Milan, les problèmes de riche de Montella

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L'entraineur de Milan a eu droit aux renforts qu'il voulait lors du mercato. À présent, il fait face au surpeuplement. En particulier en attaque.

Contrairement aux saisons écoulées, l'AC Milan dispose actuellement d'un effectif assez riche, aussi bien en termes de qualité que de quantité, pour retrouver le premier plan du football italien. Le passage du club sous pavillon chinois a offert aux dirigeants des moyens dont ils n'ont plus disposé depuis le milieu des années 2000. Les quelques 200M€ dépensés à l'occasion du dernier marché des transferts estival est la preuve que la période des vaches maigres et bien terminée pour les septuples champions d'Europe. Mais qui dit santé financière retrouvée dit aussi gestion différente de l'effectif. Et Vincenzo Montella, le coach a déjà pu le constater. 

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L'entraineur italien a vu débarquer durant la dernière intersaison onze nouveaux joueurs au sein de son équipe. Certes, plusieurs éléments ont aussi fait leurs valises, mais le groupe milanais de 2017-18 a des postes doublés, voire triplés, quand celui de 2016-17 présentait des manques dans plusieurs secteurs. Là où les Lombards sont particulièrement pourvus, c'est au poste d'avant-centre. Au sein de la formation actuelle et vu le schéma employé (4-1-2-3), et si on considère que Suso et Fabio Borini sont plus des ailiers, ils sont trois à prétendre à un seul poste, en l'occurrence Patrick Cutrone, Nikola Kalinic et André Silva. En comparaison, l'année dernière il n'y avait que Carlos Bacca comme recours crédible dans cette position. Malgré ses 8 buts marqués, Gianluca Lapadula n'avait pas vraiment réussi à convaincre son entraineur.

Même s'il lui arrive de changer de système et placer deux pointes, ce qu'il a d'ailleurs fait le week-end dernier contre la Sampdoria, Montella préfère utiliser une tactique avec un seul attaquant axial. Cela lui procure, de fait, l'embarras du choix, mais aussi un embarras tout court. Comment va-t-il gérer le temps de jeu des trois éléments cités, ménager leurs égos et faire en sorte que les décisions qu'il prend soient surtout profitables à l'équipe ? C'est la problématique qui se pose et elle a de quoi lui faire passer quelques nuits blanches. Car même en se mettant à sa place, il n'est pas facile de trancher au vu des différents arguments que chaque joueur offre. 

Patrick Cutrone

Âge : 19   
Bilan depuis le début de la saison : 9 matches (6 comme titulaire), 4 buts.

Ce n'est pas une recrue, mais ça y ressemble grandement. Pur produit de la formation milanaise, il n'avait pas encore joué au sein de l'équipe première avant cette saison. Et il était même question de le céder en prêt avant l'entame du championnat. Mais ses excellentes prestations durant la phase de préparation et aussi les matches préliminaires de la Ligue Europa ont convaincu le staff et la direction de le garder. Un choix qu'ils ne regrettent pas puisqu'en dépit de son inexpérience, le jeune Cutrone a déjà été décisif à 3 reprises en Serie A (2 buts et 1 passe décisive).

Avis de Simone Gambino (Goal Italie) : C'est la grande révélation de ce début de saison. C'est un joueur qui sent le but, un vrai renard des surfaces. Il détient le record de buts marqués en équipes jeunes de Milan. Mais, il doit encore beaucoup progresser, notamment dans le jeu avec ses coéquipiers et aussi loin de la surface adverse.

André Silva

Âge : 21 
Bilan depuis le début de la saison : 7 matches (4 comme titulaire), 5 buts

C'est la recrue phare de l'intersaison milanaise. Le club a déboursé la bagatelle de 38M€ pour l'arracher au FC Porto. Jusqu'ici, on ne l'a pas encore trop vu jouer en Serie A. En revanche, il a été très brillant lors du match contre l'Austria Vienne en Ligue Europa, où il a mis un triplé. Désigné comme le successeur de Pauleta à la pointe de la sélection portugaise, André Silva aura fort à faire pour marcher sur les pas des Van Basten, Shevchenko et Inzaghi du côté de San Siro. Mais, il a encore le temps devant lui et il semble être enclin à apprendre les rudiments du Calcio sans brûler les étapes. 

Avis de Simone Gambino : Il est l'attaquant le plus cher de l'histoire de Milan. Sur un plan technique, c'est un joueur qui semble être très intéressant. Il est aussi agile, rapide et a le sens du placement. Le défaut qu'on peut lui trouver c'est qu'il n'est pas encore totalement au point physiquement. Il doit justifier son énorme valeur marchande. Sa dernière prestation contre SPAL a été assez quelconque. Montella se montre prudent avec lui et veille à ne pas trop l'exposer.

Nikola Kalinic

Âge : 29 ans
Bilan depuis le début de la saison : 6 matches joués (4 comme titulaire), 2 buts marqués.

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C'est le dernier arrivant du mercato milanais. Il semble avoir les faveurs de Montella, puisque c'est lui qui a été le plus fréquemment aligné en Serie A. L'ex-joueur de la Fiorentina n'a pas effectué de préparation avec l'équipe, mais cela ne se sent pas trop. Il a déjà pu scorer à deux reprises. En janvier dernier, il avait la possibilité de partir en Chine, mais a privilégié le côté sportif. Son transfert à Milan est à la fois une récompense et une confirmation de ses ambitions personnelles.

Avis de Simone Gambino : C'est le plus expérimenté des attaquants et il connait assez bien la Serie A. Il a aussi un bon vécu européen. À 29 ans, il est dans la meilleure période de sa carrière. Montella l'apprécie beaucoup car il sait comment se déplacer pour aider l'équipe. Il est intelligent, vif, a une bonne vision de jeu et aussi l'esprit du sacrifice. Mais ce n'est pas vraiment un buteur-né, pas un goleador. Ses débuts avec Milan sont assez conformes aux attentes.

Verdict : 

Jusqu'ici, Montella semble avoir clairement donné sa préférence à Kalinic pour les matches de Serie A, même si le temps de jeu de Cutrone n'est pas ridicule et qu'il a été titulaire lors du choc contre la Lazio. En Europe, c'est une autre histoire. Ayant adopté le turnover d'une compétition à une autre, le coach milanais a lancé progressivement André Silva. Le Portugais a été à la hauteur de sa confiance, mais cela ne lui a pas suffi pour s'imposer comme titulaire. Avec les nombreux matches programmés cette saison, l'ex-entraineur de la Fiorentina semble parti avec l'idée de donner du temps de jeu à tout le monde, tout en établissant une hiérarchie par rapport au profil des matches et leurs enjeux. Telle est sa logique en attendant peut-être que d'autres facteurs, comme l'efficacité et la régularité des différents attaquants, ne l'amènent à redistribuer les cartes. 

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