Il y a deux mois, lorsqu'ils ont vu le nom de Lokomotiv Moscou sortir des boules lors du tirage, le staff et les dirigeants niçois ne savaient pas vraiment s'il fallait se réjouir ou faire la moue. D'un côté, ils évitaient les plus gros clients en course dans cette compétition, mais d'un autre, ils tombaient aussi sur une équipe qui caracolaient (et qui caracole toujours) en tête du championnat russe. Depuis, les Azuréens ont eu le temps de faire connaissance avec cet opposant. Et, ils ont donc ainsi pu mesurer qu'il s'agit d'une formation qui n'a rien d'une victime expiatoire et face à laquelle il sera nécessaire de livrer deux prestations sérieuses sous peine de connaitre une mauvaise surprise.
La plainte de Neymar rejetée par la FIFA ?
En conférence de presse d'avant-match mercredi, Lucien Favre a livré une petite synthèse sur les forces et les faiblesses du Loko. "Cette équipe est 1ère de son championnat, avec 8 points d'avance, ce n'est pas rien ! Ils peuvent faire le jeu et combinent très bien dans les 25 derniers mètres. Après, comme toutes les équipes ils ont leurs petites failles...". Si les Russes ont effectivement des défauts, la première partie de la saison les a surtout vus mettre en avant leurs qualités. Et en particulier dans le domaine collectif.
Pas de grande star, mais une équipe qui tourne bien
Le club des chemins de fer de la capitale ne possède pas le meilleur effectif du pays. Ceux du Zenit, du CSKA et même de Spartak sont, par exemple, mieux lotis. En revanche, le Lokomotiv dispose d'un groupe bien huilé où se côtoient des joueurs d'expérience et des jeunes de qualité. L'été dernier, il y a eu notamment le recrutement de l'ancien international Igor Denisov (54 sélections), lequel règne en maitre dans l'entrejeu et apporte un vrai équilibre entre les lignes. À ses côtés, on retrouve Manuel Fernandes (32 ans), un milieu portugais passé par Valence et Everton et dont les débuts en sélection datent d'il y a treize ans déjà. Deux cadres qui se chargent notamment de fournir en ballons la doublette offensive Eder et Farfan. Le premier nommé n'est plus à présenter en Hexagone. Quant au second, il ne sera bientôt plus méconnu aux Français puisqu'il défiera les Bleus de Didier Deschamps avec sa sélection du Pérou lors du prochain Mondial.
Au côté de ses nombreux éléments chevronnés, on retrouve donc aussi des talents en devenir comme principalement les frères Miranchuk. On prédit un grand futur à ses jumeaux, et même si l'un est titulaire (Aleksey) et l'autre pas (Anton), ils font partie des présélectionnés pour le Mondial à domicile. L'OGCN aura tout intérêt à se méfier d'eux. Enfin, le leader de la RPL peut compter sur une charnière centrale très solide, composée de Solomon Kvirkvelia et de Nemanja Pejcinovic, un ancien des Aiglons.
En quête de faits d'armes sur la scène européenne
Tout ce beau monde est aussi dirigé par un grand coach, en la personne de Yuri Semine. En Europe, ce technicien de soixante-dix ans n'a peut-être pas une très grande renommée, mais en Russie il est une véritable référence à son poste. Présent dans le métier depuis 1982, il est passé notamment par l'Ukraine et l'Azerbaïdjan, mais s'il y a bien un club auquel son nom est irrémédiablement associé c'est bien celui de Lokomotiv. Actuellement, il y vit sa quatrième expérience (la première datant de l'époque de l'ex-URSS). C'est sous ses ordres que ce club a remporté ses deux uniques titres nationaux (2002 et 2004). S'il a la particularité d'avoir un fort caractère, Semine se distingue aussi par son attachement envers les Krasno-zelyonyye (les Rouge et Vert). Malgré les conflits qu'il a pu connaitre avec la direction, il a toujours répondu présent lorsqu'on a fait appel à lui.
Nice est donc prévenu. Le Lokomotiv se présentera à l'Allianz Riviera avec de sérieux arguments. Et l'équipe russe sera aussi animée d'une envie particulière, celle de voir le printemps européen pour la première fois depuis 1998/99. À l'époque, elle avait réalisé son meilleur résultat sur la scène continentale en atteignant les demi-finales de la défunte Coupe des Coupes (éliminée par le futur vainqueur, la Lazio). Depuis, il n'y a plus eu de parcours remarquables hors des frontières nationales, mais quelques résultats notables ont été enregistrés comme le succès face à Monaco en 2003/04 (2-1), ou contre le Sporting en C3 2015/16 (3-1). Dominer Nice sur une double confrontation ne serait peut-être pas l'exploit du siècle pour le Lokomotiv mais ça resterait une belle performance et ça serait surtout la première fois que ce club écarterait un club français de son chemin en Europe.


