Body found in search for Emiliano Sala and David Ibbotso

Disparition de Sala - L'opération de remorquage risque d'être (trop) couteuse

Depuis dimanche, une bonne partie des interrogations qui concernent la disparition d'Emiliano Sala ont été levées avec la découverte de l'épave de l'avion qui le transportait, lui et le pilote David Ibbotson, au fond de la Manche. David Mearns, le responsable de ses recherches, se félicite du travail qui a été fait avec son équipe, mais il se montre aussi circonspect pour la suite. Car il n'est pas sûr que l'opération de remorquage puisse être effectuée.

Dans un entretien accordé à l'Equipe, ce spécialiste des opérations de secours, a admis que remonter l'avion à la surface demande beaucoup d'argent et qu'il n'y a pas la certitude de pouvoir en disposer malgré toutes les collectes et dons qui ont été faits. " L'AAIB a une mission : c'est de déterminer les causes de l'accident. Elle n'inclut pas nécessairement la remontée de restes humains. Mais, dans ce cas, l'avion a été trouvé. Vous devriez vous poser une question : pourquoi être impliqué dans ces recherches, localiser l'avion et ensuite décider de ne pas le récupérer ? Surtout quand il y a un corps. Si cet avion était tombé dans un champ, l'AAIB aurait été le chercher et l'aurait placé dans un hangar pour l'étudier. Ils auraient aussi récupéré les corps. Quelle est la différence entre un avion dans l'eau et un avion sur terre ? Ça coûte plus d'argent...", a-t-il confié au quotidien français.

Mearns ne veut pas que le travail soit stoppé avant la fin. Il appelle donc à une mobilisation générale et au bon sens des autorités britanniques pour terminer ce qui a été entrepris et permettre ainsi à la famille des victimes de faire définitivement le deuil : "C'est cher mais combien pèse l'argent dépensé face à ces deux familles ? Pour moi, ça n'a pas de sens de se lancer dans ces recherches, de réussir à retrouver l'avion, ce qui pourrait permettre de trouver des indices sur ce qui s'est passé, et d'abandonner. Je ne pense pas que ce soit juste de prendre cette responsabilité. Ils ont besoin de temps, maintenant qu'il n'y a plus d'espoir de les retrouver vivants, de faire le deuil. Beaucoup de gens ont fait des dons, plus de 5 000. Nous pensons que c'est nécessaire pour eux de savoir en toute transparence ce qui s'est passé".

Enfin, quand il est questionné sur le côté technique de l'opération de remorquage, Mearns ne se fait pas beaucoup de soucis et assure que c'est dans les cordes de l'AAIB, sachant que l'appareil se trouve à 67 mètres de profondeur : "C'est une opération délicate mais faisable. On a déjà récupéré des avions dans des eaux bien plus profondes. Ce que je ressens, c'est que ça a besoin d'être fait".

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