À la veille d’un rendez-vous qui pourrait sembler déséquilibré sur le papier, Roberto De Zerbi a tenu à casser toute forme de relâchement autour de l’Olympique de Marseille. Face à Bayeux, pensionnaire de Régional 1, l’entraîneur olympien refuse catégoriquement le statut de favori facile et installe un climat d’exigence maximale. Derrière un discours ferme et parfois radical, le technicien italien adresse un message clair à son groupe : la Coupe de France ne pardonne ni l’arrogance ni l’approximation. Et Roberto De Zerbi l’a rappelé avec force.
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AFPUne approche sans concession pour Bayeux – OM
Pour Roberto De Zerbi, la Coupe de France ne tolère aucune hiérarchie implicite. Dès l’entame de sa conférence de presse ce lundi, l’entraîneur de l’OM a posé les bases de son discours avant Bayeux – OM : « Tous les matchs doivent être joués de la même manière. Il n'y a pas de matchs moins importants que d'autres. On doit avoir la même détermination et humilité. Sinon, on risque d'être une équipe incomplète. Demain, il y aura la meilleure équipe possible pour ce match. » Par ces mots, Roberto De Zerbi insiste sur l’idée que la menace principale vient de l’intérieur : un manque d’engagement. Contre une formation amateur, la rigueur mentale devient, selon lui, un impératif absolu pour l’Olympique de Marseille.
Cette exigence s’inscrit dans une vision globale de la compétition. Roberto De Zerbi a également livré une réflexion plus large sur la Coupe de France et l’affrontement entre clubs professionnels et amateurs : « La compétition me plait parce que tout le monde a la même chance. Un vaut un dans le football et la vie. Toutes les équipes doivent avoir les mêmes droits que le PSG et l'OM. Les joueurs sont souvent des fils d'immigrés ou de personnes de classes plus pauvres, donc c'est plus juste comme format. » Un rappel fort : face à Bayeux, Roberto De Zerbi considère que l’OM doit prouver sa valeur sur le terrain, et uniquement sur celui-ci.
AFPRoberto De Zerbi lie son avenir à celui de Mehdi Benatia
Au-delà du match Bayeux – OM, Roberto De Zerbi a aussi abordé son attachement au projet marseillais, notamment à travers son lien avec Medhi Benatia. Une déclaration lourde de sens : « Benatia est amoureux de Marseille et peut-être encore plus que moi puisqu'il a grandi ici. Je suis fidèle et correct. Le jour où Benatia s'en ira, je partirai aussi. Je suis arrivé ici grâce à Benatia et Longoria. » Roberto De Zerbi a toutefois tenu à tempérer toute interprétation excessive de la dernière sortie du directeur de football de l’OM : « Je ne pense pas qu'il faisait référence à un départ en fin de saison. » Ces propos traduisent une vision collective et une loyauté assumée, qui structurent aussi son management avant Bayeux – OM.
Interrogé sur les dossiers mercato et le cas Vaz, annnoncé proche de la Roma, Roberto De Zerbi a adopté un ton mesuré, fidèle à sa ligne économique : « On en parle avec Pablo Longoria et Medhi Benatia sur l'aspect économique. Les idées sont claires mais il faut voir si c'est compatible avec la réalité économique. Il faut qu'on reste dans le budget mais on va essayer d'améliorer l'équipe. » Avant d’ajouter, sans détours : « Je ne sais rien sur Vaz. Je sais qu'il y a des clubs intéressés et des problèmes avec son contrat. » Là encore, Roberto De Zerbi recentre le débat sur l’essentiel : le terrain, et notamment le rendez-vous face à Bayeux.
AFPDe Zerbi évoque la gestion des fins de match à l’OM
Enfin, Roberto De Zerbi a livré l’un de ses messages les plus forts sur la gestion des fins de match, un point sensible cette saison pour l’OM. L’entraîneur italien n’a pas caché l’impact émotionnel du Trophée des champions, perdu aux tirs au but contre le PSG, jeudi dernier : « Le Trophée des champions m'a vraiment touché. Je m'en rappellerai toute ma vie. Les progrès qu'on doit faire ne passent pas par les matchs mais l'entraînement : tout donner et ne rien prendre pour acquis. Il faut trouver un équilibre jusqu'au coup de sifflet final et pas la 85e minute. On paie trop cher cette chose. Cela détruit notre saison. La seule amélioration que je peux apporter ce sont le coeur et la détermination. »
Roberto De Zerbi est allé encore plus loin, presque dans la provocation, pour illustrer l’état d’esprit qu’il exige avant Bayeux – OM : « Si vous voulez, venez dans le vestiaire, et voyez ce que je dis avant le match. Vous verrez s'ils ont du caractère, sont prêts à prendre un rouge ou deux-trois mois de prison pour gagner un match. Avec un peu plus de rage et de méchanceté, ces situations pourraient se transformer de façon négative. » Une déclaration choc qui résume parfaitement la grande menace brandie par Roberto De Zerbi : sans engagement total, l’OM s’expose à un immense danger en Coupe de France.

