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Habib Beye Marseille GFXGetty

L'enfant du pays au chevet de l'OM : Beye a-t-il les épaules ?

Le séisme provoqué par le départ de Roberto De Zerbi a laissé l'Olympique de Marseille dans un état de sidération, mais la nature a horreur du vide, et la Canebière encore plus. À peine l'Italien a-t-il vidé son casier que l'ombre d'un successeur plane déjà au-dessus du Vélodrome. Son nom est sur toutes les lèvres, son visage familier hante les souvenirs des supporters : Habib Beye. L'ancien capitaine, dont l'amour pour le club n'a jamais été un secret, semble enfin toucher du doigt son "rêve ultime". Mais au-delà de la belle histoire et de la symbolique, une question brutale se pose : a-t-il vraiment les épaules pour endosser le costume le plus lourd du football français, surtout dans un tel contexte ?

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    L'évidence du cœur et du caractère

    Sur le papier, le mariage semble écrit d'avance. Habib Beye coche toutes les cases du "candidat idéal" pour une institution en quête d'identité. Ancien capitaine respecté (174 matchs), il connaît l'ADN du club, la pression infernale du Vélodrome et l'exigence de ses virages. Son parcours d'entraîneur, marqué par une montée avec le Red Star et un passage plutôt satisfaisant à Rennes, témoigne d'une ambition et d'une compétence réelles. Son profil de meneur d'hommes, doté d'un caractère affirmé et d'une communication franche, correspond au portrait-robot de celui capable de secouer un vestiaire traumatisé par la débâcle du Classique. Beye incarne cette "grinta" marseillaise qui fait tant défaut à l'équipe actuelle.

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    Un saut dans l'inconnu tactique et managérial

    Pourtant, l'enthousiasme doit être tempéré par une réalité froide : Habib Beye reste un entraîneur avec une expérience limitée de l'élite. Son bilan à Rennes (39 matchs, 1,53 point par match) est correct, mais il s'est terminé par un licenciement après une série noire et des tensions internes. Passer du confort relatif du Red Star ou de la Bretagne à la lessiveuse marseillaise est un saut quantique. A-t-il la "bouteille" pour gérer des ego blessés, un effectif construit pour un autre (De Zerbi) et une pression médiatique démultipliée ? L'histoire de l'OM est un cimetière pour les jeunes entraîneurs prometteurs broyés par la machine.

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    Arriver en pompier dans un brasier institutionnel

    Le timing de cette potentielle arrivée ajoute une couche de complexité. Beye ne débarquerait pas en début de saison avec une feuille blanche, mais en plein milieu d'un exercice volcanique, marqué par des humiliations sportives et une crise de gouvernance majeure. Les rumeurs de démission de Medhi Benatia et le flou autour de Pablo Longoria dessinent un club institutionnellement instable. Accepter le poste maintenant, c'est accepter de naviguer à vue, sans garantie de soutien hiérarchique à moyen terme. C'est un piège que même des techniciens aguerris auraient du mal à déjouer.

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    Le pari tactique : adapter ou subir ?

    Sur le terrain, les idées de Beye – intensité, pressing, verticalité – semblent plus adaptées à l'effectif actuel que le jeu parfois stérile de De Zerbi (avec la très contestée défense à trois). Sa capacité à s'adapter, montrée dans ses précédents clubs, sera cruciale. Mais imposer sa patte sans préparation estivale relève de la gageure. Il devra faire preuve d'un pragmatisme immédiat pour redresser la barre comptable, tout en essayant d'insuffler ses principes. C'est un équilibre précaire : s'il brusque trop les choses, il risque de perdre le vestiaire comme à Rennes ; s'il ne change rien, il subira l'inertie de l'échec actuel.

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    L'état de grâce, une arme à double tranchant

    Son statut d'ancien capitaine lui offrira sans doute un état de grâce auprès des supporters, un luxe rare à Marseille (Igor Tudor peut en témoigner). Cet amour du public peut être un moteur puissant pour relancer la machine. Mais la passion marseillaise est volatile. Si les résultats ne suivent pas rapidement, l'idole d'hier peut vite devenir le coupable de demain. L'affection des tribunes est un crédit, pas un chèque en blanc.

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    Conclusion : Le choix de l'audace ou de l'inconscience ?

    Habib Beye est-il prêt ? "Intellectuellement" et "affectivement", sans aucun doute. Il a préparé ce moment toute sa vie. Mais "structurellement", le doute est permis. Son arrivée ressemblerait moins à un choix de raison qu'à un coup de poker émotionnel, tant pour lui que pour le club. C'est l'histoire d'un homme qui veut sauver son amour de jeunesse, au risque de se brûler les ailes. Si ça marche, ce sera magnifique. Si ça rate, ce sera tragique. C'est peut-être ça, finalement, être prêt pour l'OM : accepter que tout soit possible, le meilleur comme le pire.

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