Depuis plusieurs semaines, Florentino Pérez a retrouvé le costume qu’il affectionne le plus : celui du dirigeant prêt à défier l’ordre établi. À l’occasion de l’assemblée générale du Real Madrid, le président merengue a relancé sa grande croisade, convaincu que le football européen doit changer de modèle. Au centre de son discours, un combat qu’il juge vital : l’avènement de la Super League, qu’il considère comme l’unique alternative à un système verrouillé par l’UEFA et préjudiciable aux clubs. Pour lui, la bataille juridique gagnée en octobre dernier n’était qu’un début.
AFP
Getty Images SportLa Super League, pilier de sa stratégie
Dans une prise de parole offensive, Pérez a affirmé que l’UEFA avait « menacé d’exclure » le Real Madrid en 2021, dénonçant un « monopole de 60 ans ». Fort d’un jugement européen très favorable — « 21 points sur 23 », rappelle-t-il — le président madrilène estime désormais avoir les moyens d’imposer la mise en place d’une nouvelle compétition. Selon lui, les clubs doivent retrouver la liberté d’organiser leurs tournois, d’accéder à des revenus mieux répartis et de proposer des diffusions plus accessibles pour les supporters.
Mais au-delà de l’UEFA, Pérez s’est attaqué à toute la structure du football espagnol. Il a fustigé les médias hostiles au club, le niveau de l’arbitrage, l’affaire Negreira et la gestion de la Ligue.
Getty/GOALUn réquisitoire contre Tebas et LaLiga
Javier Tebas, président de la Liga, a été au cœur de son réquisitoire. Pérez dénonce un championnat « géré dans l’opacité », un accord CVC « qui hypothèque les clubs pour 50 ans » et un dirigeant qui « agit seul, au détriment de ses institutions ». Sur le dossier des matches délocalisés à Miami, le patron du Real Madrid parle d’une « comparaison absurde » avec la NFL et accuse Tebas de vouloir imposer sa vision sans concertation.
Getty ImagesUn message adressé à toute l’Europe
Si le ton est dur, le message est clair : le Real Madrid ne reculera plus. Pérez veut une réforme globale, une gouvernance plus transparente et une compétition européenne plus ouverte. La Super League est désormais l’étendard de sa vision, portée au nom de « millions de supporters dans le monde ».

