Le débat a toujours existé et existera toujours. Faire confiance à un entraîneur français en Ligue 1, comme font certains pays dans leur championnat local, ou bien s'ouvrir au monde et faire venir un entraîneur étranger, parfois confirmé ou non. Ces dernières saisons, les dirigeants du championnat de France, et plus particulièrement ceux des plus grands clubs français, ont pris le pari de choisir la seconde option à savoir les entraîneurs étrangers.
Le PSG avec Thomas Tuchel, Monaco avec Leonardo Jardim, l'OM avec André Villas-Boas, mais aussi avant cela avec Bielsa où Michel, l'OL avec Sylvinho, même l'ASSE a essayé l'expérience, sans succès, avec Oscar Garcia. Beaucoup de clubs de Ligue 1 préfèrent parfois même faire un pari avec un technicien étranger méconnu. Dans une interview accordée à Le Figaro, Olivier Dall'Oglio, passé par Dijon et désormais à Brest, a montré de l'agacement envers cette tendance à ne pas faire confiance aux entraîneurs français.
"Pourquoi ne serait-on pas capable de gérer des stars ?"
"Des complexes vis à vis de Tuchel, Jardim ou Villas-Boas ? Aucun complexe. À Dijon, j’ai eu un garçon comme Florent Balmont, un grand professionnel, mais il a un sacré caractère. Il faut discuter et le gérer. Ce n’est pas facile mais pas impossible. Parfois je suis surpris de voir le fonctionnement de certains coaches étrangers. Ils débarquent avec leurs idées et aucun plan B, en occultant le contexte et la philosophie du club. C’est une erreur", a expliqué l'entraîneur de Brest.
"C’est une nouvelle mode. Certains présidents de L1 cherchent à se rassurer. Quand tu prends un coach réputé, enfin plus ou moins réputé pour certains, tu t’achètes une forme de tranquillité. On pardonne plus à un coach étranger qu’à un français. Quand vous faites venir Marcelo Bielsa à Lille, Miguel Cardoso à Nantes, Oscar Garcia à Saint-Etienne, ce n’est pas le résultat assuré. Déjà quand on parle la même langue, c’est difficile de communiquer, alors quand tu parles une autre langue, ça peut compliquer la situation. Ce n’est pas la seule raison mais ça y participe", a ajouté Olivier Dall'Oglio.
L'entraîneur de Brest considère avoir les épaules pour diriger une formation de haut de tableau : "Oui ça ne me fait pas peur et je ne ferai pas moins bien le travail que certains. En France, on aime mettre les gars dans des cases, après, il est difficile de s’en sortir. Moi je suis le gars qui ne fait pas trop mal jouer ses équipes mais aurait du mal à viser au-dessus. Vous savez, on gère aussi des gars de caractère, qui ont de la personnalité. On me dit : «Les stars sont difficiles à gérer». Je réponds que c’est du management. Pourquoi ne serait-on pas capable de gérer des stars ?".
