Mauro Icardi Eder Inter Sassuolo Serie AGetty Images

Lâché par ses supporters, l'Inter poursuit sa chute sans fin

Une vieille maxime footballistique dit qu'un grand club ne meurt jamais. Pour les supporters de l'Inter, c'est une bonne nouvelle car autrement ils pourraient avoir de grosses inquiétudes pour leur équipe préférée. En constante régression depuis son titre de champion d'Europe en 2010, le club lombard semble avoir touché le fond dimanche après-midi en alignant une quatrième défaite consécutive en Serie A. Un revers synonyme de la fin des illusions européennes et aussi le prolongement d'un état de crise qui n'a que trop duré. Pour les Nerazzurri, la seule constance c'est celle de la médiocrité et rien de ce que proposent les joueurs et encore moins les dirigeants ne laisse entrevoir des lendemains meilleurs.

Les supporters de l'Inter quittent le stade en plein match

Le week-end dernier, les tifosi n'ont d'ailleurs pas attendu de voir leur équipe aligner un huitième match sans succès –une première depuis 1982- pour exprimer leur colère et leur ras-le-bol. Avant même le coup d'envoi de la rencontre face à Sassuolo (1-2), des banderoles appelant à une grosse remise en question générale a été brandie. "Stendiamo un Velo Pietoso", a notamment clamé la Curva Nord. En Français cela pourrait se traduire en un "Trop, c'est trop". Pendant la rencontre, d'autres messages sont apparus comme celui assez sarcastique : "vous ne méritez pas notre soutien, nous allons manger".  

Une impuissance à tous les étages

Ce n'est pas la première fois que les supporters intéristes se rebellent contre le club. C'est même devenu une habitude depuis la fin de l'époque Massimo Moratti. Mais c'est la première fois que la fronde se faite aussi expressive et c'est bien la preuve que le club triple champion d'Europe a atteint une situation très critique. Certes, en terme de classement, il y a bien eu des campagnes encore plus manquées comme celle de 2012/13 où Nagatomo et cie avaient terminé neuvièmes, mais dans le jeu proposé et l'état d'esprit dégagé il n'existe peut-être pas d'annus horribilis similaire dans l'histoire récente du club. 

RUMEUR - Pepé d'accord avec l'Inter ?

Les joueurs, eux-mêmes, ne cherchent plus à nier l'évidence : Samir Handanovic, l'un des éléments les plus anciens de l'équipe et aussi un des rares avec Roberto Gagliardini à donner satisfaction cette saison, n'a pas eu peur de taper du poing sur la table à l'issue du 14e revers de la saison. "C'est toujours la même histoire, a-t-il admis. On s'entraine sereinement durant la semaine, mais pendant le match il faut qu'on propose quelque chose de différent. Inutile d'évaluer les détails, nous devons avoir une analyse en profondeur sur ce qui ne marche pas et sans chercher à pointer du doigt tel ou untel. Je comprends la déception des fans. Je suis ici depuis 2011 et c'est toujours les mêmes situations qui se répètent. L'Inter ne peut pas être constamment septième ou huitième".   

Conte, le rêve illusoire de la direction intériste

Ce qui est le plus alarmant pour l'Inter c'est qu'il n'existe presque plus aucun levier à activer pour se remettre sur la bonne voie. Tous ont été usés. Il y a eu un changement de propriétaires à deux reprises, plusieurs dirigeants se sont aussi succédés à la tête de l'équipe, sans parler des nombreux entraineurs qui ont défilé sur le banc de l'équipe ces derniers mois. Depuis aout 2016, il y en a eu quatre plus précisément : Roberto Mancini, Frank De Boer, Stefano Vecchi (deux fois) et Stefano Pioli. Le triste record de 1998/99 (Simoni, Lucescu, Castellini et Hodgson) a été égalé sans qu'aucun effet positif n'ait été ressenti. Au contraire, plus le temps passait et plus le chantier apparaissait  vaste.

Aujourd'hui, à deux journées de la fin du championnat, la priorité pour l'Inter est de sauver ce qui peut encore l'être, à commencer par son honneur. "Il est temps pour nous de nous comporter comme des hommes", a lâché un Handanovic remonté. Viendra ensuite le temps de réfléchir à un projet de relance. Dans cette optique, il se dit que les nouveaux responsables chinois du club ne vont pas lésiner sur leurs moyens. Ça reste à vérifier, car le pouvoir financier ne règle pas tous les problèmes, en particulier quand il s'agit de recruter des joueurs ou des entraineurs sans Coupe d'Europe à brandir pour les appâter. Dernièrement, les noms d'Antonio Conte et de Mauricio Pochettino ont circulé dans la presse transalpine comme d'éventuels candidats pour succéder à Vecchio. Mais, imaginer ces deux excellents techniciens délaisser leurs belles vies à Londres pour débarquer dans le marasme intériste est peut-être encore plus compliqué que celui de voir l'équipe chère à Javier Zanetti boucler son championnat par une série historique de dix matches de rang sans succès.

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