Karim Benzema, la preuve par quatre

Commentaires()
Samedi soir, Karim Benzema a soulevé sa quatrième C1 avec le Real Madrid. Un record en France qu'il mérite plus que n'importe qui.

Qui est le joueur français à avoir gagné le plus de finales de Ligue des Champions ? Depuis samedi, et le triomphe du Real Madrid à Kiev face à Liverpool, il n'y a qu'un seul nom à citer en réponse à cette question : Karim Benzema. À 30 ans, l'attaquant originaire de Lyon a effacé définitivement des tablettes le record de l'illustre Raymond Kopa (1957, 1958 et 1959). Et, il ne l'a pas fait discrètement. Pour entrer dans l'histoire, le numéro 9 merengue a mis un point d'honneur à signer une prestation de tout premier ordre. Peut-être même sa meilleure à un niveau aussi élevé.

L'étiquette du héros du match est revenu à son coéquipier Gareth Bale, auteur d'un doublé après être sorti du banc, mais Benzema a presque autant participé à ce triomphe madrilène que son coéquipier gallois. Quatre vingt-dix minutes durant, il a étalé toutes les qualités qu'on lui connait : celles d'un attaquant généreux, ultra-précieux aux avant-postes par ses remises incessantes et les solutions qu'il offre, mais aussi celles d'un combattant qui ne lâche jamais et d'un buteur qui sent les bons coups quand personne n'y pense et parvient à les exploiter.

Le but qu'il inscrit à la 51e, celui qui donne l'avantage à son équipe, est l'illustration de cet opportunisme. Bien sûr, cette saison, le Français n'a pas toujours fait preuve du même flair dans la surface adverse, mais c'est comme si l'importance du rendez-vous l'a amené à être à la fois plus concentré et plus appliqué. Autrement, comment expliquer le reflexe qu'il a eu de mettre en opposition son pied pour empêcher Loris Karius de dégager à la main ? Il n'y avait qu'un seul geste à faire et c'était celui-là. Ce n'était assurément pas la plus belle réalisation de sa carrière, mais on la cataloguera facilement comme étant la plus astucieuse.

Jusqu'à ce samedi, Benzema n'avait encore jamais scoré à l'occasion d'une finale européenne. Est-ce que cela le travaillait, le dérangeait ? Certainement, même s'il s'est toujours soucié du bien de son équipe avant le sien. Quand le Real gagnait, son amertume était moindre et il ne l'a jamais laissé transparaitre. À présent, ce manque est désormais comblé. L'ancien rhodanien a enfin pu se montrer décisif lors d'une finale continentale. Et même si ce n'était pas le but qui a décidé du sort du match, c'était bien celui qui a lancé les Merengue vers la gloire, alors que Liverpool faisait bien plus que résister.

Des vacances bien méritées, mais qu'il aurait aimé retarder

Avec cette finale réussie à tous points de vue, Benzema fera-t-il enfin l'unanimité aux yeux des supporters madrilènes ? Entendra-t-on encore les sifflets dans le futur quand il aura le malheur d'aligner quelques matches sans faire trembler les filets ? Il est difficile de l'affirmer car les fans ont souvent la mémoire courte, même ceux des champions d'Europe en titre. Néanmoins, il n'y aura plus personne pour clamer que ce joueur ne sait pas répondre présent lors des soirs où ça compte le plus. Que son altruisme l'invite à laisser systématiquement la lumière aux autres. Ou qu'il perd son sang-froid face au poids de la pression qu'engendrent les grosses affiches.

L'article continue ci-dessous

Non, Benzema est un attaquant de classe mondiale. Et aujourd'hui, il est également le quatrième meilleur réalisateur de l'histoire de la Ligue des Champions. En marquant contre les Reds, il a porté à 56 son nombre de buts dans cette compétition, égalant notamment la marque de Ruud Van Nistelrooy. À présent, seuls les géants Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, et aussi son ancien partenaire Raul le devancent dans ce classement. Peut-on après cela vraiment le qualifier d'attaquant ordinaire ? Ça serait lui manquer de respect, et aussi insulter l'histoire du football.

Ce matin, Benzema doit être un homme heureux. Est-il comblé ? Il est facile d'imaginer que non, même s'il ne faudra pas compter sur lui pour exprimer une quelconque blessure intérieure. Alors que tous ses coéquipiers vont s'envoler pour la Coupe du Monde en Russie, le banni de Didier Deschamps est "contraint" d'abréger sa saison. Après l'Euro 2016, il va encore manquer un grand tournoi majeur international. Le sélectionneur tricolore sait assurément mieux que quiconque ce qui est le mieux pour son équipe. Néanmoins, il y a de moins en moins de monde pour comprendre les raisons sportives de cette éviction, car c'est bien le critère qui prime et qui a été mis en avant. Et le mot injustice, pour commenter ce surprenant choix, a rarement paru aussi approprié.  

Prochain article:
Mauro Icardi, le 9 anti-moderne qui demeure vital pour l’Inter Milan
Prochain article:
Barça : 3 semaines d'absence pour Messi, qui manquera le Clasico
Prochain article:
​PSG : Edinson Cavani n'a encore jamais recroisé Naples
Prochain article:
Monaco, Thierry Henry : "Je veux retenir du positif dans le négatif"
Prochain article:
Udinese-Naples 0-3, le Napoli est prêt pour Paris
Fermer