Mercredi soir, le Vélodrome s’apprête à vibrer pour l’un de ces matchs qui marquent une saison. À la veille de la réception de Liverpool en Ligue des champions, Roberto De Zerbi s’est longuement exprimé face à la presse. Sans langue de bois. Entre préparation sportive, cicatrices encore ouvertes, mercato, avenir personnel et rapport aux critiques, l’entraîneur de l’OM a livré un message clair : ce rendez-vous européen dépasse largement les 90 minutes.
AFPOM : De Zerbi lâche tout avant Liverpool, entre ambition, cicatrices et piques assumées
Getty Images SportLiverpool, un défi qui se prépare autrement
Affronter Liverpool ne ressemble à aucun autre match. De Zerbi l’assume pleinement. Selon lui, la difficulté se situe moins dans l’approche mentale que dans la préparation purement footballistique.
« La préparation footballistique est plus difficile quand tu affrontes Liverpool, contrairement à la préparation mentale. C'est la progression que l'on doit avoir de notre côté. On doit penser que tous les matchs doivent être préparés de la même manière car notre histoire prouve qu'on peut gagner contre tout le monde », a-t-il lancé.
Le technicien italien refuse toute approche émotionnelle excessive. Pour lui, l’OM doit traiter ce choc comme les autres, avec rigueur et continuité. Une manière d’inscrire ce match dans un processus, pas dans l’exception.
Getty Images SportUn match décisif… mais pas un tournant unique
L’affiche impressionne. L’enjeu aussi. Pourtant, De Zerbi refuse de réduire la saison européenne à un seul résultat.
« Ce match peut changer la saison en Ligue des champions. Je ne pense pas qu'il faille penser à un résultat pour changer une saison. Le plus important est la façon dont on joue le match. Même une défaite, comme au Trophée des champions, peut nous booster », a-t-il ajouté.
Le message se veut subtil. Gagner reste l’objectif. Mais la prestation, l’attitude et la capacité à rivaliser comptent tout autant. Dans l’esprit du coach, la progression collective prime sur la lecture comptable immédiate.
Getty Images SportMercato : De Zerbi esquive, sans fermer la porte
Interrogé sur le mercato hivernal et notamment sur la piste menant à Ethan Nwaneri, De Zerbi a volontairement calmé le jeu.
« Concernant le marché des transferts, je pense que ce n'est pas le bon moment pour en parler. Nwaneri ? Je le connais, c'est un bon joueur. Mais il faut demander à Longoria », s’est amusé l’ancien coach de Brighton.
Pas de confirmation. Pas de démenti non plus. Le coach recentre le débat sur le terrain et renvoie clairement la gestion du dossier à la direction. Une posture classique, mais maîtrisée.
AFPSon avenir à Marseille, sans ambiguïté
Alors que les rumeurs surgissent régulièrement autour de son nom, De Zerbi a tenu à couper court à toute interprétation.
« Mon focus est sur Marseille. Je voulais venir ici, je suis là avant un match très important et dans ma tête il n'y a rien d'autre. Je me sens très bien dans cette ville et ce club », éclaircit l’Italien.
Une déclaration nette. L’Italien se projette dans le présent, avec l’OM, et uniquement l’OM. À la veille d’un choc continental, le timing n’a rien d’anodin.
AFPLe Trophée des champions, une blessure toujours vive
Impossible d’éviter le sujet. La défaite face au PSG au Trophée des champions continue de hanter De Zerbi.
« Dans le football, il y a deux équipes: une gagne et l'autre perd. Si tu arrives à mener juste avant la fin et tu perds, pour moi ce n'est pas vraiment une défaite. Contre le PSG au Trophée des champions, c'est une défaite qui va rester ancrée en moi, je ne vais pas l'oublier et vais y penser jusqu'à la fin de mes jours. Mais je ne me sens pas défait. On sait là où on pourrait mieux faire mais on doit donner le maximum. On essaye de gagner des trophées », a souligné De Zerbi.
Le ton se fait plus personnel. Cette cicatrice nourrit sa motivation. Pas de fatalisme. Juste une exigence plus forte.
Getty ImagesUne philosophie claire dans l’approche des matchs
Au fil des réponses, De Zerbi a aussi exposé sa méthode quotidienne auprès de ses joueurs.
« Je travaille avec mes joueurs en leur expliquant une chose simple: si on veut passer ce palier et se qualifier en Ligue des champions ou être près des trophées, il ne faut pas penser au match du lendemain. On a les qualités pour mettre Liverpool en difficulté. L'objectif est de trouver l'équilibre entre l'estime de soi et l'humilité parce que si on pense qu'on est trop fort, on fait des prestations comme contre Nantes », a-t-il fait savoir.
Tout est dit. Confiance, mais pas arrogance. Ambition, sans excès. L’OM doit grandir sans se brûler les ailes.
AFPHøjbjerg, le repère d’un groupe encore jeune
Dans un effectif en construction, certains profils jouent un rôle clé. Pierre-Emile Højbjerg en fait partie, même si des critiques pleuvent sur le Danois ou encore des rumeurs sur un potentiel départ du Sud de la France.
« Hojbjerg a le niveau élevé qui permet aux joueurs plus jeunes d'apprendre. Il a une forte personnalité et ce genre de joueurs est indispensable pour l'équipe. Si on encaisse beaucoup de buts en fin de matchs, c'est parce qu'on est une équipe jeune, qui se connaît assez peu. Cette saison, on a changé beaucoup de joueurs, en améliorant l'équipe. Si tu as un joueur comme Hojbjerg, le niveau s'élève du point de vue du football et de la personnalité », a-t-il précisé.
Leadership, expérience, stabilité. Le coach identifie clairement les manques et les leviers de progression.
AFPUne pique assumée envers les critiques
De Zerbi n’a pas résisté à une petite sortie bien sentie à destination des journalistes, au moment d’évoquer ses choix offensifs.
« Dans tous les cas, peu importe ce que je fais, je ferai une erreur quand même parce que je suis obligé d'en laisser deux forts sur le banc. Et puis après, vous, vous me critiquerez. Avant, personne ne dit rien, mais après vous parlez tous. Comme en Italie », a indiqué le coach marseillais.
Un sourire. Une vérité assumée. Le métier d’entraîneur reste exposé, quoi qu’il arrive.
AFPLe Vélodrome, facteur clé du rendez-vous
Enfin, De Zerbi s’est projeté vers l’ambiance attendue mercredi soir.
« Le Vélodrome, demain, sera aux couleurs de la fête. Avec la demande des billets, on pourrait remplir deux stades. Il faudra qu'on soit au niveau de l'ambiance. Pas seulement sur l'envie de courir mais aussi la personnalité. On va essayer de gagner le match », a-t-il conclu.
Le décor est planté. Reste à écrire l’histoire sur le terrain.

