ENTRETIEN - Romain Perraud (Paris FC) : "Que du bonheur cette saison"

Commentaires()
Prêté par l'OGC Nice, le latéral gauche du Paris FC Romain Perraud (21 ans) savoure sa saison en Ligue 2. Il espère qu'elle se terminera en apothéose.

Il est l'une des révélations de la saison en Ligue 2 et s'épanouit pleinement dans les rangs du Paris FC. Romain Perraud (21 ans), prêté par l'OGC Nice, cartonne pour sa première vraie saison chez les professionnels. Avec 4 buts et 1 passe décisive en 25 matches de championnat, le latéral gauche se montre à la fois solide défensivement et décisif offensivement. Une saison pleine de réussite sur laquelle il revient pour Goal avant le choc de la 32e journée contre le FC Lorient ce lundi. Un match très attendu dans la course à la montée en Ligue 1 pour laquelle les deux clubs sont toujours dans le coup.

Tout se passe très bien pour vous au Paris FC avec 25 matches joués en championnat, tous dans leur intégralité. Peut-on parler de réussite totale jusqu'ici ?

Romain Perraud : C'est très clairement une réussite totale. Je parle de réussite totale parce qu'au-delà du fait que je joue, que ça se passe bien, que je me sois bien acclimaté en Ligue 2, tout se passe aussi super bien en dehors du foot, dans ma vie de tous les jours. L'état d'esprit que j'ai pu découvrir dans ce groupe est tout simplement magnifique. Ce n'est que du bonheur cette saison. Je prends beaucoup de plaisir.

Ce bonheur résulte aussi des résultats de votre équipe, en bonne position pour accrocher a minima les barrages d'accession à la Ligue 1. Rêve-t-on plus grand quand on est si bien placé ?

Bien sûr, il faut être ambitieux. D'ailleurs, on nous le répète. On est troisième à sept journées de la fin (avant le début de la 32e journée, ndlr). Il n'y a pas cinquante objectifs à se donner, c'est soit d'accrocher une place pour les barrages, soit de monter directement en Ligue 1. Je pense que tous les joueurs ont pris conscience de ces objectifs et c'est vraiment alléchant. On a une superbe fin de saison à jouer.

Vous allez accueillir le FC Lorient, qui compte le même nombre de points, lundi au Stade Charléty (20h45). Comment abordez-vous ce match capital ?

C'est un match capital, mais ce ne sera pas un tournant de la saison. Derrière, il restera 18 points à prendre. Alors, oui, c'est un concurrent direct qui a aussi 53 points, mais il faut surtout qu'on se concentre sur nous, qu'on continue à faire ce qu'on fait depuis le départ, avec notre jeu de possession, tout en s'appuyant sur nos qualités offensives et défensives parce que ce sera très important de continuer à bien défendre.

Vous nous parlez de ces aspects techniques et tactiques. Que pouvez-vous dire sur le coach Mécha Bazadarevic ?

Je m'entends très bien avec le coach, de même que je m'entends bien avec son adjoint et le préparateur physique, Stéphane Gili et Armand Sene. Le coach a ce côté paternaliste et dès qu'il parle, forcément avec la carrière qu'il a eue, on l'écoute avec beaucoup d'attention. Il a connu deux montées avec Istres et Grenoble, il a l'expérience de ces situations. Tactiquement, il gère à merveille l'équilibre de l'équipe. Ça se passe très bien depuis le début.


"Une fierté d'être dans la meilleure défense du championnat"


Votre réussite rappelle celle d'Olivier Boscagli qui s'est pleinement épanoui en prêt à Nîmes la saison dernière avant de revenir à Nice. Vous a-t-il servi d'exemple ?

Bien entendu. Olivier est parti en prêt un an avant moi. Je voyais qu'il jouait, qu'il se régalait à Nîmes. De mon côté, c'était fermé à l'OGC Nice et quand le Paris FC m'a contacté je n'ai pas hésité une seule seconde. Mon choix était fait, je voulais absolument rejoindre le club et ça s'est fait très vite. Je voulais aussi me prouver que j'étais prêt à jouer dans une équipe avec une concurrence saine et propre. Aujourd'hui, je suis content de mon choix.

Dans le vestiaire, vous êtes très proche de Julien Lopez. Vous parle-t-il de son envie de retrouver son frère Maxime en Ligue 1 la saison prochaine ?

On en parle, forcément. Julien est un très grand compétiteur. Il n'a qu'une envie, c'est qu'on monte en Ligue 1 et qu'on réalise cet exploit. Il a la rage de vaincre. On parle un petit peu de son frère, mais vu que c'est plus compliqué cette saison pour l'OM, parfois il est un petit peu frustré le matin à l'entraînement (rires).

L'article continue ci-dessous

PS Romain Perraud

Succéder à Thomas Delaine ici, à Paris, n'était pas une tâche facile. Il s'était affirmé comme l'un des meilleurs latéraux gauches du championnat. Comment avez-vous géré cela ?

Je savais que je remplaçais un joueur clé, qui réalise une superbe saison encore avec le FC Metz. Mais franchement, je ne me suis posé aucune question. J'ai tout de suite voulu montrer mes qualités à l'entraînement et en match. D'abord en amical contre le Stade Malherbe de Caen, puis face à Ajaccio. Ensuite, on a enchaîné les bons matches, et maintenant j'essaye de garder cette place de titulaire et de ne rien lâcher.

Comme Delaine, vous avez des qualités offensives. Vous êtes d'ailleurs le deuxième meilleur buteur du Paris FC en Ligue 2 (4) derrière Silas Wamangituka (8). Comment expliquez-vous cela ?

Je pense que c'est surtout lié au fait que je suis un arrière gauche reconverti. À la base, je jouais plus haut sur le terrain, en tant qu'ailier gauche ou droit. J'ai toujours eu cet instinct de buteur, ça m'a toujours plu de centrer, mais surtout de frapper avec l'envie de tuer le gardien adverse. Ce n'est pas parce que je suis défenseur que je ne peux pas aider mes coéquipiers. Dès que je suis aux abords de la surface, je ne me prends pas la tête.

C'est une qualité forte dans le foot moderne. Vous en êtes conscient j'imagine.

C'est vrai que c'est une qualité intéressante. Si on est défenseur et qu'on peut aider à marquer quelques buts pour son club, c'est une bonne chose. Mais il ne faut pas oublier que la priorité reste de bien défendre. On le fait merveilleusement bien cette année, et c'est ça ma fierté ! Je suis très content d'être dans la meilleure défense du championnat (17 buts encaissés en 31 matches, ndlr).


"Si je pouvais pointer le bout de mon nez en Ligue 1, ce serait super"


Votre prêt se termine en fin de saison et vu ce que vous faites avec le Paris FC, on peut penser que la porte pourrait s'ouvrir à l'OGC Nice. Qu'en pensez-vous ?

Sincèrement, je ne sais pas... Je me concentre surtout sur la fin de la saison. On a encore beaucoup de matches importants et quelque chose de super intéressant à jouer avec le Paris FC. Aujourd'hui, je n'ai pas vraiment de contact avec l'OGC Nice. Je suis focus sur ce que je fais, et je ferai attention à ces détails une fois la saison terminée.

Si d'aventure le Paris FC venait à monter, cela vous tenterait-il de rester ?

Ce qui est sûr, c'est que si le Paris FC venait à monter je ne serais pas insensible. Mais ce n'est pas d'actualité. On est loin d'être promu et je reste quand même sous contrat avec l'OGC Nice même si j'ai de très bons rapports avec le personnel du Paris FC.

D'une manière ou d'une autre, l'objectif sera-t-il pour vous de jouer en Ligue 1 la saison prochaine ?

C'est mon ambition, oui. Si je pouvais pointer le bout de mon nez en Ligue 1, ce serait super pour moi. Mais il faut rester humble et très modeste. Je réalise une bonne saison en Ligue 2, mais ça ne reste qu'une bonne saison. Dans le foot, tout va très vite dans un sens comme dans l'autre. Chaque saison ne se ressemble pas forcément donc pour l'instant, c'est trop tôt pour se projeter au-delà du mois de juin.

En juin se jouera l'Euro Espoirs. Croyez-vous en vos chances d'être appelé même si les joueurs de Ligue 2 ne sont pas nombreux dans cette équipe ?

Il ne faut pas se voiler la face. Je n'ai pas été appelé une seule fois pendant les qualifications pour le championnat d'Europe. Je ne me fais pas d'illusions. L'équipe de France est une consécration pour moi. J'ai fait pratiquement toutes les catégories. C'est une fierté, mais il faut être honnête. Des joueurs sont devant moi aujourd'hui. C'est comme ça, il faut l'accepter, il faut travailler, et peut-être qu'un jour ce sera mon tour.

Propos recueillis par Benjamin Quarez.

Fermer