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Boycott du Trophée des champions, les supporters marseillais brisent le silence

Le Trophée des champions entre le PSG et l’OM, disputé ce soir à Koweït City, ne ressemble en rien à une fête populaire. Loin des standards habituels, cette affiche cristallise un malaise profond chez les supporters marseillais, entre désintérêt sportif, contestation symbolique et rejet d’un football jugé hors-sol.

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    Un Classique sans ferveur populaire

    Le PSG et l’Olympique de Marseille s’affrontent ce soir pour le Trophée des champions, mais l’événement peine à mobiliser. Ni excitation particulière, ni engouement massif. À Marseille, l’annonce de cette rencontre délocalisée a rapidement suscité incompréhension et froideur. Le choix du Koweït, ajouté au contexte sportif, a accentué le fossé entre le club et ses groupes de supporters.

    Consciente du risque de tribunes clairsemées, la direction olympienne avait tenté une approche. Une proposition ciblée, limitée à 150 supporters, avec un reste à charge de 150 euros par personne, le club prenant en charge le complément. Une main tendue, jugée tardive. Les discussions ont traîné. Les groupes, eux, ont tranché. Refus net.

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    Une offre jugée déconnectée du réel

    Invité mercredi dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC, Christian Cataldo, président des Dodgers et figure du virage nord, a exprimé un malaise ancien. Le ton, direct. Le fond, sans détour : « Vive le foot populaire… Il y avait cette offre pour 150 personnes. Mais on est 50.000 abonnés au Vélodrome dont 27.000 dans les groupes. C’était un bon geste, mais pour ce que vaut ce Trophée des champions… »

    Pour les ultras, le problème dépasse le simple déplacement. Il touche à la nature même de la compétition. Une affiche prestigieuse sur le papier, mais qui perd tout son sens lorsqu’elle s’éloigne de ses bases.

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    Une légitimité sportive remise en cause

    Christian Cataldo va plus loin. Pour lui, la présence de l’OM dans cette rencontre interroge. Le dirigeant des Dodgers remet ouvertement en question la logique sportive : « Je ne vois pas ce que l’OM vient faire là-dedans, on n’a pas gagné le championnat et on n’a pas gagné la Coupe de France. Paris devrait automatiquement remporter ce Trophée des champions ! On ne devrait pas avoir le droit de le disputer, qu’est-ce qu’on a gagné cette année ? C’est ridicule ».

    Un discours rare par sa franchise, qui résonne chez de nombreux supporters. L’enjeu symbolique semble trop faible pour justifier une telle mise en scène à l’autre bout du monde.

  • Le rejet d’un football éloigné des supporters

    La programmation fait aussi débat. Jour, horaire, destination. Rien ne colle avec l’idée d’un football accessible. Cataldo résume ce sentiment : « et puis organiser ce match au Koweït… On n’est pas dans le foot familial et populaire. On ne va pas aller voir un Trophée des champions un jeudi soir au Koweït. La prochaine fois, ce sera où ? Comment font les gens qui gagnent 1.500 euros par mois ? Si on perd, ça ne nous fera pas grand-chose. Si on gagne, on sera contents, mais on n’a pas mérité d’y participer. Je préfère gagner 10.000 fois la Coupe de France ».

  • Olympique de Marseille v Newcastle United FC - UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD5Getty Images Sport

    Une présence marseillaise malgré tout

    Le boycott ne signifie pas silence total. Selon RMC Sportmardi, environ une centaine de supporters marseillais assisteront tout de même à la rencontre. Ils viennent du groupe des « Olympiens de Dubaï », fan-club officiel intégré au programme OM Nation. Une présence discrète, assumée.

    Ces supporters expatriés ont souvent affiché leur solidarité avec Marseille, même à distance. Pour eux, manquer un PSG-OM reste impensable. Une rencontre avec les joueurs et le staff est même prévue à l’hôtel de la délégation. Un lien maintenu, malgré tout.

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