Chelsea-Roma, Conte à la conquête de l'Europe

Commentaires()
Getty Images
Systématiquement champion national depuis qu'il coache au haut niveau, Antonio Conte a moins de succès en Europe. Rectifiera-t-il le tir cette saison?

Quel est l'entraineur européen qui affiche le taux de victoires le plus élevé en championnat depuis six ans ? Les noms qui viennent instinctivement à l'esprit sont ceux de Pep Guardiola, de José Mourinho ou de Carlo Ancelotti. Ce n'est pourtant aucun de ces trois techniciens-là. Le maitre en la matière s'appelle Antonio Conte. Les marathons domestiques sont sa grande spécialité et il a même réussi à l'exporter en Angleterre en devenant champion avec Chelsea dès sa première année. Un savoir-faire impressionnant mais qui ne trouve cependant pas de prolongement en Coupe d'Europe. Et c'est une anomalie que le coach italien voudrait bien corriger cette saison.

Conte : "Cette saison, nous devons nous donner à 150%"

Malgré un CV déjà bien garni, Antonio Conte n'a encore remporté aucun trophée continental. Pis, comme entraineur, il ne compte aucune présence dans le dernier carré de la prestigieuse Ligue des Champions. Sachant que ses débuts sur le banc de la Juventus remontent à 2011, cette donnée fait nécessairement tâche. Bien sûr, elle est à relativiser dans la mesure où il a aussi connu un interlude de deux ans à la tête de la Squadra Azzurra (2014-16) et qu'il n'a pas eu de compétition européenne à disputer lors de sa première année à Chelsea. Mais, il n'empêche, l'idée selon laquelle la C1 n'est pas vraiment sa tasse de thé est difficilement contestable. 

Un manque qu'il est déterminé à combler

Plusieurs grands entraineurs n'ont jamais eu la chance de triompher en Europe. Ranieri, Klopp, Pellegrini, Mancini, Wenger et Allegri, pour ne citer que ceux-là et parmi ceux qui sont en activité. Conte n'a donc pas de raison de nourrir de complexe. Toutefois, il est certain qu'avec l'ambition, la détermination et la rage de vaincre qui le caractérisent, il doit forcément bouillir à l'intérieur à l'idée de ne pas pouvoir faire le poids avec ceux qui ont déjà soulevé le titre suprême. D'autant plus que les Guardiola, Mourinho et cie louent tous son travail et ses compétences tactiques.

Batshuayi a une occasion en or de sortir de son rôle de "Supersub"

L'article continue ci-dessous

Et si la saison 2017/18 allait être celle qui permettrait à Conte de combler ce manque ? Les résultats enregistrés par son équipe de Chelsea depuis le début de l'exercice plaident en ce sens. Alors qu'ils n'avaient perdu qu'à cinq reprises tout au long de la dernière campagne de Premier League, les Blues ont déjà trouvé le moyen de chuter à trois reprises en seulement huit matches cette saison. À l'inverse, en Ligue des Champions, l'équipe présente un bilan parfait après deux journées : deux victoires, huit buts marqués et seulement un encaissé. Même s'il n'y a eu que deux mois de compétition jusqu'ici, les priorités des Londoniens et de leur manager sont aisément décelables à la lecture de ces performances.

Un succès fondateur contre l'Atletico

Le dernier match européen de Chelsea illustrait bien la hargne qui caractérise dorénavant cette équipe lors des débats continentaux. Opposés à l'Atletico Madrid, une équipe pourtant connue pour sa rentabilité en Europe et aussi pour être très difficile à dompter sur ses terres, les champions d'Angleterre ont mis tous les ingrédients qu'un grand rendez-vous de Ligue des Champions requiert. Ils ont d'abord été accrocheurs. Puis lorsque le score leur a été défavorable, ils ont su faire preuve de caractère, avec un esprit de révolte qu'ils n'avaient par exemple pas affiché trois jours plus tard face à Manchester City dans les mêmes circonstances. Enfin, après être revenus à la marque, ils ont fait preuve d'ambition en bataillant pour les trois points et cette attitude positive a porté ses fruits avec le but de la victoire inscrit dans les derniers instants du temps additionnel.

Il fallait voir la vitesse avec laquelle Antonio Conte s'est dirigé envers son buteur Michy Batshuayi et la façon très expansive dont il a célébré le but avec ses protégés pour comprendre à quel point ce succès obtenu à l'arraché lui faisait plaisir. Cette scène était aussi une indication de la faim et de la motivation qui l'animent désormais lors des matches de la compétition reine. Vingt-et-un ans après l'avoir soulevé en tant que joueur, il serait donc bien décidé à brandir enfin la Coupe aux grandes oreilles en tant que coach. Pour y parvenir, le chemin reste long et tortueux. Mais, ces contraintes ne le découragent pas (plus). Après tout, elles ne doivent pas être beaucoup plus redoutables que celles qu'il a rencontrées et surmontées en Serie A et en Premier League.

Fermer