Exclu Goal - Jordi Cruyff : "Ce serait injuste de demander à Vinicius de porter le Real Madrid"

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L'entraîneur du Chongqing Dangdai Lifan analyse le match à venir entre l'Ajax et le Real Madrid, en huitièmes de finale de Ligue des champions.

ENTRETIEN EXCLUSIF


Footballeur, directeur sportif et maintenant entraîneur. Barcelone, Manchester United, AEK Larnaca, Maccabbi Tel Aviv font partie des clubs qu'il a connu. Il a expérimenté de tout dans le football, gagnant presque tout. Jordi Cruyff est aujourd'hui en stage de pré-saison au Qatar avec le Chongqing Dangdai Lifan. Son nom continue de peser à Amsterdam, du côté de l'Ajax. Le Real Madrid se rend pour la première fois dans la Johan Cruyff Arena, depuis que le nom du stade a changé. Jordi revient pour Goal sur cette double confrontation européenne. "Je suis très fier et reconnaissant du nouveau nom du stade en hommage à mon père. Tu sens sa présence à chaque coin du stade, peu importe où tu vas".

Vous avez fêté samedi dernier vos 45 ans. Quand vous regardez en arrière, votre carrière ressemble-t-elle à ce que vous imaginiez ?

"(Il rit). Planifier les choses n'a jamais été mon fort, je me suis toujours laissé porter par mon intuition sur le moment. Je suis heureux d'être resté connecté après avoir été footballeur, j'ai touché aux différents aspects du football."

Comment cela se passe avec le Chongqing Dangdai Lifan ? Pourquoi être parti en Chine en pleine réussite avec le Maccabi ?

"Il y a de plus en plus d'aller-retours vers la Chine, d'entraîneurs et de joueurs. L'été dernier, je pensais prendre un peu de temps pour me reposer après la fin de la saison en Israel, mais  ils m'ont appelé en Août, via Antonio Cordon, avec qui j'ai eu un bon feeling sur le projet. C'est une nouvelle aventure, il faut s'adapter rapidement."

Après avoir sauvé l'équipe de la descente la saison passée, quel est votre objectif en 2019 ?

"Nous allons surtout essayer de ne pas souffrir autant que la saison passée. Nous n'avons pas le potentiel économique de certains, qui font venir [Marouane] Fellaini ou [Sandro] Wagner."

C'est votre troisième saison sur un banc. Comme entraîneur, Jordi Cruyff suit-il la philosophie de Johan ? Sentez-vous que l'on attend ça de vous ?

"Je suis guéri de ça aujourd'hui. J'ai souffert de cette comparaison jusqu'à ce que je parte de Manchester, en tant que joueur. J'aime le football offensif, la possession, cela tient aussi à l'influence de mon père. Mais il faut aussi s'adapter aux joueurs que l'on a et c'est ce qu'on fait ici. A un autre moment, nous verrons si nous pouvons pratiquer un autre football mais pour l'instant nous nous battons pour ne pas descendre."

Johan Cruyff Jordi Cruyff Barcelona

Vous avez récemment dit que ce n'était pas le moment pour vous de revenir au Barça. Vous aimeriez que cela se fasse un jour ?

"L'important c'est de faire les choses bien dans l'instant présent, et ensuite l'intuition et le destin t'amènent à un endroit ou un autre. Je ne ferme les portes d'aucun club. "

Et revenir à l'Ajax à un moment donné ?

"Je suis parti de mon pays très jeune, je n'y ai pas beaucoup vécu. Quand j'ai une semaine de libre, je retourne à Barcelone avec ma famille. Le lien avec l'Ajax n'est pas aussi fort, même s'il se maintient par mon père. C'est vrai aussi que quand le père de mon père est décédé jeune, ma grand-mère ne pouvait plus tenir son magasin de légumes. Elle a dû travailler à nettoyer les installations de l'Ajax. Le club a été comme la deuxième maison de mon père après qu'il ait perdu son père. Cela ne s'oublie pas."

Et comment jugez-vous l'Ajax aujourd'hui ?

"C'est un beau tirage. Il y a deux mois, la situation des deux équipes était un peu l'inverse. Le Real est favori parce qu'ils sont dans une meilleure passe désormais."

C'est la première fois que le Real rend visite à l'Ajax depuis que le stade a été renommé Johan Cruyff Arena. Qu'est-ce que cela vous fait ?

"Indépendamment de l'adversaire, c'est un honneur.  Le présence de mon père se sent dans les quatre coins du stade, peu importe om tu vas."

Comment expliquez-vous la transformation du Real depuis la prise de fonction de Solari ?

"Une grande équipe ne meurt jamais. Il est évident que le Real arrive fin février, où se décident les titres, en ayant fait un grand pas en avant. Même si Barcelone, en Liga, reste très performant."

Et comment jugez-vous l'arrivée de Vinicius ? Une bonne affaire, un gros risque ou un peu des deux ?

"Il est jeune, il a beaucoup de talent, c'est pour ça qu'ils dépensé une telle somme pour lui... Mais lui demander déjà de porter le Real Madrid serait injuste.Il a besoin de l'adaptation et de l'apprentissage que nécessite son âge. Le talent est clairement visible, mais il vaut mieux ne pas trop parler de lui pour qu'il puisse être tranquille, sans pression sur les épaules."

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