Kylian Mbappe Achraf Hakimi PSGGetty Images

Logistique, sécurité, récupération, nombre de personnes… à quoi ressemble un déplacement du PSG

Après « le char à voile gate », le hasard du calendrier réserve au PSG un nouveau match à deux heures de train, ce dimanche à Lyon. Dix jours après la polémique qui a touché le club de la capitale concernant ses déplacements et leur impact écologique, Paris va de nouveau se déplacer en avion. Pour comprendre cette décision, il faut imaginer ce qu’est un déplacement du champion de France, comment il s’organise et à quelles logiques répond le choix du moyen de transport. Goal vous explique.

Une feuille de route entre le service achat et le secteur sportif

A Paris, l’organisation des déplacements est la tâche de plusieurs entités assez distinctes du club de la capitale. D’un côté le secteur sportif, la sécurité du club et le team manager du club établissent une feuille de route pour le déplacement des Parisiens. Une sorte de cahier des charges qui se base sur des critères précis : la sécurité des joueurs (c’est l’un des points majeurs), leur confort et leur récupération après le match, préoccupation principale dans le staff de Christophe Galtier.

Ces doléances sont ensuite transmises au service achat du club qui s’occupe de réserver et organiser les conditions du déplacement, notamment sur la question du moyen de transport. En y ajoutant eux aussi un critère : le coût.

60 à 70 personnes à chaque voyage

Ce dimanche soir à Lyon, comme à chaque fois qu’il se déplace pour les matchs de Ligue 1 ou de Ligue des champions, le club de la capitale emmène entre 60 et 70 personnes. Outre les joueurs et le staff, la délégation parisienne comprend aussi du personnel médical, des intendants et le personnel de sécurité. A titre de comparaison, les déplacements de l’équipe féminine et de la section handball représentent entre 20 et 30 personnes.

« Au niveau de l’intendance, on est très pointus sur le matériel que l’on doit amener pour que les joueurs se préparent du mieux possible et récupèrent le plus rapidement possible après le match, en terme de récupération active, de kiné, d’alimentation, détaillait Christophe Galtier à la veille du de la venue de son équipe dans le Rhône. Et évidemment ce que je découvre ici, je ne l’avais jamais vu. »

A ce nombre, il faut donc aussi ajouter une quantité de matériel assez impressionnante, gérée en partie par les intendants du club. Et notamment les équipements des joueurs (les tenues, plusieurs maillots et crampons), le matériel médical (table de massage), les éléments nécessaires à la restauration des joueurs et du staff.

Récupération et sécurité au cœur des critères du club

A Lille, Luis Campos et son équipe accordaient une attention toute particulière à la récupération des joueurs entre chaque voyage. Et en particulier dans l’année post-covid. Dans une saison qui sera interrompue de la mi-novembre à la mi-décembre par la Coupe du monde, cette problématique est encore un peu plus présente alors que les matchs s’enchaînent tous les trois jours. 

A Haïfa, cette donnée a particulièrement embêté le club, à tel point qu’il a demandé à l’UEFA, avant que la programmation officielle ne soit fixée, à pouvoir jouer la rencontre à 18h45. Sans réussite. Fixée à 22h, heure locale, cette rencontre de C1 face aux Israéliens a obligé le club de la capitale à dormir sur place, alors qu’il a l’habitude de rentrer immédiatement après les matchs pour optimiser sa récupération en vue de la rencontre contre l’OL.

En Israël, comme au Japon, Paris a encore pu jauger à quel point ses joueurs pouvaient être accueillis comme des rockstars. À Haïfa, ils étaient près de 300 fans devant l’hôtel, près de 1000 à attendre leur venue au stade à Tel-Aviv en août. Sans oublier l’hystérie collective qu’avait suscité leur passage dans la gare de Tokyo, et des moyens de sécurité « monstrueux » selon plusieurs témoins, où beaucoup de Japonais ont réclamé un autographe ou un selfie. En vain. 

Pourquoi pas le train ?

Hormis l’équipe masculine, toutes les autres sections sportives prennent majoritairement le train. Preuve s’il en est que prendre le train n’est pas un problème au PSG. Alors pourquoi pas eux ? Parce que Marie-Antoinette Katoto et Nikola Karabatic, malgré leur talent et leur palmarès, ne déclenchent pas des vagues d’hystérie lorsqu’ils traversent une gare. Pour que les stars parisiennes empruntent les mêmes voies, il faudrait tout simplement que les gares de départ et d’arrivée soient complètement bouclées et que les passagers présents dans le même train soit contrôlés drastiquement. Comme ce fut le cas entre Tokyo et Osaka en juillet dernier. 

Les footballeuses et les handballeurs parisiens ont aussi l’avantage de pouvoir disputer leur rencontre en journée, ce qui leur laisse souvent le temps de repartir en train dans la foulée. Dans les prochaines semaines, le PSG et la SNCF devraient se rencontrer pour évaluer la faisabilité des trajets en train. Des discussions que la polémique, initiée par le directeur des TGV-INTERCITÉS Alain Krakovitch, ont fini par accélérer. 

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