Le déplacement du Real Madrid à Gérone devait servir à relancer une équipe en perte de vitesse. Il n’a finalement fait qu’accentuer le malaise. Entre un nouveau nul frustrant, un Kylian Mbappé qui appelle à la révolte et des accusations incendiaires venues de Real Madrid TV, la soirée a pris des allures de cocktail explosif. À peine le coup de sifflet final retentit que les tensions jaillissent, alimentées par des décisions arbitrales jugées incohérentes et un sentiment d’injustice omniprésent dans le camp merengue.
Getty Images SportMbappé hausse le ton, le Real crie au scandale après Gérone : "La Liga est corrompue"
Getty Images SportMbappé sonne l’alarme après un troisième nul consécutif
Le Real Madrid traverse une période compliquée. Trois matchs nuls de suite en Liga, dont ce 1-1 sur le terrain de Gérone, freinent brutalement l’élan madrilène et font sauter l’équipe de Xabi Alonso de son trône au profit du FC Barcelone. Il fallait un leader pour prendre la parole et Kylian Mbappé n’a pas attendu longtemps. Après avoir égalisé sur penalty, l’attaquant s’est tourné vers les réseaux sociaux pour mettre les siens face à leurs responsabilités.
Dans sa story Instagram, il poste un message ferme, teinté d’un mélange de frustration et d’exigence : « Ce n'est absolument pas le résultat que nous voulions ce soir. Mais le championnat continue et il est encore long. Nous devons changer cette dynamique et montrer qui nous sommes en tant qu'équipe ».
Une phrase qui résonne comme un rappel à l’ordre. Mbappé pose les mots que tout le vestiaire a probablement en tête : l’équipe s’étiole, perd son souffle et n’y arrive plus loin de Bernabéu.
Getty Images SportXabi Alonso tente d’apaiser, tout en pointant les limites
Si Mbappé hausse le ton, Xabi Alonso adopte une posture différente. Le technicien espagnol, fragilisé par ce début d’hiver poussif, refuse d’abandonner le calme. Il insiste sur l’état d’esprit de ses joueurs, mais reconnaît aussi les lacunes flagrantes dans le jeu.
« J'ai apprécié la réaction aujourd'hui, ce n'était pas suffisant, mais on n'était pas loin. Il faut préserver notre cohésion, tout en faisant preuve d'autocritique ».
Il évoque un Real Madrid trop hésitant en animation offensive, incapable d’imposer sa maîtrise habituelle. Et il développe cette idée, lucide et brutale à la fois :
« Nous n'avons pas su développer un football offensif de qualité, ni dominer. Nous l'avons fait bien davantage en seconde période, et c'est ce que nous recherchons. Pourquoi n'y sommes-nous pas parvenus? C'est ce que nous devons analyser, étudier… et essayer de reproduire dès le début ».
Son constat est clair : l’équipe joue par séquences, et ce Real-là n’effraie plus personne. Il affirme cependant ne pas s’inquiéter : la saison comporte toujours des périodes irrégulières. Pour lui, rien n’est joué. Mais les signes clignotent.
Getty Images SportGérone, VAR et frustration : Madrid s’embrase
Le match a bien aligné toutes les conditions d’une polémique. Un but refusé à Mbappé après intervention de la VAR pour une main. Un penalty accordé mais un autre contesté sur Rodrygo. Des actions litigieuses, multipliées dans un match déjà tendu.
De quoi nourrir les colères. Et Real Madrid TV, fidèle à sa réputation, jette de l’huile sur le feu. « La Liga est corrompue! »
Un cri repris en boucle par la chaîne officielle du club, plus virulente que jamais. Dans sa diatribe, elle ne ménage personne, encore moins l’arbitre de la rencontre.
D’après RMTV, « De Burgos a commis des erreurs grossières et injustifiables contre le Real Madrid. C'est lui qui leur a le plus nui », des propos relayés par le Mundo Deportivo.
Le ton se durcit encore lorsqu’il s’agit du penalty non sifflé sur Rodrygo. La chaîne déplore l’absence d’intervention de la VAR, qu’elle juge inexcusable : « Un contact dans la surface est un penalty ».
Pour RMTV, la situation n’a rien d’anecdotique. Elle parle d’un schéma répété, d'une continuité des torts, d’un système qui agirait contre le club. Le discours se conclut sur une charge frontale visant la direction du football espagnol :
« Peu importe les performances du Real Madrid, la réalité est que les arbitres les désavantagent, ceux qui doivent prendre les décisions sont absents, et leur président les justifie. Et qui est le vice-président de la Fédération? Javier Tebas ». Un climat explosif, presque électrique.
Getty ImagesLe Barça répond : une guerre de déclarations qui repart
Ces accusations ne restent évidemment pas sans écho. À Barcelone, Joan Laporta, habitué aux joutes médiatiques, réplique sans hésiter. Le président catalan refuse l’idée d’un quelconque favoritisme envers son club, mais accuse Madrid d’une posture victimaire permanente.
« Le Barça n'est pas favorisé par les arbitres, mais ce qui est certain, c'est qu'ils ont toujours favorisé le Real », a déclaré le président catalan récemment.
Puis il renvoie aux polémiques récentes, notamment le match contre Elche : « Sans aller plus loin, la semaine dernière, le Real a marqué deux buts [...] Ces deux buts n'auraient pas dû être validés et aujourd'hui, Barcelone serait en tête de la Liga ».
Et voilà la guerre médiatique relancée. Chaque camp s’accuse, chacun se dit lésé. Pendant ce temps, le championnat avance, et la tension grimpe.
AFPUne Liga sous tension, un Real sous pression
Le Real se retrouve désormais deuxième, un point derrière Barcelone. Rien n’est perdu, mais tout paraît fragile. L’équipe gaspille trop, doute trop, réclame trop aussi. Mbappé appelle à l’orgueil, Alonso réclame du calme, la télévision du club s’enflamme.
Ce cocktail raconte parfaitement la période actuelle : confuse, instable, nerveuse. Le prochain déplacement à Bilbao, évoqué par Alonso, pourrait déjà valoir très cher.



