Jean Claude Giuntini France U17

ENTRETIEN - Euro U17, Jean-Claude Giuntini : "J'ai envie de revivre les émotions d'un titre européen"

Vendredi, à 20 h, débutera l'Euro U17 (3-19 mai) pour l'équipe de France. Championne d'Europe en 2015 avec la génération d'Odsonne Edouard ou encore Jonathan Ikoné, la sélection tricolore tentera de retrouver les sommets continentaux avec la génération 2002. Pour y croire, il faudra sortir d'un groupe particulièrement relevé avec les Pays-Bas, tenants du titre, la Suède et l'Angleterre, son premier adversaire. Un grand rendez-vous d'entrée pour la jeune garde entraînée par Jean-Claude Giuntini.

Que pouvez-vous nous dire sur l'équipe de France U17 qui reste sur 7 victoires dont les deux dernières face à la Turquie (1-0, 3-1) ?

Jean-Claude Giuntini : C'est un groupe très solidaire et très soudé, assez homogène sur l'aspect athlétique, avec un bon état d'esprit. On a de très bonnes qualités individuelles et collectives, et c'est nécessaire pour être performant sur les matches internationaux.

La dernière défaite remonte à février. C'était face à l'Angleterre (2-3) que vous allez retrouver vendredi. Que pensez-vous de cet adversaire ?

Il est dans la pure tradition des équipes de jeunes en Angleterre, avec un collectif fort sur le plan technique et athlétique avec de bonnes individualités. Ils ont des joueurs percutants, capables de faire basculer un match, notamment au poste d'attaquant. Ils ont aussi des joueurs actifs au milieu de terrain, des défenseurs solides. C'est une équipe complète.

Sur quoi faudra-t-il s'appuyer pour les battre et bien lancer la compétition ?

Il faudra être très solides, ensemble, pour les empêcher de faire le jeu au milieu de terrain. Il va falloir bien gérer les un contre un. On a encore à l'esprit ce match perdu où les garçons avaient fait une bonne deuxième mi-temps. Mes joueurs ont hâte de se mesurer à eux, je sens qu'ils ont cette défaite en travers de la gorge.

Les sentez-vous revanchards ?

Je ne dirais pas ça, mais c'est vrai qu'ils avaient fait beaucoup d'efforts et n'avaient pas été récompensés. On avait eu beaucoup d'occasions en deuxième mi-temps, avec plus de maîtrise, mais chaque match est unique et singulier, d'autant qu'on sera dans un contexte de compétition. On ne sera pas du tout sur l'aspect émotionnel, mais avec notre rigueur et notre solidité on compte bien poser des problèmes à cette équipe d'Angleterre.


"Un groupe déterminé, qu'il faut même freiner à l'entraînement"


Vous allez aussi affronter la Suède et les Pays-Bas. La Suède que vous avez battu 2-0 en mars lors des qualifications. Que pensez-vous de ces deux équipes qui seront des adversaires coriaces ?

On a le plateau le plus représentatif du potentiel européen, avec les Suédois qui étaient avec nous en Serbie pour le Tour Élite. C'est la petite surprise parce qu'ils se sont qualifiés sur le dernier match avec un scénario un petit peu rocambolesque en éliminant la Serbie, ce qui est une grosse performance. Ils sont toujours solides, avec des bons manieurs de ballon, dangereux aussi dans le domaine aérien. Quant aux Pays-Bas, tenants du titre, ils sont toujours au rendez-vous, avec des joueurs de talent dans une équipe équilibrée, portée vers l'offensive, dont il faudra se méfier sur les côtés. On aura vraiment des matches de haut-niveau pour la catégorie d'âge.

Y'a-t-il un favori dans ce groupe ?

Par rapport au standing des nations, on pourrait penser que la Suède est en retrait, mais au contraire... Elle a sûrement gagné en confiance par rapport à ce qu'on a vu en Serbie. Pour moi, les quatre équipes partent sur la même ligne, avec peut-être un petit avantage pour les Pays-Bas, qui sont toujours au rendez-vous, au minimum demi-finalistes ou finalistes. On aura quatre équipes solides et talentueuses dans un groupe ouvert comme celui de l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche.

Jean Claude Giuntini France U17

À quelle échelle se situe la génération 2002 ? Est-ce l'une des plus prometteuses que vous avez eu à entraîner ?

Je ne veux pas trop m'avancer, en attendant de savoir si l'équipe va se mettre au niveau de l'événement comme la génération 98 a pu le faire en gagnant l'Euro. Pour moi, elle a autant de qualités, avec peut-être un petit peu moins de joueurs décisifs à certains postes, mais il y a un ensemble solide qui peut largement compenser.

Comment sentez-vous le groupe à l'approche du début de la compétition ?

Déterminé ! Il faut même les freiner à l'entraînement pour garder un peu de fraîcheur parce qu'ils sont très engagés. C'est de bon augure, même si on se doit de rester vigilant pour que les garçons ne jouent pas la compétition avant même qu'elle ait démarré.


"Théo Zidane est un garçon agréable et toujours positif"


La Fédération a-t-elle fixé un objectif précis ?

On n'en a pas parlé, mais vu que c'est une compétition qualificative pour la Coupe du monde, cela implique qu'on veut au minimum atteindre les quarts de finale pour espérer se qualifier au Mondial. C'est une première étape, et bien sûr en tant que compétiteurs, on espère aller le plus loin possible. On veut tous gagner, mais c'est au fil de la compétition qu'on verra quels peuvent être nos objectifs.

Et de votre point de vue, l'équipe peut-elle aller au bout ?

Je le pense, oui. Elle s'est construite petit à petit, elle s'est trouvée une âme. Il y a de bons leaders, des garçons très investis avec un vrai esprit de gagne.

Regoûter aux joies de la victoire, comme avec la génération 98, doit aussi vous démanger.

Il est certain que j'ai envie de revivre les émotions d'un titre européen. On a souvent tendance à se rappeler de la fin, de la fête, quand on soulève la coupe, mais il faut aussi se souvenir que ça a démarré par des matches difficiles, âpres, avec de grosses difficultés. Il y en aura encore certainement, et il faudra les surmonter.

Des joueurs comme Agoume, Rutter ou Kouassi sont décris par vous-même comme "un petit conseil des sages". Seront-ils les fers de lance de l'équipe ?

Ce sont des garçons qui jouent ou s'entraînent avec le groupe pro dans leurs clubs respectifs. Il y a également Aouchiche (PSG), on a aussi Théo Zidane (Real Madrid) bien sûr, ou Millot (Monaco) au mileu de terrain. Ils sont déjà dans un contexte particulier, il faudra voir s'ils sont capables de le transposer avec le même niveau d'engagement et d'intensité tout au long de la compétition, d'autant qu'en phase finale c'est totalement différent.

Les regards seront évidemment tournés vers Théo Zidane. Comment est-il au sein du groupe et ressent-on le fait qu'il soit le fils de Zinédine Zidane ?

Ça se passe naturellement. Il n'a pas de statut particulier. C'est un joueur parmi les autres et il n'y a aucun souci de ce côté-là. Il vit bien, il a un très bon état d'esprit. C'est un garçon qui aime courir et c'est important. Il amène une touche technique intéressante, il a des qualités de buteur aussi. C'est un garçon agréable, toujours très positif, à l'image de ce que j'ai connu avec son frère Luca de la génération 98.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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