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Ligue des nations

EDF - Pourquoi les Bleus sont-ils touchés par autant de blessures musculaires ?

09:27 UTC+1 17/11/2018
Injury
Si cette trêve internationale est marquée par de nombreuses absences, l'EDF n'y échappe pas. Comment expliquer ces pépins physiques chez les Bleus ?

Contrastant avec le rythme conséquent des rencontres de championnat, les trêves internationales permettent à une majorité des joueurs de soigner les petits pépins physiques et de regénérer les organismes. Toutefois, ce n'est pas le cas des joueurs internationaux qui, logiquement, se doivent d'aller défendre les couleurs de leur pays respectif. Sauf qu'en ce mois de novembre 2018, force est de constater que bon nombre d'entre eux sont restés à quai.

Dans le cas de l'Equipe de France, Paul Pogba, Lucas Hernandez, Thomas Lemar, et dans un contexte différent Anthony Martial ou encore Alexandre Lacazette n'ont par exemple pas été en mesure d'honorer leur présence dans le groupe de Didier Deschamps, tous suite à des blessures d'ordres musculaires. Un mal qui n'est néanmoins pas que le lot de l'équipe sacrée Championne du Monde en Russie cet été, puisque d'autres sélections sont frappées par les mêmes maux, concernant qui plus est des joueurs importants tels que Jérôme Boateng (Allemagne), Marcelo (Brésil) ou encore Diego Godin (Uruguay). 

Alors forcément, cette liste à rallonge suscite des interrogations. Est-ce la conséquence du Mondial disputé cet été ? Est-ce que les organismes des joueurs internationaux, amenés à jouer presque tous les trois jours, font les frais de leur niveau de compétitivité ? Le changement de saison peut-il être l'une des explications à ces nombreux forfaits ? Autant de questions que Goal s'est posé pour vous. Éléments de réponse avec Julien Lugier, préparateur physique professionnel passé par le Stade Malherbe de Caen exerçant aujourd'hui du côté du JA Drancy Football. 

Des préparations estivales tronquées par la Coupe du Monde 

Ce n'est un secret pour personne, la préparation d'avant saison des joueurs de football professionnels est une étape primordiale pour s'assurer du bon déroulement de cette dernière sur un plan physique. Ainsi, alors que le Mondial en a occupé certains au moment où les clubs avaient déjà commencé à préparer les organismes, difficile de rattraper le retard accumulé, surtout pour les Bleus, eux qui sont allés au bout de l'aventure le 15 juillet dernier. 

"Pour les joueurs majeurs, donc ceux de l'Equipe de France, ils n'ont pas pu faire de préparation complète, donc il y a de la fatigue psychologique et physique qui s'accumule, puisqu'ils ont dû reprendre assez rapidemment. Certains ont eu des préparateurs physiques personnels pour venir les entraîner mais cela ne remplace pas celles qui durent cinq à sept semaines avec les clubs durant lesquelles l'intensité monte progressivement. Déjà qu'une préparation tronquée pour un joueur n'ayant pas disputé de compétition durant l'été peut être lourde conséquences, pour eux c'est encore pire", analyse Julien Lugier, peu surpris. 

Le mois de novembre, une période charnière pour les organismes

Mais alors, comment expliquer que ce manque de préparation estivale se fasse ressentir trois mois après le début des grands championnats, touchant les joueurs des différentes sélections avec un timing presque uniforme ? Pour celui qui en plus de ses activités au JA Drancy, travaille comme préparateur physique personnel avec des joueurs de Ligue 1, Liga ou encore Serie A, cela s'explique aussi par cette période de l'année, considérée comme charnière.

"Ce n'est pas surprenant de voir toutes ces blessures survenir à cette période de l'année. Puisque d'emblée, elle est compliquée. Que ce soit dans tous les clubs, à cette période là, tu as déjà dû digérer l'enchaînement des matches, le championnat a commencé depuis un petit moment, et la fatigue surtout mentale fait son apparition. De plus, au mois de novembre, la météo rentre aussi en ligne de compte. Il y a le changement d'heure, il commence à faire plus froid, les terrains deviennent plus gras, autant de choses qui font que c'est, avec le mois de février, qui est toujours un peu critique. Si ca doit être le cas tout au long de l'année, il faut encore plus être attentif à la récupération, à l'alimentation, à tous ces facteurs qui entrent en jeu."

La Ligue des Nations, une donnée qui va compter 

"Je pense que la Ligue des Nations a aussi une incidence. C'est vrai que quand on regarde les matches amicaux, le rythme n'est vraiment pas élevé, les rencontres se jouent assez tranquillement et les joueurs arrivent à se gérer. Mais là, il y a désormais une obligation de résultat, l'envie de finir premier de son groupe pour les meilleures sélections, des grosses affiches qui donnent envie de faire les efforts... Par exemple, quand j'ai regardé les matches des Bleus contre l'Allemagne, j'ai été assez étonné du rythme, on sentait qu'il y avait de l'enjeu", estime Julien Lugier, y voyant un risque de blessure supplémentaire. 

"Les joueurs sont donc obligés d'être à fond sur chaque match et cela rajoute de la fatigue à la fatigue. Ils ne viennent pas en sélection pour se reposer et pour passer un moment plus tranquille. Donc forcément, cela explique aussi le nombre de blessures", a-t'il ajouté. Il est clair que pour les joueurs amenés à être titulaires en club comme en sélection, force est de constater que le nombre de matches à disputer par saison à haute intensité est plus que jamais amené à augmenter, répondant quelque part à une certaine volonté des instances de rendre ce sport le plus spectaculaire possible. Toutefois, si cela doit se faire au détriment de la présence des meilleurs joueurs sur les terrains, cela pourrait finalement s'avérer pour le moins contre-productif.