Les barrages, loin d'être une formalité pour les gros

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Ce jeudi débutent les barrages du Mondial 2018 dans les différents continents. Des rendez-vous où des grandes nations ont parfois connu des frayeurs.

Comme c'est le cas lors de chaque ultime étape menant à la Coupe du monde, ce mois de novembre sera dominé par les rencontres de barrages. À l'exception de l'Afrique, tous les continents seront concernés par ces duels au couteau. On pourrait les comparer aux matches à élimination directe des coupes d'Europe mais avec un enjeu encore plus important. 

Après Koscielny, la jeunesse s'empare aussi de la défense des Bleus

Ces barrages sont une session de rattrapage pour des sélections n'ayant pas su (ou pu) valider leur qualification durant la phase de groupes. Généralement, les gros bras, dans leur majorité, arrivent à y échapper. Néanmoins, il arrive que quelques-uns d'entre eux soient concernés par ces empoignades de fin de qualifications. Jusqu'ici, aucune grande nation ne s'y est cassée les dents, quelques catastrophes ont été évitées de justesse avec des matches retour joués dans des atmosphères très tendues. L'Italie, quadruple championne du monde, est prévenue.

Des Bleus apathiques puis renversants face à l'Ukraine

Parmi les barrages mémorables, comment ne pas citer celui d'il y a quatre ans entre la France et l'Ukraine. Devancés par l'Espagne dans leur groupe qualificatif, les Tricolores ont été contraints de se mesurer à Iarmolenko, Konoplyanka et cie. Le match aller à Kiev est un véritable désastre pour les Bleus. Mangés dans l'engagement et trahis par leur défense, ils se font battre logiquement 2-0. Un résultat alarmant. Après le fiasco de Kiev, les Français basculent dans un mode commando. Deschamps et Le Graët sortent le grand discours et mobilisent les joueurs en vue de l'exploit. Tout est réuni pour réussir une remontada au Stade de France. Des joueurs sont aussi écartés. Samir Nasri, Olivier Giroud et Eric Abidal ne sont pas titularisés. Au final, ce match retour se déroule comme dans un rêve. Et il a un héros inattendu, Mamadou Sakho. L'ancien défenseur du PSG s'offre un doublé. Karim Benzema y va aussi de son but et permet à tout un peuple de pousser un grand ouf de soulagement.

L'Italie et l'Allemagne ont échappé au coup de froid

En Europe, d'autres sélections ont eu à trembler dans ces barrages, mais dans des proportions un peu moins élevées que la France. En 2002, l'Allemagne n'est pas du tout sereine à l'heure de défier… l'Ukraine. La Nationalmannschaft, reste sur une élimination prématurée à l'Euro 2000 et une défaite monumentale à Munich contre l'Angleterre (1-5) et se rend à Kiev la peur au ventre. Tant bien que mal, elle parvient à y accrocher un nul (1-1). Le retour se joue dans un contexte compliqué mais Michael Ballack  et consorts parviennent en fin de compte à s'imposer 4-1 et évitent l'humiliation d'une élimination. Ce succès est fondateur pour eux puisqu'au Mondial ils étirent leur route jusqu'en finale.

En 1997, l'Italie de Cesare Maldini connait le même cas de figure que l'Allemagne. Au sortir d'un Euro anglais calamiteux (élimination au premier tour), les Azzurri ne sont pas au mieux quand ils attaquent les éliminatoires. Ils se font devancer par les Anglais et se voient obliger de jouer les barrages. La Russie leur est proposée comme adversaire. À Moscou, sur un terrain à la limite du praticable, le match est équilibré. Néanmoins, et grâce à l'apport du petit nouveau Gianluigi Buffon, les Transalpins assurent le nul (1-1). Au retour, le San Paolo de Naples entre en fusion avec ses 76.000 supporters. Le combat est âpre et la différence ne se fait que sur un seul but. Il est l'œuvre de Pierluigi Casiraghi dix minutes après la reprise. Ce dernier connait alors son moment de gloire avec la Nazionale, mais cela ne lui suffit pas pour être présent en France, Maldini l'ayant ensuite écarté de sa liste des 22 pour faire place au revenant Baggio.

Un Maradona en préretraite inspire l'Argentine

Il n'y a pas que les grandes nations européennes qui ont été concernées par ces rencontres éliminatoires sans filet. En Amérique du Sud, l'Uruguay et l'Argentine ont aussi eu droit à ces matches d'appui. Dans le cas de la Celeste, c'est même devenu une habitude au fil des phases finales. Aucune sélection n'a disputé autant de barrages que les doubles champions du monde (4). Ils les ont tous négocié avec succès, sauf celui du Mondial 2006 lorsqu'ils sont tombés contre l'Australie. C'était la seule et unique fois où un ancien champion du monde tombait lors de ce duel de repêchage.

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L'Argentine a elle disputé les barrages en 1993. C'était sa punition après avoir concédé un retentissant 0-5 à domicile contre la Colombie lors de la phase de groupes (dans une poule à quatre). L'Albiceleste devait se frotter à l'Australie, vainqueur de la Zone Océanie. Alfio Basile et ses hommes craignaient ce double rendez-vous. Pour mettre toutes les chances de son côté, le sélectionneur a alors choisi de rappeler Diego Maradona, lequel n'avait plus été convoqué depuis plusieurs mois puisqu'il se trouvait sans club. Un retour qui a galvanisé ses partenaires. El Pibe Del Oro a joué les 180 minutes de cette double confrontation, guidant les siens vers les Etats-Unis (1-1, 1-0). Au retour, le but décisif est signé de la patte de Gabriel Batistuta, mais c'est bien le capitaine que l'on voit à la Une de tous les journaux.

Di Stefano héros d'un barrage à défaut d'un Mondial

Malgré son immense talent et le fait d'avoir été la principale star du ballon rond dans les années 50, Alfredo Di Stefano n'a jamais eu la chance de participer à une Coupe du Monde. Pourtant, il aurait pu le faire sous le maillot de deux sélections différentes, l'Argentine et l'Espagne, mais le destin en a voulu autrement. 

Avec l'Albiceleste, il n'arrive pas à se qualifier pour le Mondial 1950 et doit se contenter d'une victoire en Copa America (1947). Avec l'Espagne, il pense pouvoir découvrir ce tournoi planétaire en 1962 quand il participe à l'ensemble des qualifications. Il est même décisif lors du barrage joué contre le Maroc (1-0, 3-2). Toutefois, il est privé de la phase finale à cause d'une blessure. Lors de l'avant-dernier match de préparation, il est victime d'un problème musculaire qui le contraint à rater le premier tour. Son seul espoir repose sur une qualification de la Roja en quarts de finale. Or, les Ibériques baissent pavillon dès le premier tour après des défaites contre les Tchèques et les Brésiliens.

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