Adrien Rabiot, la saga du PSG

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Antero Henrique l'a confirmé, le jeune joueur ne restera pas au PSG. Et il restera sur le banc jusqu'à nouvel ordre, avec effet immédiat.

Le feuilleton « Adrien Rabiot au PSG » tourne au vinaigre, sans grande surprise. Concernant la prolongation de son bail au sein du club, Thomas Tuchel avait déjà percé un peu le mystère à l’issue de la rencontre entre le Paris Saint-Germain et Toulouse (1-0, 14e journée de Ligue 1 Conforama, le 24 novembre 2018) : "Je sais qu'il n'a pas dit oui. Et parfois, quand une belle femme ne dit pas oui pour un rendez-vous, c'est qu'elle dit non...". Lors de sa conférence de presse ce lundi, l'Allemand a confirmé ses doutes, ne pouvant "garantir qu’Adrien Rabiot finisse la saison ; il n’a pas dit oui au PSG donc tout est possible. C’était nécessaire d’avoir un numéro 6 déjà cet été, ce sera la même chose cet hiver". Un discours qui présageait plus un départ qu’une prolongation de contrat du milieu international français.

Mais après la sortie médiatique du directeur sportif Antero Henrique, sur Yahoo, tous les doutes sont dissipés. D’abord de la part du joueur, puisque le Portugais a confirmé qu’« il ne signerait pas de contrat et qu’il souhaitait quitter le club en étant libre à la fin de la saison, soit à l’expiration de son contrat ». Le choix du Français a donc bien été communiqué, mais pas de sa bouche directement, comme il l’avait promis après la victoire face aux Toulousains : "Tout ce qui se dit est inexact, je prendrai la parole en temps voulu". En attendant, la sanction est tombée pour le Titi : "Pour le joueur, cela aura d’ailleurs une conséquence très claire : il restera sur le banc pour une durée indéterminée". Un moyen désespéré de tenter de raisonner le clan Rabiot, dont sa maman qui n'est autre que le conseiller du joueur.

Car le club francilien a déjà vécu un retournement de situation lors de la dernière prolongation de contrat du milieu relayeur. En 2014, les différends avec son club formateur avaient déjà l’air insurmontables et la mère du joueur donnait le ton : "Nous ne prenons pas nos décisions en fonction de critères financiers", confiait-elle à l’époque au Parisien, "Ils ont leur importance, bien sûr, mais la priorité, c'est le projet sportif. De quel temps de jeu Adrien peut-il bénéficier dans un proche avenir ? Les conditions sont-elles réunies pour qu'il puisse poursuivre sa progression ?". Des mots qui résonnent encore aujourd’hui.

Depuis le match à Marseille (2-0, 11ème journée de Ligue 1, le 28 octobre 2018), le natif de Saint-Maurice a plus connu le banc de touche que les titularisations (trois seulement en championnat). En cause, d’abord son retard lors d’un rassemblement qui lui a valu une mise à l’écart du groupe (tout comme son coéquipier Kylian Mbappé), puis sa non-implication sportive. Considéré comme un véritable étendard du Paris Saint-Germain -parce qu'il est français et parce qu'il a été formé au sein du club de la capitale- il ne s’est pas adonné au jeu de la concurrence, alors que le nouveau coach ne garantit (presque) aucun poste. Sa nonchalance a eu raison de lui et l’ancien entraîneur de Dortmund n’a pas eu de mal à le remplacer rapidement, notamment par Julian Draxler

Adrien Rabiot Thomas Monconduit PSG Amiens Ligue 1 20102018

Un divorce entamé 

Pourtant, tout avait bien commencé entre les deux hommes. Adrien Rabiot, qui avait refusé une place de réserviste au sein de l’équipe de France quelques semaines avant la Coupe du monde 2018, avait pu participer à la présaison à Singapour. Époque, qui semble désormais lointaine, pendant laquelle l’Allemand ne tarissait pas d’éloges sur le joueur de 23 ans : "Il fait un travail formidable depuis le tout début, à chaque entraînement, chaque minute. Il prend ses responsabilités. J'aime beaucoup son état d'esprit. Il est talentueux, c'est évident, je ne pense pas que ce soit la fin. Il a encore d'autres étapes à franchir dans ce club. Il est important pour le PSG d'avoir des joueurs issus de son centre de formation".

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Le nouveau coach considère donc qu’il n’a plus rien à apporter à son jeune joueur. Pourtant, Adrien Rabiot s’est longtemps accroché à son club formateur, lui donnant sa priorité, et confiait, en privé, son envie de reste. Cependant, son entourage a toujours voulu maitriser la situation, notamment le fait de ne pas s'engager sur des contrats de longue durée, le Paris Saint-Germain ayant la réputation de ne pas laisser filer ses joueurs aisément. Sa mère a très souvent insisté sur le fait qu’il devait quitter le club, pour sa progression. De plus, l’aspect financier a également été largement évoqué, surtout lors de la prolongation et de la revalorisation salariale d’un de ses coéquipiers, également issu du centre de formation parisien : Presnel Kimpembe.

Mais Adrien Rabiot a toujours pu se vanter d’avoir le soutien de son Président, Nasser Al-Khelaifi, qui a absolument tout tenté pour retenir son joueur. Malheureusement pour lui, c’est Antero Henrique qui était au cœur des négociations et peu à peu la situation s’est dégradée jusqu’au point de non-retour. Avec un temps de jeu réduit, un public qui le hue à chacune de ses apparitions au Parc des Princes, des propositions dans d’autres clubs et la perspective d'une forte prime à la signature, la question aujourd'hui serait plutôt de savoir quel est son intérêt de rester à Paris ?

Le divorce avec le public parisien est entamé depuis plusieurs semaines, et le directeur sportif du club de la capitale en a rajouté une couche : "Il semble que le joueur et son représentant nous aient induit en erreur pendant plusieurs mois. Je dois ajouter que cette situation est irrespectueuse à la fois pour le club et pour les fans. Surtout venant d’un joueur qui a évolué sous nos couleurs depuis le centre de formation jusqu’à l’équipe première. Un joueur qui a toujours reçu le soutien total du club…". La situation est telle qu’il serait préférable pour Adrien Rabiot de quitter le championnat français et de redorer son blason à l’étranger.

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