Didier DeschampsGetty Images

EdF, Deschamps : "l’objectif absolu c’est de gagner l’Euro"

L’Euro 2016 approche à grands pas. Une compétition que la France, en tant que pays hôte, a à cœur de bien réussir. Toutefois, si en ce qui concerne l’organisation, la feuille de route et les objectifs visés sont clairs, ce n’est pas forcément le cas pour ce qui est du domaine du terrain. Qu’est-ce qu’un championnat d’Europe réussi pour la sélection tricolore ? Et quelles sont ses ambitions en vue de ce grand rendez-vous, déclarées ou pas ? Des questions intéressantes et qui ont été posées à celui qui est le plus à même d’y répondre, à savoir le sélectionneur Didier Deschamps. Au micro de RMC, ce dernier s’est même prêté au jeu sans langue de bois et en abordant d’autres sujets importants qui touchent à son équipe. 

« Aller au bout »

Connu pour son appétence pour la gagne, DD ne dévie pas de sa ligne directrice. Pour lui, il est hors de question de se présenter à un tournoi sans avoir la prétention de finir avant tout le monde. « Je ne vais pas dire à mes joueurs, gagner le premier match et après on verra, a-t-il tonné. Et ce n’est pas fanfaronner ou quoi que ce soit. Il faut avoir des ambitions. Au Mondial, on voulait aller au bout. Et on va commencer l’Euro avec cet objectif. Gagner l’Euro, c’est l’objectif absolu ». Un objectif qui ne sera cependant pas facile à accomplir et il le sait mieux que quiconque : « si on est dans le dernier carré, ça serait déjà bien mais on essayera d’aller en finale et si on est en finale, on essayera de gagner. Il faut s’en donner les moyens et ça dépendra aussi de nos adversaires ». 

« Je ne me focalise pas sur mon futur »

Et en cas d’échec, comme une élimination dès le premier tour, prendra-t-il ses responsabilités en présentant sa démission ? L’éventualité en question ne lui a même pas traversé l’esprit et il évite aujourd’hui de se polluer la tête avec de pareilles réflexions. « Je ne me pose même pas la question, a-t-il assuré. Mon énergie est focalisée sur l’Euro. Mon esprit n’est pas occupé par des questions négatives ». Et en cas d’issue positive, songera-t-il à relever un nouveau défi dans un autre rôle ? Sa réponse : « je ne me préoccupe pas du lendemain. Je n’ai pas d’ambition de dirigeant. Là, c’est le terrain et je suis heureux et épanoui dans cette fonction. Et je ferai tout pour que ca dure le plus longtemps possible ».

« Benzema ne sera jamais un buteur comme on l’entend »

Pour aspirer à bien se comporter à l’occasion de cette grande compétition, l’Equipe de France devra compter sur un buteur de qualité. Or, à l’instant T, aucun attaquant ne semble faire l’unanimité. Un Karim Benzema, par exemple, en dépit de la grande confiance qui lui est témoignée, peine toujours à se montrer régulier. « Benzema peut faire mieux, a reconnu le sélectionneur. Mais, quand on regarde l’efficacité de Messi et Ronaldo en sélection, par rapport à celles qu’ils ont en clubs, ce n’est pas seulement moindre c’est ridicule. Toutes les nations européennes ont ce problème. Je sais ce qu’il est capable de faire. Il est au Real Madrid depuis cinq ans. Je sais qu’il va répondre et marquera des buts, mais ne sera jamais un buteur comme on l’entend. Mais ça dépend aussi des joueurs qui sont autour de lui ». Outre son rendement, l’ancien lyonnais suscite aussi le débat de par son refus constant de chanter la Marseillaise. À ce sujet, DD a tenu à balayer toute inquiétude : « Karim est très attaché au maillot de l’Equipe de France, même s’il ne le démontre pas assez. Il s’investit et c’est un leader d’attaque ». 

« Si je change les associations, ce n’est pas par plaisir »

Contrairement à l’attaque, la défense, elle, donne généralement satisfaction. Mais, pour ce secteur il y a d’autres problématiques comme l’absence d’une charnière immuable. Deschamps le sait, mais pour lui ce n’est pas un souci de compétitivité. Il s’en explique. « J’ai changé les associations, mais pas par plaisir mais par obligation. Je connais la valeur de chaque joueur. Il faut parer à toute éventualité ». Dans l’absolu, c’est le duo Koscielny-Varane qui parait le plus convaincant. Est-ce l’option qui sera retenue pour la phase finale de l’Euro ? « Tout dépendra de l’état dans lequel ils seront. Je peux aussi très bien aligner Sakho au côté de Varane », a rétorqué Deschamps. Concernant Sakho, il reconnait cela dit que sa situation en club n’est pas du tout idéale : « forcément qu’il en souffre. C’est un compétiteur. »

« Lassana Diarra est sélectionnable »

Concernant le milieu de terrain, les interrogations sont d’un autre ordre. Jusque-là, le trio Cabaye-Matuidi-Pogba a toujours répondu aux attentes. Et quand l’un des trois est absent, les Moussa Sissoko et Morgan Schneiderlin assurent la relève avec efficacité. Est-ce à dire qu’il n’y a plus de place pour un nouvel appelé ? Un Lassan Diarra par exemple ?  « Il faut qu’il puisse enchainer, a confié Deschamps au sujet du néo-marseillais. Il est sélectionnable. Aujourd’hui, il revient d’une longue période sans jouer. Déjà, il a retrouvé du plaisir. Il a l’habitude du haut niveau et ce n’est par hasard s’il a joué dans des clubs comme le Real Madrid ou Chelsea. Mais, laissons le temps au temps ».

« Je suis confiant pour Fekir »

Le temps c’est ce dont un certain Nabil Fekir risque de manquer en printemps prochain. Victime d’une rupture des ligaments croisés du genou, il ne reviendra à la compétition qu’en mois de mars. Serait-ce trop tard pour gagner sa place en Bleu en vue de l’Euro ? Deschamps : « aujourd’hui je ne peux avoir aucune garantie. Personne ne peut en avoir. Normalement, il reviendra à mi-mars. Je ne peux pas dire catégoriquement s’il sera disponible ou pas pour l’Euro. Mais je suis confiant car il a une grande force de caractère et aussi une masse musculaire. Ça dépendra de sa réhabilitation ». Un message de soutien qui va donner du baume au cœur à la star des Gones.  

« Gignac n’est pas le seul à marquer des buts »

Il y a ceux qui risquent de manquer le championnat d’Euro pour cause de blessure mais aussi d’autres qui pourraient passer à côté car ils ont disparu du radar du sélectionneur. On peut se demander si ce n’est pas le cas d’un certain André-Pierre Gignac. Les buts qu’il empile au Méxique sont-ils sans signification ? « Mais, je l’ai déjà pris quand il marquait des buts, rappelle son ancien coach de l’OM. Mais il n’est pas le seul à en marquer. Gomis, Gameiro, Giroud et Griezmann en marquent aussi. Si j’avais des problèmes avec lui, je ne l’aurai pas repris l’année dernière. Même si j’ai eu des soucis avec des joueurs en club, je ne suis pas là pour les priver de la sélection s’ils sont performants ».

« Payet ? Je n’ai pas que des agneaux »

Pour finir, Deschamps a aussi abordé le cas Payet, qui s’est permis dernièrement de critiquer ses choix en public. Une sortie médiatique que le patron des Bleus n’a pas manquée, mais il assure qu’il « a le droit de ne pas comprendre. Ce n’est pas mon problème à la limite. C’est un joueur de qualité, qui a été performant. Il est toujours très adroit et il est très technique. Il y a des exigences qui sont plus importantes. Chacun a son caractère. Je pense que tout se mérite. Je n’ai pas que des agneaux. Mais, je pense aussi que si quelqu’un va à l’encontre de l’esprit du groupe, il ne viendra pas ». Ça a été le cas d’un certain Samir Nasri par le passé. Le cas de ce dernier apparait d’ailleurs définitivement scellé. « Aujourd’hui, il ne peut pas revenir », a assuré Deschamps.

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