Herve Renard Morocco

CAN 2019, Maroc : Les Lions de l’Atlas avancent à pas de Renard

Et si c’était l’année du Maroc ? C’est une question qu’il est légitime de poser, après plusieurs mois de bons résultats sous l’égide d’Hervé Renard et surtout trois victoires -certes étriquées mais sans encaisser de but- dans le groupe D de cette CAN 2019.

Les Lions de l’Atlas, dont le seul trophée continental remonte à 1976, se sont montrés réellement convaincants lors du premier tour. Une défense très forte dans l’anticipation et dans le duel, emmenée par le duo Saïss-Benatia. Un milieu de terrain à trois hommes terriblement complémentaires, composé du solide et précis Karim El Ahmadi, du toujours très fin Mbark Boussoufa et du baroudeur Younes Belhanda. Sans oublier les tauliers offensifs devant : Nordin Amrabat (32 ans), étincelant et tellement frais lors de ce premier tour malgré son statut de joueur d’Al Nassr en D1 saoudienne, le généreux attaquant de pointe Youssef En-Nesyri, tous les deux soutenus par l'un des grands messieurs de la dernière Ligue des champions, Hakim Ziyech.

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Qu’il est loin le temps où les joueurs vivant au Maroc et ceux nés aux Pays-Bas se jalousaient. Se tiraient dans les pattes. Ne faisaient pas l’effort de se comprendre. Visaient des privilèges et en vivaient. L’arrivée d’Hervé Renard en février 2016 a rebattu les cartes : il a imposé sa vision et ses méthodes de travail à la Fédération Royale Marocaine de football (FRMF), qualifié le Maroc à sa première Coupe du monde depuis 1998 et construit un groupe sain et solidaire.

Fini le football de solistes : tous les talents doivent entrer dans le moule et laisser de côté la nostalgie trop lointaine de la pétillante CAN 2004 (battus en finale par le pays organisateur, la Tunisie, les Lions avaient marqué 14 buts en six matchs, emmenés par Naybet, Chamakh, Safri, Mokhtari, Ouaddou ou encore Youssouf Hadji). Toujours éliminés au premier tour depuis leur épopée tunisienne (et absents en 2010 et en 2015), les Lions marocains ont régénéré leur tanière sous l’impulsion de Renard. Là où les locaux Fathi Jamal, Rachid Taoussi et Badou Zaki, le Français Roger Lemerre ou l’ancien entraîneur de l’OM Éric Gerets ont échoué, l’entraîneur savoyard a naturellement imposé son autorité.

Herve Renard Morocco

Et il a su s’adapter : ainsi, il n’a pas hésité à reconnaître publiquement qu’il avait manqué de psychologie envers Ziyech, en l'écartant de la CAN 2017, ce pour quoi l'ailier de l'Ajax Amsterdam lui en a beaucoup voulu. L’humilité et l’honnêteté de Renard sont très appréciées de son groupe.

Résultat : si son équipe n’est pas toujours flamboyante, elle fait déjouer quasiment toutes les oppositions, grâce à des joueurs dont l’intelligence de jeu et la capacité d’adaptation tactique permettent d’user considérablement l’adversaire. Certes, le Maroc n’a marqué que trois buts depuis le début de la compétition mais les Lions de l’Atlas restent très efficaces dans les phases de transition, très disciplinés lors de leurs temps faibles et sont capables d’effectuer un pressing déroutant pendant 90 minutes. Il s’agit là d’une constante des collectifs entraînés par le Français : la Zambie, championne d’Afrique 2012 et la Côte d’Ivoire, victorieuse en 2015 étaient déjà de formidables équipes de contres, solidaires et d’une solidité défensive remarquable.

Après une CAN 2017 terminée en quarts de finale face au finaliste égyptien et une Coupe du monde 2018 qui a permis de donner confiance au groupe, grâce à de belles résistances contre le Portugal et l’Espagne, l’heure de la consécration a peut-être enfin sonné pour les Marocains.

Pour confirmer si les Lions marchent sur les traces de 2004, voire même sur celles de 1976, il faudra qu’Hervé Renard remporte aussi ce soir son match dans le match contre un autre redoutable “déjoueur”, le sélectionneur du Bénin et compatriote Michel Dussuyer. Avantage Renard, qui avait battu l’ancien gardien de but, alors à la tête des Éléphants ivoiriens, lors de la phase de groupes de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Score final ? 1-0, bien évidemment…

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