L'information révélée par RMC Sport ce mardi soir résonne comme l'épilogue inévitable d'une semaine en enfer. Roberto De Zerbi et l'Olympique de Marseille, c'est fini, ou presque. Si l'entraîneur italien a bien dirigé la séance d'entraînement du jour à la Commanderie, celle-ci avait des allures de test ultime, une dernière tentative pour prendre le pouls d'un groupe moribond. Le constat a été sans appel : le technicien ne sent plus l'adhésion de ses joueurs et, "dévasté" par la situation, il estime ne plus avoir les ressources nécessaires pour inverser la tendance. Les discussions pour une séparation à l'amiable sont entamées, en attente de la validation finale de Frank McCourt.
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AFPLa rupture du lien de confiance
Ce départ précipité trouve sa source principale dans une fracture irréparable avec le vestiaire. L'entraîneur, réputé pour son exigence tactique et son besoin de connexion émotionnelle, s'est heurté à un mur. Les échanges tenus ce mardi ont confirmé que le discours ne passait plus. Certains cadres ne comprennent plus ses choix, d'autres se sentent "éparpillés" sur le terrain. Le management jugé cassant sur certains dossiers, comme les départs d'Amir Murillo ou de Neal Maupay, a laissé des traces indélébiles, créant un climat de défiance où l'entraîneur s'est progressivement isolé de sa base.
AFPL'humiliation du Classique comme détonateur
Si le malaise courait depuis l'élimination précoce en Ligue des Champions, la déroute historique face au PSG (0-5) a agi comme un accélérateur de particules. Au-delà du score, c'est l'absence totale de révolte et d'orgueil qui a scellé le sort du coach. Pour les supporters comme pour la direction, cette prestation a été vécue comme une trahison. De Zerbi lui-même est apparu très marqué, conscient que sa légitimité venait de voler en éclats sur la pelouse du Parc des Princes.
AFPDes tensions internes devenues ingérables
Le contexte marseillais, déjà volcanique, était miné par des guerres d'influence en interne qui n'ont pas aidé le technicien. L'épisode de la réunion au Koweït, où le capitaine Leonardo Balerdi s'est fait recadrer sèchement par Medhi Benatia pour avoir demandé un vestiaire plus "sanctuarisé", illustre la délitescence des rapports entre la direction sportive et le terrain. De Zerbi s'est retrouvé au centre de ces frictions, pris en étau entre un conseiller sportif inflexible et des joueurs à bout de nerfs.
AFPUn nouveau chantier s'ouvre dans l'urgence
Le départ imminent de Roberto De Zerbi plonge l'OM dans une nouvelle zone de turbulences. Alors que le projet promettait stabilité et jeu léché sur trois ans, tout est à reconstruire après seulement quelques mois. La direction doit désormais trouver un pompier de service capable de remobiliser un effectif traumatisé et de sauver ce qui peut l'être d'une saison qui, une fois de plus à Marseille, bascule dans l'irrationnel alors que les objectifs nationaux semblent encore atteignables (place sur le podium, victoire en Coupe).

