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Paris Saint-Germain vs Bayern Munich

PSG-Bayern, Luis Fernandez : "Neymar est au niveau du Ballon d'Or"

13:23 UTC+2 21/08/2020
Luis Fernandez
L'ancien joueur et entraîneur emblématique du PSG estime que Neymar évolue actuellement au niveau du Ballon d'Or, qui ne sera pas décerné cette année.

Le 8 mai 1996, le PSG battait le Rapid Vienne (1-0) à Bruxelles, en finale de Coupe des coupes, s'offrant ainsi son premier titre européen. Luis Fernandez était l'entraîneur de cette équipe à l'époque. Pour Goal, il se remémore l'épopée et se projette sur la finale de dimanche (21 heures). La première en Ligue des champions pour Paris, qui sera opposé au Bayern Munich à l'Estádio da Luz de Lisbonne.

Vous êtes le seul entraîneur à avoir remporté une compétition européenne avec le PSG. Vous vous en rappelez comme si c'était hier ?

Luis Fernandez (consultant beIN Sports) : On s’en souviendra toujours. Une finale de Coupe d’Europe, ça vous marque à vie, aussi bien les joueurs que les dirigeants et les supporters. On a donné de la joie à beaucoup de personnes en remportant cette Coupe des coupes en 96. C'était l’équivalent de la Ligue Europa à l’époque, mais ça reste un titre européen. Le premier pour Paris. L’année précédente, on avait fait demi-finale de Ligue des champions, on avait perdu contre le Milan. Il y avait beaucoup de déception, et là on avait énormément de détermination. On a éliminé Parme en quart de finale et le super Deportivo (La Corogne) en demie quand même.

Sentez-vous encore la reconnaissance des supporters aujourd’hui ?

Des gens s’en souviennent et ça fait toujours plaisir. Le PSG a démarré son histoire il y a 50 ans, il y a eu le premier titre majeur en 82 (Coupe de France, ndlr), puis un autre et un suivant. Après, il y a eu les compétitions européennes. Les générations se succèdent, mais on sent que ceux qui ont vécu notre aventure la connaissent et l'ont aimée. Avec Artur Jorge, il y a eu une demie. Ricardo a fait une finale contre le Barça. Je me rappelle aussi d’avoir fait un parcours en Ligue des champions. Ce sont des belles soirées de football, c’est une autre approche. Chaque année, il y a de l’attente. On a ouvert la voix avec cette Coupe des coupes, c’est bien et ça rappelle de bons souvenirs.

"Ils ont déjà surmonté cette pression face à l'Atalanta et Leipzig"

Le PSG est-il armé cette saison pour gérer la pression d'une finale européenne ?

Ils ont déjà surmonté cette pression face à l’Atalanta et Leipzig. Au début de la compétition, comme chaque année, ils étaient parmi les favoris en compagnie du Barça, du Real ou encore de Manchester City. Avec Neymar, Mbappé et Di Maria, tu as de vrais atouts, mais les saisons précédentes ça s'était mal terminé. Là, quelque chose a changé. Ils ont géré cette pression d'être parmi les favoris. Ce n’était pas gagné d’avance contre l’Atalanta, mais ils ont eu le mental pour se qualifier. Ils ont montré qu’ils étaient capables de se serrer les coudes, de faire les courses ensemble. Cette équipe m’a vraiment fait plaisir tactiquement, physiquement, dans les changements de rythme. Ils sont dans le vrai. J’ai le sentiment que le groupe s’est bien retrouvé après le confinement. Ils ont envie d’être ensemble et ça se voit sur le terrain.

Mbappé disait après Leipzig que Neymar et lui ne pourraient pas gagner seuls. Cette notion de groupe n’est-elle pas la grande force du PSG ?

Les individualités font des différences, mais elles ont toujours besoin du collectif. Elles ne peuvent pas gagner seules. Le collectif doit sentir que ces joueurs sont là par leur état d’esprit et leur approche humaine. Si les individualités se comportent bien, le collectif se mettra en quatre pour eux. C’est ce qu’on a vu contre Leipzig. Marquinhos, Paredes et Herrera ont fait un match remarquable. Kimpembe et Thiago Silva aussi. Idem pour Bernat et Kehrer, même si ce dernier a moins apporté offensivement. Neymar et Mbappé n’ont peut-être pas marqué, mais ils font peur aux adversaires. Et s’ils font peur, c’est que tout est mis en place pour que ces deux garçons soient dans les meilleures dispositions pour s’exprimer.

Neymar a peut-être atteint son meilleur niveau depuis son arrivée au PSG...

Il est au niveau du Ballon d’Or. Son attitude est remarquable. J’ai toujours aimé Neymar, et je l’aimais déjà quand il était au Barça avec Messi et Suarez. J’ai eu l’occasion d'apprécier sa coordination, sa gestuelle, sa facilité et sa technique. J’ai eu Ronaldinho comme joueur au PSG. La première année, il était exceptionnel aux entraînements et en match. La deuxième année, il a voulu faire autre chose... Mais tu tombes forcément sous le charme de ce genre de joueurs. Ils ont un don. Parfois, on veut les copier, mais on ne peut pas. Ce que fait Neymar techniquement est exceptionnel. Il y a eu Messi et Cristiano Ronaldo. Neymar est de cette trempe. Mbappé le sera plus tard, mais Neymar a une gestuelle, des contrôles et des accélérations que seul lui peut réaliser. Il montre aussi qu’il est capable de faire du pressing, de se replacer. Comme le disait Mbappé, les deux se sont mis à faire les efforts, et tout le monde peut apprécier ce changement aujourd'hui.

"Tuchel a trouvé le soutien idéal : Neymar"

On parle beaucoup de Mbappé et Neymar, mais avec eux il y a le coach Thomas Tuchel, qui semblait en danger ces derniers mois. Comment jugez-vous son influence sur les résultats de l'équipe ?

Je tiens à préciser que je n’ai jamais dit que c’était le pire des entraîneurs la saison dernière. Je ne me permettrai pas de le dire. Mais j’ai simplement rappelé qu’il avait gagné moins de titres que les entraîneurs passés avant lui. Il avait perdu la Coupe de France, la Coupe de la Ligue et il n'avait gagné que le championnat, en se faisant éliminer en huitième de finale de la Ligue des champions. Thomas Tuchel est arrivé dans un club où depuis 7-8 ans il y a quand même pas mal de bouleversements, même si au niveau de la présidence ça ne bouge pas. Nasser (Al-Khelaïfi) fait une confiance totale aux gens avec lesquels il travaille, et ça se voit avec les coaches. Mais la politique sportive est mouvante, et l’entraîneur a besoin de soutien. Là où Tuchel a été fort, c’est qu'il a su trouver le soutien idéal pour faire exister son équipe : Neymar ! Sa relation avec Neymar est excellente. Neymar apprécie beaucoup Tuchel, qui l’a mis dans les meilleures dispositions. Les résultats lui donnent raison, et le système qu’il a mis en place contre l’Atalanta et Leipzig a fonctionné. C’est un entraîneur qui doit avoir le soutien de la hiérarchie. Il a certainement le soutien du président. Sa relation est peut-être différente avec le directeur sportif (Leonardo, ndlr). Je n’en connais pas les raisons, mais il a besoin d’être soutenu pour réussir.

Contre Dortmund, vous étiez venu aux abords du Parc des Princes -fumigène en main- avant le match. Où allez-vous vivre ce PSG-Bayern ?

Je vais la vivre devant ma télé, en famille, en étant un supporter du PSG. C’est le club dans lequel j’ai grandi, celui qui m’a permis de devenir ce que je suis devenu. Je ne suis pas prêt de l’oublier et je serai toujours reconnaissant. Je serai à 100% derrière le PSG dimanche.

Benjamin Quarez, notre envoyé spécial à Lisbonne.