Dimanche, Medhi Benatia annonçait son départ. Mardi matin, l’Olympique de Marseille confirme son maintien, avec des responsabilités renforcées. Frank McCourt, de retour dans la cité phocéenne, enclenche une série de rencontres décisives pour tenter d’éteindre l’incendie.
AFP
AFPBenatia reste et voit son rôle s’élargir
Le feuilleton n’aura pas traîné. Deux jours après avoir rendu publique sa démission, Medhi Benatia conserve finalement son poste de directeur du football. L’OM officialise la nouvelle dès ce mardi matin.
Dans son communiqué, le club précise : « Conscient de ses responsabilités vis-à-vis de l'institution, Medhi Benatia a accepté d'étendre son préavis jusqu’au mois de juin et pilotera l’ensemble des activités sportives ».
Le message ne laisse aucune ambiguïté. Benatia ne se contente pas de rester. Il prend les commandes du secteur sportif jusqu’à la fin de la saison. Ce choix marque une volonté claire de stabiliser l’organigramme.
Dans le même texte, le club indique que « le rôle de Pablo Longoria devrait évoluer vers ses responsabilités institutionnelles, afin de maintenir la représentation de l’Olympique de Marseille au sein des instances françaises et notamment européennes ».
Longoria conserve la présidence. Mais le pilotage sportif revient désormais à Benatia.
AFPMcCourt face aux joueurs et aux supporters
Frank McCourt n’a pas tardé. À peine arrivé à Marseille, le propriétaire américain se rend à la Commanderie. Accompagné de Benatia, il échange dès le matin avec le groupe professionnel. Objectif : resserrer les rangs. Redonner du cap. Relancer la fin de saison.
L’après-midi s’annonce tout aussi stratégique. McCourt et Benatia doivent rencontrer les leaders des groupes de supporters. Le climat reste lourd. L’élimination précoce en Ligue des champions par Bruges, la lourde défaite contre le PSG (5-0) en championnat, puis la crise interne liée au départ de Roberto De Zerbi et à l’annonce de la démission de Benatia ont laissé des traces.
Dans la nuit, plusieurs murs du centre Robert-Louis-Dreyfus et ses abords ont reçu des tags hostiles. Des messages ciblent Pablo Longoria et réclament son départ. Les journalistes de BFM Marseille ont constaté ces inscriptions dès mardi matin.
La tension ne se limite donc pas aux résultats sportifs. Elle touche aussi la gouvernance.
AFPUn scénario qui rappelle 2021
Ce type de séquence n’est pas inédit à Marseille. Lors de la précédente crise majeure, Frank McCourt avait déjà pris la parole pour calmer le jeu. En janvier 2021, environ 300 supporters s’étaient massés devant la Commanderie. Pétards, feux d’artifice, fumigènes. Certains avaient réussi à pénétrer dans l’enceinte. Des dégradations avaient suivi.
Quelques semaines plus tard, Jacques-Henri Eyraud quittait la présidence. Pablo Longoria prenait la relève. McCourt adressait une lettre ouverte aux supporters avant de les rencontrer. Aujourd’hui, la méthode semble similaire : dialogue direct et décision rapide.
AFPUn acte fort pour tourner la page
En maintenant Benatia et en redéfinissant les rôles internes, McCourt pose un acte fort. Il tranche. Il clarifie. Il tente de stopper l’hémorragie.
La fin de saison approche. L’OM doit retrouver de la cohérence sportive et institutionnelle. Les discussions avec les joueurs et les supporters peuvent servir de point d’appui.
À Marseille, tout va vite. La crise aussi. Mais la réaction, cette fois, ne s’est pas fait attendre.

