La parenthèse internationale refermée, l’Olympique de Marseille replonge aussitôt dans un programme étouffant où chaque rencontre peut changer le cours de la saison. Nice-OM ouvre la 13e journée, et ce rendez-vous tombe dans un moment particulier : les Bleus ont composté leur billet pour le Mondial 2026, mais du côté marseillais, la trêve n’a pas offert que des bénéfices. Roberto De Zerbi a dressé un tableau clair, presque chirurgical, de l’état de son groupe et des défis qui attendent son équipe. Entre retours, absences, gestion mentale, ambitions continentales et exigences de jeu, l’entraîneur italien a multiplié les messages, parfois directs, parfois voilés, mais toujours lourds de sens.
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AFPUne trêve utile, mais marquée par des pertes importantes
Interrogé sur la manière dont le groupe a travaillé pendant cette période internationale, Roberto De Zerbi n’a pas cherché à enjoliver la situation. Il n’a pris aucun détour : « On a bien travaillé, on a récupéré quelques joueurs même si on en a perdu aussi. Vermeeren est avec nous depuis lundi, Aubameyang n'a fait qu'un seul match est arrivé plus tôt ».
En quelques mots, il résume une réalité : l’OM a progressé, mais jamais sereinement. Le coach a aussi insisté sur plusieurs axes de travail. L’objectif ? Fluidifier les circuits de passes, accélérer les transmissions, éviter la lourdeur dans les zones décisives :
« On a travaillé sur la mobilité des joueurs, des plus proactifs, de bouger plus facilement le ballon. Il faut aussi augmenter un peu l'intensité, car à chaque fois qu'on fait des sessions de finition pour être moins fatigués, c'est difficile de s'améliorer même si on n'a peu de temps pour travailler ».
Une phrase qui en dit long sur le défi du moment : améliorer le jeu, sans disposer du temps nécessaire.
AFPLes coups de pied arrêtés, un chantier constant
Il ne s’est pas défilé non plus lorsqu’il a été question des phases arrêtées, souvent critiquées cette saison :
« C'est toujours quelque chose qu'on travaille. Le tireur est celui qui fait la différence. Emerson ou Mason Greenwood sont deux bons tireurs. On n'a pas marqué dernièrement mais on a quand même été dangereux. Sur les derniers 20m, on peut faire mieux, c'est vrai ».
Les mots sont simples, mais le message est clair : l’OM progresse, mais le travail n’a rien d’achevé.
AFPL’absence d’Aguerd, un choc, mais pas une excuse
La mauvaise nouvelle majeure de la trêve concerne Nayef Aguerd. Victime de pubalgie, le défenseur central a dû renoncer à la sélection marocaine pour revenir à Marseille lors de la trêve. Et le coach ne cherche pas à la minimiser :
« C'est un joueur irremplaçable, mais il faut quand même jouer quand il n'est pas là. Balerdi revient, Kondogbia aussi. Medina est toujours blessé et Murillo s'est fait mal en sélection. Aguerd, c'est une lourde absence. Mais il faut qu'on prenne des points et qu'on joue bien même en comptant ces blessés ».
Le message est presque brutal : même touché, même diminué, l’OM n’a plus le luxe d’économiser des points.
GettyNice important, Newcastle crucial : un équilibre difficile à trouver
L’OM retrouve la Ligue des champions dès mardi avec un rendez-vous brûlant face à Newcastle. Pourtant, De Zerbi refuse de faire basculer son esprit trop tôt vers l’Europe :
« Les matchs des mois précédents étaient importants aussi. Le mois était très important, il y avait des matchs rapprochés. On aurait pu mieux faire, on a eu quelques problèmes. On connaît l'importance du match contre Newcastle. Mais Nice est important aussi. Si on a les qualités pour être arrivé jusqu'ici, on peut encore passer un palier ».
Il en ressort une vérité : l’OM joue gros partout, tout le temps.
AFPBalerdi, l’un des piliers du projet De Zerbi
Interrogé sur le défenseur argentin Leonardo Balerdi, qui a retrouvé le groupe après quelques jours d’absence et de copies indigestes, l’Italien a livré un constat limpide :
« C'est toujours un joueur clé de cette équipe, titulaire et capitaine de notre équipe. C'est une saison importante pour lui aussi. Il faut être toujours à 100% sur tous les fronts, on veut arriver au bout de toutes les compétitions. La seule chose qui m'inquiète, ce sont les blessés. On a une équipe forte. Quand on est au complet, on a une équipe pour être forte ».
Pas de fausse modestie : Balerdi incarne une base indispensable dans le système marseillais, mais lui aussi subit la fragilité générale du moment.
Getty ImagesPavard, un joueur touché mais toujours déterminant
Son regard s’est ensuite tourné vers Pavard, un joueur au mental particulièrement sollicité ces derniers mois :
« Ça ne dépend pas seulement du niveau du joueur mais de sa sensibilité. C'est un joueur sensible et il a souffert à cause de ces épisodes malheureux qui sont arrivés de manière rapprochée. Mais c'est le joueur qui a joué au plus haut niveau dans notre équipe. Il a voulu venir ici, il a fait des efforts sur son salaire. Il a l'affection et la confiance de tous ».
Ses mots respirent l’empathie, mais rappellent aussi le poids de l’expérience de l’international français.
AFPDe Zerbi, les arbitres et la VAR : un rapport franc
Sur la VAR et son apprentissage auprès de la Ligue, son discours se veut honnête et assez rare dans ce milieu :
« Les arbitres, je les conteste sur le terrain, pas en dehors. Je m'énerve pendant le match mais je ne regarde pas les vidéos, j'ai autre chose à penser. Parfois l'arbitre fait des erreurs. Contre l'Atalanta, sur le penalty non sifflé, j'ai serré la main de l'arbitre et il m'a donné des explications. Une fois que l'arbitre siffle la fin du match, je suis respectueux ».
Une manière de dire : la contestation s’arrête au coup de sifflet.
AFPKondogbia, une gestion millimétrée pour éviter le pire
Pour finir, De Zerbi s’est étendu sur le cas Kondogbia, de retour après plusieurs semaines :
« Il est très important pour l'OM. Même s'il n'est pas toujours disponible, il est déterminant qu'il joue ou qu'il ne joue pas. Il a besoin d'une gestion intelligente et attentive. Il voudrait jouer tout le temps mais il doit se ménager. Dans les prochains mois, il a besoin d'une attention particulière. Si on a le Kondogbia de Madrid, on a eu du mal à trouver un joueur de son niveau ».
Difficile d’être plus clair : Kondogbia incarne un potentiel colossal, mais son corps dicte le tempo.