Cet été, l’Angleterre a vu plusieurs de ses vieux briscards dire adieu à sa sélection, dont Frank Lampard et Steven Gerrard. La retraite internationale de ce duo emblématique marque la fin d’une ère et il suffit aujourd’hui de voir la moyenne d’âge des joueurs qui composent l’effectif des Three Lions pour mesurer à quel point la rupture avec le passé est tangible. Pour retrouver le premier plan du football européen et mondial, la sélection d’outre-Manche s’appuie donc sur un grand nombre de jeunes. Néanmoins, ces jeunes sont aussi entourés par une poignée d’anciens, censés les guider et assurer la transition. James Milner, du haut de ses 50 capes, en fait partie. Le milieu offensif de Manchester City n’a peut-être jamais été un titulaire indiscutable au sein de cette équipe, mais de par le comportement affiché sur le terrain et dans le vestiaire, il a été et reste un véritable modèle.
Des promesses non confirmées
Quand en décembre 2002, Milner est devenu à 16 ans et 356 jours, le plus jeune buteur de l’histoire de la Premier League, toute la presse britannique s’est alors précipitée pour le décrire comme un futur crack. Même les grands managers de ce championnat ont vu en lui un élément susceptible, à long terme, de hisser le niveau de la sélection. Malheureusement, ces promesses, le natif de Leeds n’est jamais vraiment parvenu à les confirmer. Certes, en rejoignant successivement Newcastle, Aston Villa et Manchester City, il a continué au fil des années à progresser, mais pas au point d’atteindre le niveau qu’on lui prédisait. Il a, par ailleurs, surtout attendu sept ans après ses débuts en championnat pour intégrer le groupe des Three Lions (en 2009). Une convocation sur le tard que lui a offert Fabio Capello, mais qu’il a su parfaitement saisir puisqu’il a été de toutes les campagnes internationales depuis le Mondial 2010.
Aujourd’hui, derrière le capitaine Wayne Rooney, Milner est l’élément le plus capé de la sélection anglaise. Un bon vécu, mais dont il ne tire pas vraiment profit. Car s’il est présent à tous les rassemblements, l’ailier des Eastlands n’apparait qu’en tant que remplaçant. Et encore… Lors du dernier Mondial, le seul match qu’il a disputé a été celui contre le Costa-Rica qui comptait pour du beurre. En cette année 2014, il n’a en tout et pour tout cumulé que 223 minutes avec le maillot blanc sur le dos. C’est peu, surtout pour un joueur en pleine force de l’âge et au vécu si important. Aux yeux de Hodgson, il n’incarne pas (plus ?) l’avenir et on a pu s’en convaincre définitivement le mois dernier quand ce dernier lui a préféré le jeune Fabian Delph pour un match important des éliminatoires de l’Euro face à la Suisse (2-0). D’autres à la place de Milner se seraient rebellés devant cette « mise à l’écart », mais lui s’est tu, sans faire d’histoires et a accepté, une fois de plus, la dure loi de la concurrence.
« C’est à coup sûr frustrant, mais d’un autre côté c’est l’Angleterre et vous représentez votre pays, a-t-il confié cette semaine lorsqu’il lui a été demandé de revenir sur cet épisode. Roy (Hodgson) ne m’a pas retenu pour ce match contre la Suisse, mais il m’a dit pourquoi il avait choisi Fabian. Il avait ses raisons et je le respecte parce qu’il a pris la peine de venir me voir et me dire pourquoi il a fait ce choix ». L’idée d’exprimer son mécontentement n’est jamais venue à l’esprit de Milner. Cela aurait été contraire à sa nature, et surtout contraire aux valeurs qui lui ont été inculquées : « Il y a deux manières de réagir ; vous pouvez l’ouvrir et vous plaindre devant la presse, et alors vous taire, travailler dur à l’entrainement et essayer de forcer le destin. Pour moi, la deuxième option est la seule façon de faire que je connais ».
Il compte reconquérir sa place
Tout au long de sa carrière, Milner a donc toujours été intransigeant en ce qui concerne les règles et les codes de conduite du métier. De l’avis de certains observateurs, c’est peut-être même ce qui l’a desservi et l'a empêché de dépasser la ligne qui sépare un bon joueur d’un très bon joueur. Naturellement, l’intéressé n’est pas du tout de cet avis. Et pour prouver qu’il a de l’ambition, il assure que son objectif est de regagner au plus vite sa place : « Je veux m’entrainer le plus dur possible pour faire changer d’avis le sélectionneur. Je veux que la prochaine fois il puisse se dire : « ah, j’ai peut-être eu tort de le laisser de côté la dernière fois ». Des propos qui illustrent le degré de professionnalisme qui caractérise ce joueur. Quoi que l’on dise, ce genre d’attitude est indispensable pour durer au plus haut niveau ou pour faire partie pendant plus de quatre ans d’une équipe à l’effectif aussi riche que celui de Manchester City.
Milner va donner le maximum pour avoir plus de temps de jeu avec les Three Lions et il compte le faire aussi longtemps que nécessaire. Il n’est pas question pour lui d’abandonner la sélection pour se consacrer entièrement à son club, comme a, par exemple, décidé de faire son coéquipier Samir Nasri. « Je ne pense pas que je peux tourner le dos à mon pays, finir ma carrière puis me retourner et me dire que j’ai arrêté ma carrière en sélection afin d’avoir plus de jours de repos durant la trêve internationale ». Des propos qui vont plaire à tous ses fans, dont un qui s’amuse à parler en son nom en créant un compte twitter nommé BoringJamesMilner. Et pour ce qui est de ses détracteurs ? Il n’en a que faire et assure qu’il ne changera absolument pas sa façon d’être ou de jouer : « je ne vais pas changer pour plaire aux autres. Si les trophées que j’ai gagnés sont en noir et blanc, alors c’est tout ce que je peux contrôler ».
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