La déception est immense, mais la colère l'est encore plus. L'Olympique de Marseille a vécu une soirée cauchemardesque ce mercredi en Ligue des Champions, en s'inclinant 1-0 à domicile face à l'Atalanta. Un revers qui compromet très lourdement ses chances de qualification. Ce qui restera de cette soirée, ce n'est pas le jeu, mais le scénario cruel : un penalty jugé "évident" non sifflé pour l'OM à la 89e minute, suivi, sur le contre, du but assassin de Lazar Samardžić (90e). Un fait de jeu qui a logiquement cristallisé toute la frustration marseillaise après le match.
AFP
AFPAguerd "dépité", De Zerbi juge le penalty "honteux"
Au micro de Canal+, les Marseillais n'avaient qu'un mot à la bouche : l'arbitrage. Nayef Aguerd, "dépité", a fustigé l'arbitre espagnol. "Au moins, il doit être juste, d’aller voir (la vidéo)," a-t-il lancé. "C’est un match important, c’est la Ligue des champions. Il ne veut même pas aller voir s’il y a penalty." Son entraîneur, Roberto De Zerbi, s'est montré encore plus virulent en conférence de presse, qualifiant l'épisode de "douteux" et le penalty non sifflé d'"honteux".
AFPDe Zerbi : "On ne méritait pas du tout de perdre"
Cette colère contre l'arbitrage a visiblement occulté l'analyse lucide de la performance globale. Car De Zerbi l'a affirmé : "On ne méritait pas du tout de perdre." Une déclaration surprenante au vu du contenu du match. S'il a concédé que "les 20 premières minutes n'ont pas été bonnes", il estime qu'après, "on a mieux joué". Une vision optimiste qui tranche radicalement avec le sentiment général d'une prestation marseillaise indigente.
AFPUne colère qui masque les carences du match ?
Car si l'OM peut légitimement s'estimer floué par ce fait de jeu final, c'est oublier un peu vite la "bouillie de football" proposée pendant 90 minutes. L'équipe a été incapable de construire, subissant le pressing italien. Sans un Gerónimo Rulli des grands soirs, qui a notamment stoppé un penalty de De Ketelaere en début de match, et sans une annulation très généreuse d'un but de Lookman par la VAR, le score aurait dû être bien plus lourd, bien avant la 89e minute.
AFPLa faute aux "épisodes" et aux blessés
D'ailleurs, Roberto De Zerbi n'a pas seulement pointé du doigt l'arbitre du soir. Il a élargi sa frustration à l'ensemble de la campagne européenne, estimant que l'OM avait "perdu ces trois matchs de C1 à cause de certains épisodes". Il a rappelé la défaite à Madrid (deux penalties), celle au Sporting ("on était à 10") et les "8 ou 9 blessés" qui pèsent sur l'effectif. Une manière de dédouaner son groupe de ses propres carences.
AFPFiers malgré tout, mais à quel prix ?
Malgré la défaite et le jeu produit, les joueurs se disent "fiers de l'équipe" (Aguerd) et le coach reste "optimiste". Si cette fierté peut aider à rebondir, ce manque de lucidité à chaud interroge. En se focalisant sur cet "épisode douteux", les Marseillais s'évitent peut-être une remise en question plus profonde sur leur niveau de jeu insuffisant. L'arbitre a peut-être eu un impact, mais il n'est sans doute pas le seul responsable de ce naufrage européen.



