Ligue 2 - Niort-Valenciennes déprogrammé : "une décision de bon sens" pour Mikael Hanouna

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Cela n'était encore jamais arrivé depuis l'instauration du protocole COVID. Le match de Ligue 2 entre Niort et Valenciennes, prévu mardi à 20 heures, a été déprogrammé à quelques heures du coup d'envoi pour la raison suivante selon la LFP : le Chamois Niortais n'a "pas été en mesure de fournir les attestations de suivi médical de sa délégation sportive pour le match considéré", provoquant de fait la déprogrammation de la rencontre.

Niort aurait dû jouer à 9

Si l'on se fie au protocole érigé par la Ligue, les clubs doivent au préalable envoyer une liste de 30 joueurs susceptibles de participer à la rencontre. Ils ont jusqu'à cinq heures avant le coup d'envoi pour faire parvenir au délégué principal du match une attestation certifiant que chaque membre de leur délégation a été testé négatif au coronavirus​ 24 à 72 heures avant le match et ne présente pas de symptômes de la maladie. Problème : Niort ne comptait que dix joueurs valides parmi les 30, dont deux gardiens, et se retrouvait dans l'incapacité d'aligner une équipe compétitive malgré que le règlement permette de démarrer la rencontre à neuf contre onze.

"Le matin du match, nous avions huit joueurs blessés ou suspendus et trois touchés par la COVID. Il en restait 19 sur la liste, dont neuf qui présentaient des symptômes. On aurait pu jouer à huit sur le champ, mais on ne pouvait pas prendre ce risque inconsidéré contre l'avis médical. Quand le docteur te dit que ce n'est pas possible, ce n'est pas possible !", explique pour Goal Mikael Hanouna, le directeur général délégué à l'opérationnel des Chamois.

"Je n'ai jamais pensé à autre chose qu'à protéger nos joueurs, les officiels présents au match et l'équipe adverse, reprend-t-il. En plus de cela, si on avait joué le match, cela n'aurait pas été une bonne publicité pour la Ligue, cela n'aurait eu aucun sens. Imaginez qu'on ait un blessé, l'arbitre fait quoi ? Il doit arrêter le match ?"

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Match reporté ou défaite sur tapis vert ?

On peut tout de même s'interroger sur le côté tardif de la déprogrammation. Niort a-t-il fait le nécessaire pour que tout soit réalisé dans les temps ? Sur ce point, Mikael Hanouna est formel et retrace le film de l'histoire : "On a joué vendredi à Troyes, puis on a fait les tests le dimanche. Lundi soir, on a eu les résultats des trois Covid que j'ai cité, dont deux avec de très forts taux de contamination. On a fait repasser cinq autres tests et on a eu les résultats que mardi matin. On s'est alors retrouvé à 11 heures, comme c'était prévu, pour la mise au vert et cinq autres joueurs ont signalé des symptômes. Ils ne pouvaient donc pas jouer le match, on les a renvoyé chez eux, mais entre temps, quatre autres joueurs ont aussi déclaré des symptômes, portant à neuf le nombre de joueurs susceptibles d'être touchés par la Covid. A partir de là, le docteur s'est mis en relation avec les personnes compétentes pour le médical, et moi-même j'ai pris contact immédiatement avec la Ligue pour leur faire savoir que nous ne pourrions pas disputer la rencontre."

"Niort, c'est 1000 matches pro, dit-il. Depuis le début de la saison, on organise des matches. On sait comment remettre les papiers, mais on s'est retrouvé face à une situation exceptionnelle où il a fallu réagir de manière exceptionnelle en prenant une décision de bon sens en accord avec notre docteur qui était contre la tenue du match."

Le dossier a été transmis à la Commission des Compétitions de la LFP qui va maintenant étudier les suites à donner. Début janvier, probablement le 6, la Commission décidera alors du report du match ou de la défaite de Niort sur tapis vert. De son côté, peu importe l'issue, Mikael Hanouna reste ferme et conclut : "Si cette situation se présente à nouveau, je referai la même chose. On ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi dans le contexte sanitaire."