dans la même phrase, que Neymar veut quitter le PSG - même si toute la presse locale en fait ses gros titres depuis deux semaines - ne fait pas les affaires du club de la capitale.
Les relations entre ces deux gros clubs n'ont pas toujours été fluides. L'exfiltration de Neymar a été vécue comme une humiliation par Barcelone, mais d'autres épisodes ont marqué les esprits. Un an plus tôt, par exemple, le Barça avait tout fait pour attirer Marco Verratti dans ses filets, avant la suite que l'on sait. Les deux clubs n'étaient pas parvenus, non plus, à trouver un terrain d'entente pour le transfert d'Angel Di Maria à la fin de l'été... 2017. Bref, le terrain est miné. Et c'est bien ce qui complique, à l'heure actuelle, la faisabilité d'un tel transfert.
