Prestianni Vinicius Junior Benfica Real MadridGetty Images

Benfica-Real Madrid : que risque Gianluca Prestianni après ses propos racistes envers Vinicius ?

Mardi, le succès du Real Madrid sur la pelouse de Benfica (0-1) en Ligue des champions n’a pas seulement offert un avantage sportif aux Madrilènes. Il a aussi ouvert un nouveau dossier sensible autour de Vinicius Junior, qui accuse Gianluca Prestianni de propos racistes. L’UEFA examine désormais l’affaire, et les conséquences pourraient être lourdes.

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    Une accusation en plein match

    À l’UEFA Champions League, chaque détail compte. À Lisbonne, tout bascule à la 50e minute. Après une frappe splendide en lucarne, Vinícius Júnior célèbre. Puis son visage change. Le Brésilien s’emporte et se dirige vers l’arbitre, François Letexier.

    Selon les images diffusées, l’ailier madrilène répète à plusieurs reprises "Mono! Mono!" pour expliquer ce qu’il vient d’entendre. Il désigne Gianluca Prestianni, jeune joueur de SL Benfica, comme auteur des propos.

    Letexier n’a ni vu ni entendu l’échange. Pourtant, face à la gravité de l’accusation, il applique immédiatement le règlement.

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    Le protocole antiracisme enclenché

    Le geste ne trompe pas. Bras croisés au niveau des poignets, l’arbitre active le protocole antiracisme instauré par l’UEFA et la FIFA. Trois étapes existent en cas d’incident : interrompre la rencontre, la suspendre temporairement, voire l’arrêter définitivement.

    L’annexe B du règlement de l’instance européenne précise que les arbitres doivent « arrêter le jeu, suspendre le match ou l'arrêter définitivement ». Le texte détaille ensuite la procédure : « Le match en question sera d'abord arrêté et une mise en garde adressée au public. Dans un deuxième temps, la rencontre sera suspendue pendant une certaine durée ».

    À l’Estádio da Luz, la pause dure huit minutes. Aucun message clair au public ne semble toutefois retentir. Le jeu reprend. Vinicius, lui, subit des sifflets à chaque ballon touché. Prestianni quitte la pelouse sous les applaudissements.

    La troisième étape du protocole prévoit que « le match sera définitivement arrêté et le match perdu par forfait pour l'équipe responsable » si les faits persistent. Ce scénario ne se produit pas ce soir-là.

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    Un risque disciplinaire majeur

    Le score ne raconte plus tout. Le dossier, désormais, quitte la pelouse pour rejoindre les bureaux de l’UEFA. L’instance étudie les rapports et les images. Si elle valide la version de Vinicius et de ses coéquipiers du Real Madrid, Prestianni encourt une sanction sévère.

    L’article 14 du règlement disciplinaire s’avère limpide : « Toute personne [...] qui porte atteinte à la dignité d'une personne pour quelque motif que ce soit, notamment sa couleur de peau, sa religion ou son origine ethnique sera passible d'une suspension d'au moins dix matchs pour une durée déterminée, ou de toute autre sanction appropriée ».

    Dix matchs au minimum. Le chiffre pèse lourd pour un joueur de 20 ans en pleine progression.

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    Démentis et réactions en chaîne

    La tension déborde rapidement des vestiaires. Sur Instagram, Vinicius dénonce un « protocole mal exécuté qui ne sert à rien ». Le message suscite de nombreux soutiens. Kylian Mbappé, visiblement furieux sur le terrain, lui apporte son appui. Thierry Henry fait de même tout comme Rio Ferdinand ainsi que plusieurs figures du football.

    Face à la tempête, Prestianni contre-attaque. Sur ses réseaux, il écrit : « Je tiens à préciser que je n'ai à aucun moment proféré d'insultes racistes à l'encontre du joueur Vinicius Júnior, qui a malheureusement mal interprété mes propos ».

    Son entraîneur, José Mourinho, cible plutôt l’attitude et la célébration du Brésilien du Real. Le club lisboète diffuse même une vidéo pour suggérer que les Madrilènes ne pouvaient pas entendre les paroles incriminées. En revanche, aucun message ferme contre le racisme n’accompagne cette communication.

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    Une affaire loin d’être close

    Le football européen se retrouve une nouvelle fois confronté à une accusation grave. Vinicius, déjà victime d’actes racistes par le passé, refuse de laisser passer. Prestianni nie catégoriquement. Entre les deux versions, l’UEFA devra trancher.

    La rencontre s’est achevée sur un succès madrilène. Pourtant, l’essentiel se joue désormais ailleurs. Dans les prochains jours, la décision de l’instance européenne fixera un cap. Soit elle confirme les faits et frappe fort. Soit elle classe le dossier faute de preuves suffisantes.

    À Lisbonne, la soirée ne s’arrête pas au coup de sifflet final. Elle marque peut-être le début d’une nouvelle bataille disciplinaire en Ligue des champions.

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