Le FC Nantes affronte ce mercredi soir l’Olympique Lyonnais en demi-finale de la Coupe de France (à 21h10). Un match que ne va pas pouvoir disputer Jaouen Hadjem, l’arrière gauche des Canaris. Ce dernier a été écarté du groupe par Antoine Kombouaré, l’entraineur de l’équipe.
Hadjam observe actuellement le ramadan. Il se prive de manger et de boire pendant toute la journée, y compris le jour des matches. Son coach respecte ses pratiques, mais il a établi une règle. Les joueurs musulmans de son effectif qui continuent de jeûner pendant les jours où leur équipe est de sortie ne figurent pas sur la feuille du match.
Saïb : « Il n’y a qu’en France que le ramadan gêne »
Kombouaré s’est privé de Hadjem le week-end dernier contre Reims (0-3). Il ne l’a pas retenu face à l’OL et va continuer à composer sans lui pendant deux semaines encore. « Il n’y a pas de problème entre nous. On s’appelle tous les jours et on est en accord. Je respecte ses convictions religieuses et lui respecte mon travail », a confié le technicien kanak en conférence de presse mardi.
L’attitude de Kombouaré envers son protégé a fait beaucoup réagir ces deux derniers jours en France. S’il y en a qui ont salué son choix à l’instar de Pascal Dupraz, d’autres se sont dits surpris par ce genre d’ingérence dans la vie privée de ses joueurs. Ça a été le cas notamment de Jérôme Rothen sur les ondes du RMC Sport ou encore de Demba Ba à travers les réseaux sociaux.
Evidemment, il n’y a pas qu’en France que cette affaire a pris une ampleur importante. De l’autre côté de la méditerranée, on a également beaucoup débattu sur le sujet. Moussa Saib, un ancien joueur des Verts mais qui est aussi connu pour avoir fait un long et brillant passage à Auxerre, est intervenu sur la chaine El Heddaf. Pour lui, la gestion de Kombouaré est scandaleuse. « Normalement, c’est un non-évènement pour moi. C’est une histoire qui ne doit même pas exister. Malheureusement, il n’y a qu’en France où le ramadan gêne et où les entraineurs se mêlent de tout. Moi, j’ai joué en Espagne et en Angleterre et j’ai fait le ramadan là-bas. Je n’ai jamais eu de problème. Même à Auxerre, avec Guy Roux, je lui ai expliqué ce qu’on fait », a-t-il confié.
« Kombouaré n’est pas dans son rôle »
Saïb a enchéri en indiquant que Hadjam devrait avoir la liberté de faire son métier tout en continuant à pratiquer sa religion sans restrictions. Et c’est à lui, et à lui seul, d’en assumer les conséquences ensuite. « Normalement, dans un monde professionnel, chacun est responsable de son corps et de ses performances. L’entraineur est là pour juger les performances, pas pour juger si le joueur a mangé ou pas. Moi, je trouve que ce n’est pas le rôle de l’entraineur de faire tout ça ».
Saïb ne comprend donc pas du tout l’attitude de Kombouaré. Pourtant, et il a oublié de le préciser, Guy Roux s’était comporté d’une façon similaire avec lui quand il était à l’AJA. Selon ce qu’il avait raconté dans son livre, le célèbre entraineur auxerrois avait tout fait pour que son milieu de terrain s’abstienne de jeûner les jours de match, et en particulier lors des rencontres importantes de la Ligue des Champions. Il est même allé jusqu’à voir un recteur de la mosquée de Paris pour convaincre de Saïb de faire des exceptions dans son jeûne pour ensuite rattraper les jours manqués à la fin du ramadan et quand il n’y a pas compétition.
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