Nabil Maaloul TunisiaGettyimages

ENTRETIEN - Maâloul : "Atteindre les 8es du Mondial n'est pas un rêve mais un objectif pour la Tunisie"

L'été prochain, et après une absence de 12 ans, la Tunisie va disputer de nouveau une phase finale de Coupe du Monde. Un évènement important que ce petit pays du Nord d'Afrique attend avec une énorme impatience. Mais avec quelles ambitions cette sélection va se présenter en Russie ? Cette question et d'autres ont été posées à Nabil Maaloul, le sélectionneur de l'équipe.

Coupe du Monde : les stats de la Tunisie

Avant de retrouver ses joueurs pour le rassemblement international du mois de mars, le coach qui a ramené les Aigles de Carthage sur le devant de la scène a pris le temps de se confier à Goal dans un entretien exclusif. Il parle de l'avancée de la préparation, de l'incorporation des nouveaux joueurs et donc de l'objectif que lui et ses protégés visent.


"Nous sommes prêts pour la Coupe du Monde"


Comment se déroule la préparation pour la Coupe du Monde ? Et avez-vous déjà commencé à étudier de plus près vos adversaires du premier tour ?

Nabil Maaloul : Oui. On a commencé à analyser nos adversaires dès la fin du tirage au sort, le 2 décembre dernier. Dès qu’on a connu leur identité, on a commencé à les étudier et là on est prêts. Mais la saison n’est pas encore terminée. Il peut y avoir des imprévus, des blessures qui font que d’autres joueurs vont intégrer ces trois nations-là. Mais, globalement, je pense qu’on est prêts.

Qu’attendez-vous des deux rencontres du mois de mars (contre l'Iran et le Costa Rica) ? À quel point sont-elles importantes pour vous dans votre préparation ?

Elles sont importantes pour de nombreuses raisons. Primo, on va jouer contre deux bonnes nations de football. Il y aura d’abord l’Iran, qui est le premier pays asiatique à s’être qualifié pour la Coupe du monde. Ils ont fait de très bons matches de qualification, n’encaissant au passage que trois buts. Et puis il y aura aussi le Costa Rica. Une sélection qui ressemble énormément au Panama. On a donc essayé de nous rapprocher au maximum de nos adversaires du premier tour. À l’approche du Mondial, on aura ensuite d'autres matches contre le Portugal, la Turquie et l’Espagne. Et les deux matches de mars seront aussi importants parce qu’on aura de nouveaux joueurs qui évoluent à l’étranger et qui vont se produire pour la première fois, à savoir (Mouez) Hassan, (Siefeddine) Khaoui, (Elyes) Skhiri et (Yohan) Benalouane. Ce sera leur premier match et on va essayer de les intégrer petit à petit avec nous.

La Coupe du monde arrive-t-elle trop vite ou trop lentement ?

Ni trop vite, ni trop lentement. Elle arrive normalement. On est en train de bien se préparer et on doit tout mettre en œuvre pour pouvoir réussir cette Coupe du monde. On sait qu’on est dans un groupe très difficile, avec l’Angleterre, la Belgique et le Panama. On va essayer de se rapprocher de leur niveau et pour cela il ne faut rien laisser au hasard.

Ressentez-vous l’attente du peuple tunisien qui commence à croitre au quotidien ?

Oui, parfaitement. Et tout le monde aimerait bien que la Tunisie aille au deuxième tour. Mais pour cela, il faudra bien jouer et bien négocier ces matches-là. On va essayer de donner une bonne image du football tunisien. C’est ce qui est le plus important.


"Face à l'Angleterre, on va essayer d'imposer notre style et notre jeu"


Le match contre l’Angleterre, le premier, est-il doublement important ? On pense surtout sur le plan de la confiance. 

Tous les matches seront très importants. Mais c’est sûr que celui face à l’Angleterre sera très difficile. Face à eux, on va essayer d’imposer notre jeu et d’imposer notre style. Essayer de contrer cette équipe anglaise, qui possède des joueurs pétris de qualité. Et espérer que ça se passe bien.

La Tunisie, dans son histoire, n’a jamais franchi le premier tour. Même si votre groupe du 1er tour est très relevé, pensez-vous dans votre for intérieur qu’il y a moyen, une possibilité de créer l’exploit cette année ?

J'espère. On va tout faire pour en tous cas.

Est-ce un objectif ou un rêve ?

C’est un objectif. Même si on sait que ce sera très difficile car nous jouerons face à de très grandes nations. Une équipe comme la Belgique, c’est l’une des meilleures au monde en ce moment. Les Anglais aussi, ils se sont énormément développés sur le plan footballistique. Ils ont changé leur mentalité. On sait donc pertinemment que cela va être difficile. Mais c’est jouable quand même.

Parlons un peu des nouveaux joueurs qui vous ont rejoints dernièrement (Hassen, Skhiri, Khaoui, Benalouane). Qu’attendez-vous d’eux ? Et pourquoi ont-ils été choisis ?

Ce sont avant tout des joueurs confirmés. Ils jouent en Ligue 1, Ligue 2 et en Premier League. Je pense, et tout le monde le pense, qu’ils peuvent nous être utiles, et qu’ils vont hausser le niveau de l’équipe nationale. Ils jouent dans de grands championnats et ça ne peut qu’être bénéfique à l’équipe.

67ba67035e58116adfc653d0f05bd99f98325030

Ne craignez-vous pas que l’incorporation de plusieurs nouveaux joueurs qui n’ont pas participé aux éliminations puisse casser la bonne dynamique qu’il y a eue durant ces qualifications justement ?

Pas du tout. Pratiquement tous les joueurs qui ont participé aux qualifications sont là. On n’a pas de problèmes d’intégration. À chaque fois on fait venir de nouveaux joueurs, qu’ils soient du championnat local ou de l’étranger, et il n’y a jamais eu de problème. 

L’objectif est donc surtout de bâtir l’équipe la plus compétitive possible…

Oui, bâtir l’équipe la plus compétitive et pas seulement pour la Coupe du monde. Parce que la sélection tunisienne ne s’arrêtera pas après cette compétition. Ça va continuer. On essaye donc de construire une bonne équipe. Pour le Mondial et aussi pour les échéances qui suivront. 

Que pensez-vous des internationaux qui ont décidé de changer de clubs au mois de janvier dernier, à six mois du Mondial. En rejoignant un championnat nouveau, on pense notamment au gardien Mathlouthi ? Cela ne vous inquiète pas ?

Non, c’est leur choix et cela ne m’inquiète pas du tout. Parce que le niveau du championnat saoudien est très élevé et ils sont en train de jouer de très grands matches. Il n’y a qu’à voir les effectifs qui composent les équipes de ce championnat pour se convaincre que le niveau reste important. On n’a pas de soucis à se faire de ce côté-là.

Propos recueillis par Naïm Beneddra

Publicité

ENJOYED THIS STORY?

Add GOAL.com as a preferred source on Google to see more of our reporting

0