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Payet, Martial, Coman, Griezmann : les Bleus on plus d'un tour dans leur sac

L'équipe de France fait son entrée dans l'Euro ce vendredi. Cet instant marque le début de la compétition mais aussi la fin d'une longue période d'attente. Celle de la préparation et durant laquelle les Tricolores n'ont pas été épargnés par des contraintes en tous genres, et en particulier les forfaits. Dans toute leur histoire, les Français n'ont peut-être jamais autant été confrontés à des défections de dernière minute que cette année. Cependant, il y a des secteurs qui ont plus été pénalisés par l'hécatombe que d'autres. En attaque, par exemple, et en dépit des absences de Karim Benzema, de Nabil Fekir et de Paul-Georges Ntep, l'on pourrait même évoquer une abondance de biens, tant les solutions sont nombreuses. Pour Didier Deschamps, cela constitue incontestablement une aubaine, même si disposer de nombreuses options à un poste donné implique d'avoir, en fin de compte, plus de déçus que d'heureux. 

Connaissant le système préférentiel du technicien bayonnais (le 4-3-3) et aussi les tendances aperçues durant les dernières rencontres amicales, le constat selon lequel les places sont chères en attaque s'impose de lui-même. Il n'y a d'ailleurs plus qu'un seul poste toujours sujet au doute : celui d'ailier gauche, et qu'il y a trop de candidats pour l'occuper.

Payet ou Martial, faut-il vraiment trancher ?

Logiquement, Olivier Giroud devrait être l'avant-centre titulaire des Bleus pendant le tournoi. Et, pour l'épauler sur le côté droit, c'est Antoine Griezmann qui émerge comme le principal choix. Si le Mâconnais n'est pas trahi par son physique déjà bien entamé, il devrait disputer l'ensemble du tournoi dans la peau d'un titulaire. Reste à connaitre celui qui sera son pendant sur le côté opposé. Pour cela, le sélectionneur aura à choisir entre Anthony Martial et Dimitri Payet. Ces deux joueurs ont beaucoup séduit durant la préparation et il semble aujourd'hui difficile de les départager. Mais est-ce vraiment nécessaire d'établir une hiérarchie, quand on sait que les styles sont totalement différents et peuvent répondre à des problématiques différentes posées par les adversaires.

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À titre d'exemple, pourquoi Deschamps choisirait-il Payet au détriment de Martial ? Ce choix pourrait être dicté par la volonté du sélectionneur d'optimiser les séquences de possession que son équipe pourrait avoir. S'offrir aussi un côté imprévisible sur les phases offensives en raison de la capacité qu'a le Réunionnais à évoluer à tous les postes de l'attaque et à permuter avec ses partenaires, et utiliser au mieux cette arme que sont les coups de pied arrêtés. L'ancien Marseillais n'a aujourd'hui pas d'égal en sélection et lors des matches qui pourraient se révéler fermés, il incarne un atout non négligeable. Enfin, titulariser Payet sur le côté gauche, et Griezmann sur le côté droit, permettrait d'évoluer avec deux "faux pieds", ce qui serait probablement utile face à des défenses lentes et faciles à déstabiliser dans le jeu au pied.

Des profils différents pour tromper l'adversaire

Avec l'attaquant de Manchester United, Deschamps possède un joueur rapide, puissant, provocateur et aussi très habile dans la finition. En somme, toutes les qualités nécessaires à un joueur de contre-attaque. Face à un adversaire qui ne ferme pas le jeu, il pourrait s'exprimer en profitant avant tout des espaces. Par ailleurs, et contrairement à Payet, il a un profil différent de celui d'Antoine Griezmann. Et c'est l'idéal pour brouiller les pistes. 

Même s'il lui arrive aussi de le faire par séquences, Martial n'est pas spécialement un adepte du "dépassement de fonction". En club ou en sélection, il s'attèle surtout à faire la différence sur son flanc, attirer des adversaires, les éliminer, et permettre ainsi à ses coéquipiers de se libérer du marquage. L'ancien Monégasque a donc beaucoup à offrir aux Bleus.

Coman aura aussi son mot à dire

La possibilité de voir Payet et Martial ensemble n'est pas à exclure non plus, surtout en fin de match quand Griezmann aura peut-être besoin de souffler ou que Deschamps se décide de sacrifier un avant-centre pur (Giroud ou Gignac) pour profiter de la complicité technique que peuvent avoir les trois éléments cités.

Kingsley Coman est également un élément important, en témoigne son excellent match contre la Russie (4-2), mais aussi ses bonnes performances contre le Cameroun et l'Écosse. L'ancien Parisien sait user de ses qualités physiques et techniques au-dessus de la moyenne pour faire la différence. En fin de match, ses accélérations face à des défenseurs usés sont également une arme redoutable.

0dcb14443c331694c284f48a4b463c9a0346c964(*) Le temps de jeu affiché dans l'infographie est en minutes. Stats Opta.

Deschamps aura besoin de tout le monde

Deschamps a quelques certitudes : il a une multitude de solutions en attaque et possède des garanties en cas de pépin. N'est-ce pas la recette qui a permis à l'Allemagne de triompher lors du dernier Mondial, avec une équipe sans véritable avant-centre mais avec plusieurs joueurs offensifs différents et des remplaçants qui se montraient tout aussi prolifiques que les titulaires ? Idem pour l'Espagne du dernier Euro. Une sélection qui, à défaut d'être explosive, a su tirer profit de son homogénéité avec plusieurs milieux talentueux et un danger qui pouvait venir de partout.

Comme cela a souvent été le cas par le passé, un joueur débutant le tournoi sur le banc peut très bien se retrouver titulaire à la fin, et le contraire est tout aussi vrai. Et le meilleur exemple reste cette sélection française championne du monde 1998 où le temps de jeu avait été équitablement réparti sur l'ensemble de ses attaquants avec, au final, le titre tant espéré.

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