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Le Portugal n’en voit pas le bout

Présent à toutes les compétitions internationales depuis 2000, le Portugal sera-t-il la seule grande nation du football à manquer le rendez-vous de l’Euro 2016 ? Une éventualité à laquelle personne ne songeait il y a encore quelques heures, mais qui, à présent, se révèle être tout à fait plausible. La défaite enregistrée dimanche soir à domicile face à l’Albanie, 73e au classement FIFA, a étalé, ou plutôt confirmé, l’état alarmant dans laquelle se trouve cette sélection. Que ça soit au niveau du rendement ou des ressources mentales affichées, les Lusitaniens sont au plus mal et rien n’indique que la situation puisse évoluer dans le bon sens. Au contraire, tout porte à croire que la dégringolade ne fait que commencer.

Une sélection qui fait « honte »

Ce n’est pas la première fois que la Selecçao débute des éliminatoires par une contre-performance. C’est même devenu sa spécialité ces dernières années. Cependant, et contrairement aux fois précédentes, la thèse d’un accident de parcours a du mal à tenir. Parce que cette équipe était attendue au tournant après une Coupe du Monde manquée (élimination au premier tour), parce qu’en faisant jouer le match hors de Lisbonne (à Avero) la Fédération avait tablé sur un électrochoc et aussi parce que tous les discours tenus avant la rencontre, par les joueurs ou l’entraineur, donnaient l’impression qu’il y avait une mobilisation générale et le souci de ne surtout pas se louper pour cette nouvelle aventure. Au final, les 90 minutes de cette rencontre ont totalement contrasté avec les attentes. Pour les supporters de cette sélection, ce fut une longue agonie, une souffrance sans nom et une soirée de désastre comme ils n’en ont très rarement connu.

En réalité, dans l’ère moderne, jamais le Portugal n’avait été ridiculisé par une sélection de second couteau sur ses terres. Il y a, certes, eu la défaite contre le Danemark (2-3) en éliminatoires du Mondial 2010 ou celle contre la Roumanie à l’occasion des qualifications pour l’Euro 2000, mais ces adversaires-là sont d’un niveau nettement supérieur à celui de l’Albanie. Avec le respect qu’on peut avoir pour Lorik Cana et ses coéquipiers, ce revers a tout l’air d’être une humiliation. C’est ce que résument d’ailleurs parfaitement les unes des principaux quotidiens locaux ce matin. « La honte », titrait le quotidien Record, alors qu’O Jogo évoquait une « misère totale ». Des mots forts, mais nullement exagérés. Hier, le Portugal a vraiment touché le fond et cette déroute restera très certainement dans les annales.

Ronaldo, l’arbre qui cache la forêt

Le problème qui se pose pour les Portugais c’est qu’ils n’ont pas vraiment le temps de se lamenter sur leur sort. Les matches de qualification vont s’enchainer d’ici la fin de l’année et il est impératif qu’ils se redressent sous peine de voir ce marasme se prolonger et l’état de crise s’intensifier. Les solutions, il  y en a coup sûr, mais encore faut-il qu’ils acceptent de les envisager. Celle qui semble être la plus évidente c’est le limogeage de Paulo Bento. L’ancien coach du Sporting ne maitrise absolument plus rien et au-delà de son management très contesté, ce sont ses choix tactiques qui sont énormément critiqués. Le crédit qu’il a pu emmagasiné en emmenant les siens dans le dernier carré du dernier Euro s’est épuisé et le choix de la fédération de le maintenir dans ses fonctions est plus qu’incompréhensible.

Paulo Bento a donc une grande responsabilité dans les mauvais résultats qu’accumule cette sélection. Mais, il n’est assurément pas le seul fautif. S’il y a bien un constat à tirer du match contre l’Albanie c’est que sans Cristiano Ronaldo, ce Portugal n’arrive plus à se montrer performant et se hisser à la hauteur des autres grandes sélections européennes. Même avec le Ballon d’Or dans ses rangs, la régularité n’est pas au rendez-vous. Comment expliquer ce phénomène ? Pas la peine de chercher midi à quatorze heures ; il est loin le temps où ce pays possédait une remarquable génération de talents. Aujourd’hui, les joueurs de haut standing au sein de cette équipe se comptent sur les doigts d’une main. Il existe même des secteurs, comme celui de l’attaque, où cela fait presque dix ans que l’on attend l’émergence d’un élément digne de ce nom.

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