Christian Koffi FiorentinaGetty

ENTRETIEN - Christian Koffi (Fiorentina) : "Ribéry est un modèle depuis tout petit"

Il est incontestablement l'un des meilleurs joueurs de la Primavera. Christian Koffi, 20 ans au mois d'août, fait les beaux jours de l'équipe jeune de la Fiorentina depuis bientôt deux années. Une révélation en Italie, qui attisera encore les convoitises cet été.

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L'attaquant Franco-ivoirien avait préféré décliner la proposition de l'AS Monaco en 2018 pour partir à l'étranger. À l'époque, Liverpool était également sur les rangs pour l'accueillir, mais c'est donc la Fio qui a eu le dernier mot. Un choix que l'intéressé ne regrette pas une seconde. 

Aujourd'hui, il apprend aux côtés de grands noms comme Franck Ribéry (37 ans). Un modèle pour lui depuis tout petit.

Goal : Vous avez vécu le confinement seul en Italie, ce n'était pas trop compliqué ?

Christian Koffi : Un petit peu au départ. La solitude, c'est difficile. Mais comme tout le monde, je me suis habitué petit à petit, et je trouve que l'ai plutôt bien vécu.

Comment se passait votre quotidien à Florence avant cet arrêt soudain en raison de l'épidémie de Covid-19 ?

Honnêtement, super bien ! Dès mon arrivée au club, on m'a imposé des cours d'italien pour faciliter mon acclimatation. J'ai suivi ces cours pendant presque deux mois, en dehors des entraînements où j'ai pu apprendre encore plus vite. Maintenant, je parle correctement l'Italien. Je peux discuter avec tout le monde sans problème, et ça se passe vraiment bien. Pour l'anecdote, j'ai même déjà fait des interviews en Italien[rires].

Après deux saisons avec la Primavera, on imagine que vous aspirez à intégrer l'équipe première ?

Je ne pourrai plus jouer en Primavera la saison prochaine de toute façon, donc oui c'est l'idée. J'ai passé deux superbes années, réussies dans l'ensemble, et pour le futur je vais surtout privilégier le projet sportif dans un club qui me fera confiance. J'ai la volonté de m'entraîner régulièrement avec une équipe première et je sais que la saison prochaine sera importante pour moi. Je suis prêt à 100% à passer ce cap.

Le groupe pro, vous l'avez connu pour la première fois en mai 2019 contre l’AC Milan. Qu'aviez-vous ressenti à ce moment-là ?

J'étais super content. C'était un moment important, contre le Milan, et à domicile en plus. Ce n'est pas donné à tout le monde d'intégrer l'équipe une dès sa première saison. Je ne peux que remercier le coach (Vincenzo) Montella pour sa confiance. C'était inoubliable !

Le coach a changé depuis : est-ce que vous sentez que la Fio est encore en capacité de vous offrir le bon projet sportif ?

C'est possible. On en parle en interne, avec mon agence Simbioze Football. La Fiorentina est un grand club. Il y a un nouveau projet avec beaucoup de grands noms. La concurrence est féroce, mais c'est bien, ça me fait progresser. On verra ce qui se passera, mais si je dois rester à la Fio, c'est tant mieux vraiment.

"C'est comme une légende pour moi, il a fait tellement pour ce sport"

Comment avez-vous réagi à l'arrivée de Franck Ribéry l'été dernier ?

Je l'ai vu comme une opportunité d'évoluer avec un grand joueur, d'apprendre beaucoup de lui. C'est une personne dont on parle souvent en France. C'est comme une légende pour moi. Il a fait tellement pour ce sport qu'on ne peut qu'admirer son travail.

C'est une sorte de modèle ?

Bien sûr que c'est un modèle. Mais depuis tout petit déjà ! Et maintenant, le voir en vrai, c'est encore autre chose.

Vous donne-t-il quelques conseils pour la suite ?

Oui, il est super sympa. Il est simple. C'est une très bonne personne avec les jeunes.

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Ribéry a rempli sa vitrine de trophées, avec le FC Bayern notamment. Quid pour vous de la finale de Coupe d’Italie Primavera que vous pourriez gagner pour la deuxième année de suite ?

C'est l'objectif de la fin de saison, à condition qu'il soit possible de jouer cette finale. Je pense que ça va être compliqué voire impossible de reprendre les championnats de jeunes, mais pour la finale de Coupe d'Italie Primavera, sur un match, ça me paraît faisable. On est champion en titre, c'est la première fois que le club joue cette finale deux années de suite, donc ce serait bien qu'on puisse la disputer.

Vous êtes donc dépendants du choix des instances concernant cette finale aujourd'hui ?

C'est exactement ça. On attend d'en savoir plus, mais ce serait vraiment dommage de ne pas la jouer. Même si ce sera peut-être notre seul match de la fin de saison, ça viendrait clôturer une belle aventure pour toute une génération.

Comment gardez-vous la forme en ce moment ?

Je travaille énormément à la maison. Je peux courir dehors avec le déconfinement. J'essaye de rester en forme au cas où l'équipe première m'appelle, et s'il y a une éventuelle reprise avec la Primavera. Je fais le maximum pour garder le rythme, même si tout se fait en individuel.

"J'étais très flatté par l'intérêt de Liverpool en 2018, mais je n'étais pas encore prêt"

Avant de rejoindre la Fiorentina, vous étiez annoncé du côté de Liverpool. Que s'est-il passé ?

Tout s'est joué un petit peu au dernier moment. J'étais très flatté par l'intérêt de Liverpool, mais j'ai fait le choix de la Fiorentina pour ma progression. Je ne voulais pas brûler les étapes. Liverpool, c'est plus qu'un grand club et je n'étais pas encore prêt, d'autant qu'en 2018 l'équipe tournait bien là-bas. Je ne pouvais pas prétendre à ça maintenant, c'est la vérité.

Aimeriez-vous jouer un jour en Angleterre ?

Pourquoi pas. Ce n'était pas le bon moment à l'époque, mais ça reste dans un coin de ma tête. On ne sait pas de quoi est fait demain...

Vous n'avez aucun regret d'être parti si tôt à l'étranger ?

Aucun. Dans le football, il faut parfois prendre des risques en partant à l'aventure. On se doit d'avoir confiance en soi je pense. Et même si ce n'est jamais facile de partir tôt à l'étranger, il fallait que je le fasse. Je n'ai eu que des satisfactions depuis mon départ de Monaco et je suis très content d'avoir fait ce choix.

Que retenez-vous de vos années monégasques ?

Une finale en U17 du championnat de France qu'on avait perdu contre le PSG... Non, mais je ne retiens que des bons moments. J'ai beaucoup appris à l'AS Monaco, sur le terrain et en dehors. J'ai dû faire un choix à un moment donné. J'ai préféré partir, mais ça ne veut pas dire que ça se passait mal. J'aspirais à autre chose, c'est tout.

En tant que Franco-ivoirien, avez-vous tranché pour votre avenir international ?

Pas pour l'instant. La sélection est dans la tête de chaque joueur, mais là je me concentre sur l'éventuelle fin de saison qui nous attend avec la finale de Coupe d'Italie Primavera. On fera un choix ensuite pour mon futur. Concernant la sélection, je ne sais pas encore.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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