Un an jour pour jour après le sacre mondial des Bleus en Russie, face à la Croatie en finale (4-2), l'émotion est toujours aussi intense chez Didier Deschamps et Guy Stéphan. Le sélectionneur et son adjoint, à la tête de l'Équipe de France depuis sept ans, évoquent ce lundi dans Le Parisien le chemin parcouru depuis avec notamment cette deuxième étoile accrochée au maillot tricolore.
Interrogés sur ce qui a changé depuis un an, les deux hommes forts à la tête des Bleus livrent des témoignages presque semblables. "J'avais une vie personnelle avant. Elle est restée la même. C'est sur le plan professionnel que ma vie a changé : il n'y a rien de mieux pour matérialiser la réussite qu'un titre mondial. Atteindre l'objectif suprême procure un énorme plaisir et suscite une forme de reconnaissance", indique Deschamps.
"J'ai toujours le même nom et le même prénom. Ce qui a changé peut-être, c'est le regard des autres. Dans la rue, les gens ne me disent pas félicitations, mais merci pour ces moments, pour l'émotion et tous ces sentiments qui les ont traversés ce 15 juillet", affirme de son côté Guy Stéphan.
Pour Didier Deschamps, la certitude de décrocher cette Coupe du monde 2018 est arrivée avant la finale, après le succès difficile à aller chercher contre la Belgique en demi-finale. "Deux jours après la qualification face à la Belgique. C'était en moi. J'étais habité par ça. Pourtant j'avais eu du mal à trouver le sommeil après cette demi-finale. J'étais tourmenté. C'est la seule fois où ça m'est arrivé durant la compétition. Ça n'a pas duré. Dès le jeudi, je suis habité par cette conviction profonde. Elle ne m'a plus quittée. Je ne l'ai pas fait partager à mon staff. Mais c'est très agréable de savoir que c'est notre jour, notre heure."
Getty"J'ai une confiance aveugle en Guy"
Par rapport à leur duo et leur relation coach/adjoint qui dure depuis un bon moment, le champion du monde 1998 et 2018 livre son impression. "Guy a l'expérience du très haut niveau. J'ai une confiance aveugle en lui. Notre relation est basée sur une franche complicité. De la loyauté et des affinités aussi. On n'a pas le même caractère, mais on partage un certain humour décalé. Parfois on est les seuls à se comprendre. C'est du deuxième voire du troisième degré."
Guy Stéphan approuve cette complicité qui remonte à 2009 et l'Olympique de Marseille, avec le doublé Coupe de la Ligue/Ligue 1 réalisés lors de leur première saison. "C'est une fierté. À l'OM, on a su passer sans encombre les difficultés qu'on a rencontrées pour gagner six trophées en trois saisons. Avec les Bleus, depuis sept ans, tout n'a pas toujours été simple, même si nous avons pu compter sur le soutien sans faille de notre président et de la Fédération. Mais on a toujours fait front, avec Franck (Raviot) et le staff. J'ai le sentiment qu'on a toujours su se remettre en cause et que l'équipe n'a jamais cessé de progresser."
