ENTRETIEN - Romain Genevois : "J'aurais aimé finir sur une meilleure note à Caen, pour le club et les supporters"

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En exclusivité pour Goal, Romain Genevois (31 ans) revient sur son départ du SM Caen. Libre de tout contrat, il espère trouver un nouveau challenge.

EXCLU GOAL - Romain Genevois, qui jouait au SM Caen depuis 2016, est officiellement libre depuis le 1er juillet. En quête d'un nouveau challenge, le défenseur de 31 ans s'est longuement confié à Goal. Un entretien dans lequel l'ancien Caennais dévoile ses envies pour la suite. Il exprime aussi ses regrets de ne pas avoir pu aider davantage ses partenaires pour le maintien la saison passée en raison d'une blessure au tendon d'Achille l'ayant privé de la quasi-totalité de la saison (6 matches de Ligue 1 disputés, ndlr). Au sortir d'une année blanche, il espère ainsi rebondir et se veut rassurant sur son état de forme.

Dans quel état d'esprit êtes-vous alors que vous êtes sans club aujourd'hui ?

Romain Genevois : Je suis plutôt bien, je me sens en pleine forme après une bonne rééducation. Je suis reparti de zéro, je n'ai pas chômé, et même si pour l'instant je n'ai pas trouvé de projet intéressant, je n'ai pas envie de gâcher tout ce travail que j'ai effectué pour revenir.

À quoi ressemble votre quotidien actuellement ? Est-ce difficile de s'entraîner loin d'un groupe ?

Ça me manque, évidemment. Mais je suis quelqu'un de travailleur et j'ai suffisamment d'expérience pour savoir ce que je dois faire. Je cours tous les jours et je fais tout ce qu'il faut pour être prêt à relever un nouveau challenge.

On vous sent rassurant sur votre état de forme. Pourquoi autant de confiance ?

Déjà, quand je suis revenu de blessure, je me sentais mieux qu'avant... C'est bizarre, mais ça s'est confirmé avec les tests que j'ai fait ensuite. Je suis toujours sur cette lignée. Je n'ai eu qu'une dizaine de jours de vacances et je n'ai rien perdu de mon état de forme.

Ne craignez-vous pas que votre blessure au tendon d'Achille, qui vous a lourdement handicapé la saison dernière, puisse inquiéter certains clubs ?

Ça peut inquiéter les clubs... Mais je me suis fait opérer par un bon chirurgien. Tout s'est bien passé et aujourd'hui il faut vraiment que je regarde mon tendon pour être sûr que je me suis fait opérer. Ce qui me rassure aussi, ce sont mes bonnes sensations. Ma saison a certes été gâchée par cette blessure, mais avant cela je restais sur une bonne dynamique. Le club voulait même me prolonger, et ma blessure n'a rien changé. Ils connaissaient l'homme, ils connaissaient le joueur. Ils savaient que j'allais revenir en forme et même si au final ça ne s'est pas fait, ça m'a permis d'être confiant pour la suite.


"J'ai eu le directeur sportif de Grenoble au téléphone..."


Alors pourquoi cette prolongation n'a-t-elle pas abouti avec le Stade Malherbe de Caen ?

Pour plusieurs raisons, on n'est pas tombés d'accord. Les résultats n'ont pas aidé non plus avec cette descente. Tout a été mis en stand-by et ça ne s'est pas terminé de la meilleure manière pour moi. J'aurais aimé être plus présent, être une aide supplémentaire à l'équipe, car je suis quelqu'un sur qui on peut compter, qui donne le maximum sur le terrain. Je voulais finir sur une bonne note afin de remercier le club et les supporters pour les belles années que j'ai vécues ici.

Que voulez-vous leur dire aujourd'hui à ces supporters ?

Que je les remercie tout simplement. Ils ont témoigné beaucoup de sympathie à mon égard. Même quand j'étais blessé, ils m'ont toujours soutenu. Je les remercie parce que ça m'a donné la force pour continuer et tout faire pour revenir. J'ai adoré jouer ici, dans ce stade souvent plein.

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Romain Genevois Caen

Finalement, votre regret, c'est aussi de ne pas avoir pu aider vos partenaires. C'est comme si vous vouliez sauver quelqu'un de la noyade, mais que vous ne pouviez pas plonger pour l'aider.

C'est exactement ça, je me sentais impuissant. J'allais voir les matches en tribune et les supporters me disaient "il faut que tu reviennes, il faut que tu reviennes..." J'avais envie, je voulais être là. Malheureusement, je ne pouvais pas. Je restais en marge du groupe et ce n'était pas facile.

Comment imaginez-vous la suite désormais ?

Je suis frais et dispo pour une nouvelle aventure en France ou à l'étranger. Je veux juste un projet qui me convienne. Il y a des discussions. Certains clubs pourraient m'intéresser, mais ça demande réflexion parce que je suis à un moment important de ma carrière et j'ai besoin de me laisser le temps pour choisir ce qui me conviendra le mieux.

Grenoble, Troyes (L2), des clubs turcs et israéliens vous auraient approché. C'est du sérieux ?

Pour l'instant, Grenoble est le club qui a montré le plus gros intérêt. J'ai eu le directeur sportif (Max Marty, manager général, ndlr) au téléphone. Pour le reste, on verra... Je n'ai pas envie de me précipiter.


"Ma polyvalence m'a peut-être desservi, mais je suis un soldat"


Qu'est-ce qui pourrait faire pencher la balance pour un club plus qu'un autre ?

J'ai toujours fait le choix sportif en premier lieu. C'est ce qui m'a permis de m'imposer là où on ne m'attendait pas forcément. Mais aujourd'hui, j'arrive à un moment de ma carrière où il faut aussi penser un petit peu à l'aspect financier. J'ai encore quelques belles années devant moi, mais c'est à prendre en compte, en sachant que je ne partirai pas juste pour prendre l'argent. Il faudra que ma femme et mes enfants puissent s'enrichir et s'épanouir là où je vais atterrir.

Avec le recul, vos plus belles années ont été à Nice avec deux saisons à plus de 30 matches entre 2013 et 2015. Pensez-vous qu'on reverra le Romain Genevois de cette époque-là ?

C'est vrai que Nice est le club avec lequel je me suis le plus épanoui dans l'élite, après Tours. J'ai réussi à m'inscrire dans un projet de renouveau sous l'ère Puel. C'était le départ du projet niçois. Je suis fier de cette étape. J'ai progressé et grandi avec ce club. J'ai affronté des grands joueurs comme Ibrahimovic et tant d'autres. Aujourd'hui, je n'ai pas envie de dire qu'on va retrouver le Romain Genevois de cette époque-là car les gens qui ont été présents à Caen ont vu que j'avais toujours mes qualités. Le seul regret là-bas, c'est de ne pas avoir pu enchaîner les matches pour pouvoir les exprimer sur la durée.

De ce point de vue-là, votre polyvalence vous a peut-être pénalisé...

Pour être tout à fait honnête, j'étais venu à Caen pour jouer dans l'axe et m'ouvrir des portes intéressantes, pourquoi pas en Premier League. Ma polyvalence ne m'a peut-être pas trop servi, c'est vrai... Je suis vite passé sur le côté. Il a fallu que je digère cette déception parce que je voulais montrer ce que je savais faire dans l'axe. Après, je suis un soldat. Je suis là pour le groupe et je pense que le moment où ça m'a le plus desservi c'est lors de ma deuxième saison. J'ai remplacé Alex Djiku pendant quelques mois, il a repris sa place après sa blessure et je n'ai pas pu enchaîner à ce poste alors que je restais sur de bonnes performances... Le coach Patrice Garande le regrettait d'ailleurs. Il l'a dit plus d'une fois devant le groupe. Il y avait de la concurrence, mais je n'ai pas lâché. Je suis toujours resté professionnel.

L'idée est donc de continuer dans l'axe maintenant ?

C'est ça. Je suis d'abord un axial, qui peut dépanner au poste de latéral selon les besoins de l'équipe.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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