ENTRETIEN - Kelvin Amian (Toulouse) : "Pavard et Hernandez sont des exemples à suivre"

Commentaires
EXCLU GOAL - Pour Kelvin Amian, le travail paye toujours et c'est avec cette philosophie qu'il entend confirmer avec Toulouse et la sélection Espoirs.

MAKING OF. Jour de rassemblement pour l'équipe de France Espoirs. Il est 14h25, à Clairefontaine. Tous les joueurs ont déjeuné. Tous, sauf un. Kelvin Amian (20 ans), dont l'avion a pris du retard au départ de Toulouse, arrive valise en main. À peine son plateau repas descendu, il s'assoit à nos côtés, souriant et détendu malgré la faim qui le guette. Grand entretien quelques minutes seulement avant la conférence de presse de Didier Deschamps, organisée un peu plus bas.

Avec Toulouse, vous avez débuté sur la pointe des pieds il y a un peu plus d'an et demi. Aujourd'hui, vous revoilà en sélection. Avez-vous l'impression de commencer à faire du bruit ?

Kelvin Amian : Faire du bruit, ce n'est pas ce qui compte. Je ne me préoccupe pas d'être une révélation ou quoi que ce soit. Je travaille, c'est tout. Je ne vais pas me vanter de telle ou telle chose. Je prends la sélection comme une récompense. Quand je suis appelé, je suis plus qu'heureux et je me dis qu'il ne faut pas que je lâche.

Au départ, vous n'aimiez pas trop parler à la presse. C'est moins le cas aujourd'hui. Vos performances vous ont-elles permis de vous libérer à ce niveau ?

Je ne sais pas si c'est à mettre en relation avec mes performances. En grandissant, je vois que je m'exprime mieux, je suis plus ouvert. Avant, j'étais renfermé sur moi-même, je n'aimais pas trop discuter, surtout avec les personnes que je ne connaissais pas. Aujourd'hui, ça me dérange beaucoup moins.

Savoir répondre à la presse, c'est quelque chose qui paraît de plus en plus important pour un jeune joueur...

Oui, c'est très important, encore plus aujourd'hui. La presse fait partie du football. Il faut qu'on sache vous répondre.


"À droite ou à gauche, pour moi c'est la même chose"


Ces derniers mois, il a beaucoup été question de votre polyvalence, dans l'axe de la défense, à droite ou sur le côté gauche. Quel regard jetez-vous sur cette capacité à évoluer à plusieurs postes ?

Dans l'axe, c'est là où j'ai été formé, donc ça ne me dérange pas. Mais c'est à droite qu'on m'a lancé chez les pros. J'aime jouer à ce poste. Après, que ce soit à droite ou à gauche, honnêtement, pour moi c'est la même chose. Je ne vois pas de différence. Des fois, il y a des appuis différents, mais jouer avec mon pied gauche n'est pas un problème.

Sylvain Ripoll, le sélectionneur des Espoirs, n'a convoqué qu'un pur latéral gauche (Olivier Boscagli). Un choix à mettre en lien avec votre polyvalence justement...

Franchement, ça ne me dérange pas du tout. Si je dois jouer à droite ou à gauche avec la sélection, je le ferai avec la même aisance.

Pascal Dupraz dit que vous êtes "le gendre idéal". Qu'avez-vous à répondre à ça ?

Tout le monde a rigolé quand il a dit ça. J'ai reçu énormément de messages et forcément ça m'a touché parce que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. C'est lui qui m'a lancé, et qu'il dise ça, franchement c'était beau.

Il a aussi dit que peu de gens au centre de formation misaient sur vous. Était-ce votre impression également ?

Je pense qu'on avait confiance en moi, mais c'est vrai que d'autres joueurs étaient mis plus en valeur. Je n'en ai jamais tenu compte. J'ai continué à travailler, avec le soutien de mes parents surtout. Je ne me suis pas pris la tête, même si j'étais sur le banc ou que je ne jouais pas. Mon objectif était de devenir professionnel. Pour ça, je me suis donné à fond. Un jour, Pascal Dupraz m'a vu et m'a persévérance a été récompensée.

PS Kelvin Amian

Les enfants rêvent souvent de Barcelone ou du Real Madrid. Vous, votre rêve n'était-il pas tout simplement de jouer pour Toulouse, le club de votre ville natale ?

J'ai des objectifs un peu plus haut, mais je ne pouvais pas rêver mieux que Toulouse pour débuter. C'est ma ville. Depuis tout petit, je suis là, je regarde les matches, et maintenant c'est moi qui suis sur le terrain. J'y repense souvent, qui me permet aussi de ne pas oublier d'où je viens.

Avant un match contre Monaco, vous disiez ne "rien craindre". Pas même l'échec ?

C'est une bonne question. (Il hésite) Si, je compte l'échec quand même, parce que vu la situation dans laquelle on est avec Toulouse, ce serait un échec pour moi et pour le club si on descendait en fin de saison. On est un groupe, il n'y a pas que moi, et ce n'est pas simple à gérer.


"En Espoirs comme à Toulouse, le travail finira par payer"


Être en Espoirs n'est-il pas une bouffée d'oxygène du fait de la situation de votre club (17e) en championnat ?

Ce n'est pas une bouffée d'oxygène parce que le groupe vit bien à Toulouse, mais le fait d'être ici, avec les Espoirs, me permet de couper un petit peu, de voir de nouvelles personnes, que je connais maintenant. C'est quelque chose qui fait du bien aussi.

Avez-vous un binôme en sélection sur lequel vous vous reposez un peu plus ?

Moussa Niakhaté. Je suis en chambre avec lui. C'est quelqu'un que j'apprécie vraiment. Il est humble, sympa, on discute de tout. C'est le joueur avec lequel je suis le plus souvent.

Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, qui étaient les deux latéraux des Espoirs au début de la campagne de qualification sont montés avec les A depuis. Cela vous donne-t-il des idées pour la suite ?

Ça donne des idées, forcément. Pour moi, ce sont des exemples à suivre. Quand on les voyait au quotidien, c'était deux personnes très naturelles. Je ne les connaissais pas beaucoup, mais ils étaient très professionnels.

L'article continue ci-dessous

Qu'avez-vous à gommer pour espérer un jour marcher sur leurs traces ?

Parfois, je manque de repères offensivement, et sur le placement défensif, j'ai quelques oublis. Je ne sais pas si je suis loin de Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, mais c'est sûr que j'ai encore beaucoup de choses à travailler.

Le prochain objectif en équipe de France Espoirs, c'est de gagner cette place de titulaire à droite, laissée libre depuis la promotion de Benjamin Pavard, mais également convoitée par Valentin Rosier...

Sur le terrain, je vais donner tout ce que j'ai à donner. Après, ce sera au coach de faire son choix. Si demain je ne suis pas titulaire, je prendrai mon mal en patience, comme au début, à Toulouse. Le travail finira par payer.

Propos recueillis par Benjamin Quarez, à Clairefontaine.

Prochain article:
Manchester United - Paul Scholes tacle de nouveau Mourinho : "Même Lionel Messi galérerait dans cette équipe"
Prochain article:
Bayern Munich - En avance, Kingsley Coman devrait reprendre avant 2019
Prochain article:
Real Madrid, Luka Modric : "Lionel Messi est l'un des meilleurs, mais je ne jouerais jamais avec lui"
Prochain article:
OM - Amer, Renato Civelli regrette les anciens choix de Didier Deschamps
Prochain article:
Pays-Bas, Ronald Koeman excité par la transformation de Memphis Depay : "Il devient un top joueur"
Fermer