Vincent Labrune MarseilleGettyimages

Incidents OL - OM : Labrune se dit choqué et furieux

Le football français traverse actuellement une vraie crise suite évènements qui ont eu lieu dimanche à Lyon. Dimitri Payet a été touché par une bouteille lancée des tribunes. Un incident de plus provoqué par les supporters et qui illustre l’insécurité qui règne désormais dans les stades hexagonaux.

Et, à ce regrettable incident se sont aussi ajoutés une succession d’attaques verbales et de réactions aussi surprenantes les unes que les autres. Celles de Jean-Michel Aulas figuraient parmi les plus controversées. Le président lyonnais n’a pas daigné de regarder la réalité en face, et il s’est plutôt attelé à charger les marseillais et à dédouaner ses supporters.

« Ne pas transiger avec l’intégrité des acteurs »

Parmi ceux que l’on montre du doigt depuis dimanche soir il y a Ligue 1, coupable selon les observateurs de ne pas se montrer assez sévère envers fautifs et les clubs qui les abritent. Pourtant, les instances dirigeantes ont le sentiment d’avoir tout bien fait depuis l’entame de la saison si l’on en croit les propos tenus par Vincent Labrune dans L’Equipe. « Je suis furieux, car ce n'est pas comme si la LFP n'avait pas anticipé ces sujets de troubles à l'ordre public dans les stades. Dès notre conseil d'administration de rentrée, en août, nous avons fait part aux clubs de notre vive inquiétude quant au bon déroulé de la saison, en leur demandant les plus grands efforts et la plus grande vigilance dans l'organisation de leurs matches. Dès le lendemain de ce conseil, nous avons écrit aux pouvoirs publics pour les sensibiliser, eux aussi, à ce sujet et pour leur faire comprendre à quel point nous avions besoin d'eux tant nous sommes démunis dans notre arsenal de sanctions. Et depuis cette date, nous n'avons jamais sanctionné aussi durement que cette saison ces actes de violence. »

L’ancien président de l’OM a poursuivi en pointant du doigt ceux qui sèment le désordre tout en regrettant la mauvaise gestion de ce genre de crise : « Je suis choqué qu'en 2021, après tous les événements que nous avons vécus depuis le début de la saison, il y ait encore des imbéciles qui soient en situation de jeter des projectiles sur les joueurs ou les arbitres. Je suis choqué, encore, que l'on mette deux heures pour prendre une décision qui relève de l'évidence et qui aurait dû être prise en deux minutes. Car il est évident que quand un acteur est touché, le match ne peut pas reprendre. On ne peut, sous aucun prétexte, transiger avec l'intégrité des acteurs et il ne peut pas y avoir de deuxième chance à mes yeux. Le match doit être interrompu, point final. »

« Urgent de s’unir et affronter ensemble ce problème de société »

Appelé à donner les solutions pour que ce genre d’incidents ne se reproduise plus à l’avenir, Labrune a déclaré : « Je pense qu'il est urgent de lancer une grande concertation nationale concernant la violence dans les stades. Cette gangrène va nous tuer si nous ne réagissons pas urgemment. Nous allons en parler, dès demain (mardi) aux 20 clubs de Ligue 1, qui venaient au départ pour traiter de sujets économiques. Il va de soi que ces sujets seront très largement remis en cause s'il n'y a pas une prise de conscience générale de leur part de l'urgence d'éradiquer la violence dans les stades. Nous nous entretiendrons aussi avec les ministres de l'Intérieur et des Sports qui nous reçoivent demain matin Place Beauvau. Il est urgent de s'unir et d'affronter ensemble ce problème de société, de proposer des solutions plutôt que de « balancer » des petites phrases assassines totalement inutiles qui donnent du grain à moudre aux supporters ».

Enfin, Labrune a évité de faire le procès d’Aulas, faisant savoir qu’il comprenait le fait qu’il manque de discernement dans ses propos à chaud. « C’est quelque chose que je comprends. J'ai été six ans président de l'OM et ça m'est arrivé, notamment sur un Marseille-Lyon, épique à l'époque. J'ai eu un peu le même type de réaction que Jean-Pierre et Jean-Michel. De bonne foi, je n'étais pas au courant qu'il y avait une mini-potence de Mathieu Valbuena dans les tribunes du stade. Quand on est dans l'action, on n'a pas accès à toutes les données et parfois on manque de hauteur. Ceci dit, quand on est la LFP, on doit en prendre, alors que les présidents de clubs ont des circonstances atténuantes en réagissant parfois maladroitement. Mais il ne faut pas être aveugle non plus ».

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