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Copa America

Copa America - Plus irritable que jamais, Lionel Messi a dévoilé une autre facette de sa personnalité

18:19 UTC+2 07/07/2019
Irritable, agacé, engagé, Lionel Messi a montré un visage qu'on ne lui connaissait pas. Conséquence d'une éternelle frustration.

Quand il se retournera sur son immense carrière, Lionel Messi froncera les sourcils en ouvrant le chapitre de l'Argentine, surtout s'il tombe sur ses combats - le terme semble approprié - c'est le mot - contre le Chili. Après s'être incliné deux fois en finale de la Copa America contre la Roja, Messi a encore quitté un match contre le pays voisin avec la mine déconfite. Mais cette fois-ci, il n'a même pas terminé la rencontre. Tout s'est arrêté à la fin du premier acte quand le génie du Barça, d'ordinaire si placide, a perdu son calme et a vu rouge suite à une altercation avec Medel, lui aussi expulsé (37e). Le numéro 10 a au moins pu compter sur ses coéquipiers pour finir le travail dans cette petite finale, remportée dans la souffrance par l'Albicleste (2-1).

Copa America - Medel : "Messi a raison"

Une goutte d'eau qui fait déborder un vase bien plein

Avant ce match, Messi avait traversé le tournoi de façon assez inégale. Il y a les chiffres, déjà. Loin de ses standards habituels avec le Barça. En 6 apparitions, le numéro 10 n'a inscrit qu'un petit but et a distillé une passe décisive, face au Chili justement, sur une belle inspiration pour Agüero.

Et puis il y a l'impression laissée, aussi. Que l'on ne s'y méprenne pas, Lionel Messi doit absolument tout faire dans une sélection souvent amorphe au niveau de son expression collective. Créateur, passeur, buteur, le génie du Barça est un joueur total. Mais avec l'Argentine, il ne dispose pas d'un cadre aussi confortable pour utiliser ses multiples casquettes. Le manque de liant dans le jeu argentin le contraint souvent à redescendre bas, beaucoup trop bas pour avoir son impact habituel. L'intéressé a d'ailleurs reconnu que son rendement était moyen dans cette Copa.

Au panthéon des plus grands, Lionel Messi est conscient qu'il ne lui manque qu'un titre majeur avec sa sélection pour dépasser Diego Maradona. Pendant de longues années, le natif de Rosario n'a rien laissé transparaître. Là où la faim et l'ambition de Cristiano Ronaldo ou Kylian Mbappé suintent, là où les paillettes accompagnent Neymar depuis ses débuts, Messi est toujours resté neutre, presque inexpressif. Mais cette sobriété s'est étiolée au fil des années, tant dans son apparence que dans son tempérament. Peut-être parce que son influence, aujourd'hui, n'est plus seulement technique dans cette équipe. Elle est aussi sociale. Comme un Zidane à son époque, Messi s'est découvert un tempérament de leader inhérent à son statut au fil des années.

Lionel Messi est bien humain

Le petit monde du foot pouvait être surpris, donc, quand un Messi a laissé éclaté sa colère après la petite finale. Le capitaine de l'Argentine n'a pas digéré la demi-finale contre le Brésil, estimant que son équipe aurait dû obtenir deux penalties. "On ne devrait pas faire partie de cette corruption", a-t-il tonné. "Tout est organisé pour que le Brésil gagne". Avant de verser dans l'ironie. "Espérons que la VAR fonctionne contre le Pérou".

Une sortie très remarquée avant un message tout aussi fort sur son compte Instagram. "Nous quittons cette Copa par un succès mais surtout, nous repartons tous avec la tête haute et la sensation que cette fois-ci, le football n’était juste pas avec nous. De par la manière dont nous avons joué, et parce que nous étions supérieurs au Brésil, nous méritions d’être en finale demain (dimanche). Il faut désormais regarder vers l’avant avec optimisme. Il y a de grandes fondations dans cette sélection, il vous suffit de lui laisser du temps".

La CONMEBOL n'a pas tardé à lui répondre en se fendant d'un communiqué laconique. "Dans le football, parfois, on gagne et parfois on perd et accepter le résultat d'un match avec loyauté et respect est un pilier fondamental du fair-play. Il en va de même pour les décisions d'arbitrage, qui sont humaines et ne seront jamais parfaites. Il est inacceptable qu’en raison d’incidents propres aux compétitions, dans lesquelles 12 nations ont concouru, toutes dans des conditions égales, des accusations sans fondement dénaturent la vérité et mettent en doute l’intégrité de la Copa America. Ces accusations représentent un manque de respect pour la compétition...". Cela n'altèrera certainement pas la colère d'un Lionel Messi plus déterminé que jamais à forcer son destin en montrant son vrai visage. Celui d'un immense champion. Avec tout ce qui va avec.