Ballon d'Or algérien : Youcef Atal, la très bonne pioche des Aiglons (3/5)

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Getty Images
Recruté à Courtrai l'été dernier, le jeune latéral droit est l'une des révélations de la L1 cette saison, au point de se faire une place en sélection.

La Ligue des Talents, nouveau nom désiré pour le championnat de France par la Ligue de Football Professionnelle, possède quelques ambassadeurs de choix en cette première partie de saison. Si évidemment le PSG écrase tout en haut du classement, la Ligue 1 n’est pas dénuée d’intérêt avec son nombre imposant de jeunes joueurs qui parviennent à se révéler chaque année. À Nice, qui a été l’un des clubs phares de cette politique sportive, Youcef Atal crève l’écran depuis plusieurs semaines. Le latéral droit, capable d’évoluer un peu plus en haut si le schéma tactique l’impose, profite du temps de jeu accordé par Patrick Vieira pour se révéler. Pour l’occasion, celui qui l’a découvert à l’Académie de Paradou, Olivier Rousset, retrace le fil de sa carrière, de ses qualités mais aussi de sa personnalité décomplexée.

Son parcours : des montagnes kabyles aux pelouses de Ligue 1

"C’est une histoire un peu marrante, il jouait à la JS Kabylie, on les avait joués en match amical en début de saison. À la fin de la rencontre, son père vient me voir sur le parking en me disant 'coach as-tu trouvé le numéro 7 ? C’est mon fils je veux que vous le preniez !' Il était dans un bon club déjà  mais son père a insisté pour qu’on le recrute. Ils sont revenus la semaine d’après pour un autre amical, j’en ai parlé au président Zetchi à l’époque (aujourd’hui président de la Fédération) et le lendemain, il a signé pour nous. La démarche a été faite par son père. En Algérie, ça se fait vite (rires)."

Après avoir fait les beaux jours de l’Académie durant deux saisons, Atal s’envole en Belgique pour une première expérience à l’étranger du côté de Courtrai qui ne sera pas des plus concluantes. L’entraîneur lui fait rarement confiance alors qu’une blessure au ménisque en octobre 2017 retarde son adaptation. En un an, il ne prend part qu’à dix rencontres, ce qui ne l’empêche pas de taper dans l’oeil de la cellule de recrutement des Aiglons qui le recrutent pour 3,5 millions d’euros cet été.

Ses qualités : volonté, générosité et adaptation

"Youcef était techniquement pas mal mais il avait du retard tout de même par rapport aux plus anciens de l’Académie. Il avait une telle volonté de progresser qu’il a vite rattrapé ce déficit. Il voulait se mettre au niveau des autres et les a même dépassé en quelques mois. C’est un gros travailleur avec un super état d’esprit. Il a une grosse faculté d’adaptation, le seul petit doute que j’avais sur lui, c’est à propos de sa nature. Comme il est très simple, très abordable, j’avais peur qu’il se fasse manger dans ce milieu là qui n’est pas facile. Je savais qu’il pouvait aller très haut avec ce qu’il nous avait montré à l’Académie."

En parallèle de ses très bonnes performances récentes avec les Fennecs, Atal prouve que Patrick Vieira a de plus en plus raison de lui faire confiance. Aligné à quatre reprises en tant que latéral droit, le natif de Boghni a aussi été positionné en tant que piston dans un 3-5-2 lors de trois rencontres par son entraîneur. Une certaine flexibilité tactique qui démontre déjà une maturité à évoluer dans des contextes différents et un nouveau championnat.

Atal PS 1

Sa marge de progression : une concentration à acquérir

"Il est tellement généreux dans l’effort qu’il se disperse encore un peu sur le terrain. Je pense qu’il va gagner encore en efficacité à travers la maîtrise de cette générosité. Dans la passe, dans le centre il peut s’améliorer et il en a conscience. La dernière saison avec nous il était justement dans un registre plus offensif car c’est un attaquant de formation. On était passé en 3-5-2 et c’est à ce moment précis que Youcef a été replacé en piston sur le côté droit."

À l'image de sa prestation fin septembre contre le Paris Saint-Germain où il avait été dépassé tactiquement et peu mis en valeur par la prestation globale de son équipe ce jour-là, Atal doit encore gagner en régularité et en maîtrise pour devenir une valeur sûre à ce poste de la Ligue 1. Pour l'instant, il n'est pas parvenu à distribuer une passe décisive malgré une certaine présence dans les 30 derniers mètres. Un axe de progression stastique à surveiller d'ici la fin de la saison.

Sa carrière internationale : en Algérie, il fait déjà l’unanimité

"On va voir comment il va gérer ça, ce nouveau statut, ce cadre international mais je ne m’inquiète pas. Lors de son premier rassemblement en sélection nationale à Alger, il a pris de son temps pour aller voir les jeunes de l’Académie et de voir ses anciens entraîneurs. Il reste simple et tranquille."

En l'espace d'un an et demi, depuis sa première sélection en juin 2017, Youcef Atal a connu deux sélectionneurs : Lucas Alcaraz et Djamel Belmadi. Sous le mandat délicat de Rabah Madjer, il n'a jamais été convoqué. 13 mois se sont ainsi écoulés avant que l'actuel entraîneur des Fennecs ne le rappelle de nouveau. Plus mature et déterminé, il réalise deux prestations de haut niveau face au Bénin et contre le Togo. à Lomé, il a d'ailleurs effectué un numéro de soliste pour inscrire un but remarquable. De quoi s'installer définitivement en équipe nationale ?

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Sa personnalité : 100% naturel, 100% football

"C’est le prototype du footballeur de rue, du passionné. Encore maintenant il peut sortir de l’entraînement, s’il voit un match de quartier il va foncer. Lui, il adore le football avant de le considérer comme un métier. Il ne calcule pas, il ne fait pas semblant. Il aime rigoler, il ne se pose pas trop de questions. Ce n’est pas un garçon vicieux, il a eu de la chance de tomber à Nice sur des bons gars comme Dante ou Christophe Jallet, même s’il est en concurrence avec lui, c’est le premier qui vient le féliciter quand il marque à Nice."

Doté d'un profil atypique et d'un parcours particulier, en étant l'un des rares joueurs à pouvoir s'exprimer en Europe après un passage à l'AC Paradou, Youcef Atal semble totalement décomplexé par la pression à travers sa façon très "joueuse" d'évoluer sur un terrain. Pour un défenseur, il tente huit dribbles par match (48% de réussite) ce qui est une moyenne très haute par rapport aux autres joueurs de ce poste. Une spécificité qui le suit et le caractérise depuis ses débuts en tant que profesionnel.


Né en 1994 de la volonté des frères Zetchi, Kheireddine et Hassen, le Paradou Athletic Club vise à former les jeunes les plus talentueux d’Alger et de ses environs à travers un encadrement rigoureux, vis-à-vis des aptitudes techniques mais aussi des règles de vie. Ces principes ont fini par payer puisque le club est reconnu comme l’un des meilleurs centres de formation du pays. Ainsi, Ramy Bensebaini (Stade Rennais) est devenu le premier international à avoir été formé chez les Pacistes. Depuis, Youcef Atal a suivi, tout comme Farid El Melali (Angers) et Tayeb Meziani (Le Havre). Pour la première fois de son histoire, le club évolue en première division en 2018-2019, un signe fort du travail accompli jusque-là.

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