La soirée de Lisbonne n’a rien arrangé. Alors que Lucas Chevalier croyait enfin avoir lancé son aventure parisienne, deux actions mal négociées ont suffi à relancer le doute autour de lui. Et avec lui, un débat devenu brûlant au PSG.
Getty Images SportLucas Chevalier vivement critiqué, un ancien du PSG et de l’OM vient à sa rescousse
Getty Images SportChevalier, retour brutal sous la pression parisienne
La trêve fut courte. Très courte. Après des débuts compliqués au PSG, une blessure l’avait momentanément éloigné des terrains. Son absence avait permis à Matvey Safonov de s’installer avec brio, avant que le Russe ne se blesse à son tour. Chevalier avait alors saisi l’occasion. Solide face à l’OM lors du Trophée des champions, il semblait enfin trouver ses marques.
Lisbonne a tout balayé. Mardi soir, face au Sporting, le PSG s’incline 2-1. Et le gardien français se retrouve directement exposé. Peu sollicité durant la rencontre, il intervient mal sur les deux buts encaissés. Sur le premier, un ballon relâché en corner alors qu’une prise semblait possible. Sur le second, une frappe lointaine mal repoussée, qui finit sur la tête de Luis Suárez. Deux actions. Deux erreurs. Et une tempête immédiate.
AFPLes critiques s’emballent, le doute s’installe
Sur les réseaux, la réaction ne se fait pas attendre. Les supporters parisiens ciblent Lucas Chevalier, déjà fragilisé par ses premiers mois délicats dans la capitale. Le soutien affiché par Luis Enrique suffit-il encore ? Rien n’est moins sûr. La concurrence existe. Et le temps ne joue pas en faveur de l’ancien Lillois.
Sur le plateau de La Chaîne L’Équipe, le cas Chevalier devient sujet central. Et c’est Jérôme Alonzo qui prend la parole. L’ancien gardien, passé par le PSG et l’OM, choisit un angle inattendu. Celui de l’expérience vécue.
AFPJérôme Alonzo raconte son propre naufrage
Pour faire passer son message, Alonzo replonge trente ans en arrière. Direction Marseille. Même âge. Même inconfort. Même rejet du vestiaire.
« J’ai le même âge que Lucas Chevalier quand je débarque à Marseille et, comme lui, il n’y a rien qui va. C’est là que Gérard Gili débarque comme entraîneur, il m’attrape un lundi maintenant et me dit : "Tu sais, Jérôme, le vestiaire, il n’en peut plus de toi. Tu fais pas un arrêt…" », a-t-il lancé.
Le ton est donné. Alonzo décrit un vestiaire dur, sans indulgence, et un ultimatum clair posé par Gérard Gili.
« Il me dit : "le vestiaire n’en peut plus de toi. Et dans un mois, je ne pourrai plus rien faire pour toi. Mais si tu veux, je peux t’apprendre et t’accompagner pour devenir le gardien de but de l’OM. Et gardien de but de l’OM, ce n’est pas rien. Il y aura un avant et un après. Si tu veux, je t’aide. Sinon, dans un mois, c’est fini pour toi" », a ajouté l’ancien portier de l’OGC Nice.
AFPChanger d’attitude pour survivre au très haut niveau
Le déclic vient par le travail… et par le caractère. « Et pendant deux semaines, il me convoque toutes les deux semaines pour changer d’attitude. Il mettait des ballons dans la profondeur ou tirait des corners et me disait : "Je veux que tu hurles, je veux que tu te tiennes droit, je veux que tu deviennes méchant ! Tu dois changer ta manière d’être sur un terrain, sinon tu es mort !" », a-t-il raconté.
Alonzo se transforme. Et le vestiaire suit. « Je suis devenu un autre. Et mes partenaires l’ont vu, ont vu que j’avais fait un effort et ils m’ont respecté. Ça a été un tournant dans ma carrière », a-t-il conclu.
AFPChevalier face à l’urgence
Le message résonne. Lucas Chevalier doit-il devenir plus dur, plus autoritaire, plus présent ? Ou simplement accepter que le PSG ne laisse aucun temps d’adaptation ? Une chose reste certaine : Matvey Safonov reviendra. Et vu son intérim convaincant, la hiérarchie pourrait encore basculer.
À Paris, les secondes chances existent. Mais elles fondent vite.



